II. Algues
Plantes simples de structure, pourvues presque toutes de matière verte ou chlorophylle, les Algues sont les plantes aquatiques par excellence. Elles peuplent les côtes des mers, affrontant la fureur des vagues qui déferlent contre les rochers, habitent le lac aux eaux tranquilles ou la mare croupissante, tapissent le mur suintant, verdissent l’écorce du mélèze, se cachent dans les sources minérales et vont jusqu’au pôle nord et dans la montagne rougir la neige éternelle.
Humbles et petites ou superbes et géantes, proie d’infusoires ou jardin des Néréides, la lutte qu’elles engagent pour la vie est moins ardente que celle des Champignons, car le soleil luit pour elles toutes.
Par une de leurs familles les plus dégradées, les Bactériacées, Algues et Champignons semblent se relier.
Les phénomènes de reproduction ont leur maximum de simplicité chez les Nostocacées (fig. 14). Il n’y a ni spores ni œufs, mais la vie est continuée par des kystes, qui, aprè’s un certain temps de repos, germent et reproduisent un nouveau thalle. Les Nostocacées, filamenteuses ou cellulaires, ont le thalle ordinairement entouré d’une épaisse couche de gelée. Dans certaines espèces, une partie du filament englobé dans la masse gélatineuse
Fig. 14. — Nostoc cœruleum, filaments végétatifs.
L’ŒUF
se dégage par des mouvements saccadés, erre pendant quelque temps dehors, se fixe et développe un thalle nouveau qui s’entoure d’une nouvelle couche gélatineuse. C’est un des exemples les plus primitifs d’un mode de propagation que nous retrouverons chez les plantes plus élevées et chez les animaux sous le nom de bouturage. Une telle bouture errante de Nostocacée est appelée hormogonie.
Les Bactériacées, dont beaucoup de représentants, sous le nom mal déterminé de microbes, ont acquis une triste réputation de ferments pathogènes, mais dont bon nombre sont devenus des ferments utiles, indispensables à nos industries, se reproduisent et se continuent avec une étonnante rapidité et facilité au moyen de spores endogènes. On peut dire qu’aucune famille de plantes n’a jamais été l’objet d’investigations aussi suivies de la part des savants que ces organismes, tellement petits et fins qu’il faut l’emploi d’un grossissement très fort pour les apercevoir. Le plus fort grossissement peut seul accuser la formation des spores au milieu de la Bactérie. Le Bacillus , par exemple, dont le nom est dû à la forme en bâtonnet, de la Bactérie, se prépare à la sporification en se gorgeant, soit à l’extrémité du bâtonnet, soit au milieu, d’une certaine quantité d’amidon qui forme une légère ampoule. La spore se forme, une dans chaque bâtonnet, absorbe successivement l’amidon et s’entoure d’une membrane. Elle devient libre par la destruction de la membrane générale du bâtonnet. Certaines Bactéries, pigmentées en vert, se décolorent en formant leurs spores.
C’est par leurs spores que la plupart des Bactéries pathogènes deviennent redoutables (fig. 15 et tig. 16). Les spores en effet résistent bien mieux que le thalle aux agents destructeurs extérieurs : car la formation de ces corps multiplicateurs a précisément lieu quand le milieu nutritif commence à devenir insupportable à
L’ŒUF DES PLANTES CRYPTOGAMES
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Fig. 15. — Sang infecté par la bactéridie charbonneuse, au microscope.
la Bactérie même. La plupart des spores résistent à la température de l’ébullition de l’eau, certaines d’entre elles résistent à une ébullition prolongée pendant plusieurs heures. À sec, la résistance est même plus opiniâtre et pour empêcher la germination des spores, la reproduction des Bactéries, pour sté-.
riliser en un mot, un vase, il faut en porter la température jusqu’à 120 degrés. Les limites inférieures, au delà de 0 degré, sont bien plus reculées et la spore peut parfaitement entrer dans un
profond état d’engourdissement, en attendant son réveil dans de meilleures conditions vitales. Les nombreux travaux physiologiques parus dans les dernières années nous ont montré que nous nous trouvons là en
présence d’un des ennemis les plus terribles de l’homme et de tous les organismes élevés. C’est ainsi que, dans la lutte pour la vie, les pygmées se superposent, se juxtaposent, se coalisent dans un but commun et luttent avec ‘succès contre les géants.
La plupart des Algues se reproduisent sexuellement par la formation de véritables œufs. Dans la majorité des cas, la reproduction sexuelle est, accompagnée de mulli-
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