‹ L'œuf chez les plantes et les animauxChapitre 8 sur 52 · Diatomées · texte numérisé non relu

Diatomées

L’ŒUF DES PLANTES CRYPTOGAMES

conçoit que la cellule fille est plus petite que la cellule mère et plus petite précisément de la moitié de l’épaisseur de la membrane primitive. Or, ce mode de multiplication, donnant naissance à des individus de plus en plus petits, ne peut se répéter sur les descendants d’une même famille au delà d’une certaine limite. Quand le minimum

Fig. 20. — Germination de la zoospore Z, et développement successif du thalle (Haligenia bulbosa.)

de grandeur est atteint, les derniers rejetons de la lignée, au lieu de se reproduire par multiplication asexuelle, ont recours au mode de multiplication sexuelle le plus simple, à la conjugaison. Pour cela, deux individus de taille ordinairement inégale viennent se ranger l’un à côté de l’autre, s’englobent généralement dans une masse gélatineuse et poussent chacun vers son voisin deux ampoules,

L’ŒUF

Celles-ci se soudant entre elles comme chez les Spiro gyra, établissent deux canaux de communication dans chacun desquels ira se loger une zygospore, un œuf. Devenues libres, les zygospores se développent du premier coup en individus de grandeur maximum. Chacun d’eux devient le fondateur d’une lignée de descendants qui tous prennent naissance par division « en emboîtement » .

21. — Développement et émission des zoospores dans lin filament d’Algue. Z, zoospores libres.

La reproduction asexuelle par des zoospores est encore plus répandue parmi les Algues que parmi les Champignons (fig.20). Quelques exemples typiques choisis dans plusieurs familles nous montreront le parallélisme de ces phénomènes dans les deux classes de Thallophytes.

Les zoospores des Algues ont généralement une forme arrondie ou ovale (fig. 21); elles portent h une de leurs

L’ŒUF DES PLANTES CRYPTOGAMES

extrémités, plus claire, appelée rostre , deux cils ou une couronne de cils mobiles. Les Vaucheria , Algues de la famille des Siphonées, possèdent des zoospores d’un aspect velouté, entourées complètement d’un duvet de cils vibratiles. En dehors de cette multiplication asexuelle par zoospores mobiles, les Vaucheria vont nous donner le premier exemple d’une fécondation opérée à l’aide d’anthérozoïdes mobiles.

Le thalle des Vaucheria n’est qu’un long tube non cloisonné, mais ramifié et rempli de grains de chlorophylle et de protoplasma. Au moment de la fructification on voit apparaître sur les rameaux, d’espace en espace, des boursouflures qui, en grandissant, s’incurvent et affectent la forme d’une petite corne d’où leur nom de « cornicule ». A côté de chaque cornicule se développe peu de temps après, une seconde boursouflure moins élevée et plus globuleuse. Ces deux excroissances se séparent du tube par une cloison et se constituent en organes de reproduction indépendants. La cornicule devient une anthéridie, le mamelon adjacent, un oogone. La cornicule divise son contenu protoplasmique clair en un grand nombre de petits globules qui s’échappent par une ouverture apicale résultant de la destruction de la membrane en cet endroit. Chacun de ces petits globules est un anthérozoïde d’environ ± de millimètre de longueur, pourvu de deux cils vibratiles, dirigés l’un en avant, l'autre en arrière. Au moment de l’émission de cette bande d’anthérozoïdes, l'oogone a rassemblé son contenu opaque en une masse globuleuse centrale entourée d’une sorte de mucilage. Ce mucilage s’épanche en gouttelettes à travers une ouverture de l’oogone résultant de la liquéfaction de la membrane sur une certaine étendue. Les anthérozoïdes nageant tout autour de cette ouverture, se déplaçant assez vivement, finissent par atteindre l’ouverture de l’oogone, pénètrent à l’intérieur et se mélangent à son contenu. Dès lors l’oosphère est fécondée et de-

vient une oospore, un œuf. Peu après la pénétration d’un ou de plusieurs anthérozoïdes dans l’oogone, l’ouverture se referme par une cloison d’abord mince, mais qui s’épaissit bientôt comme toute la membrane de l’oospore et devient enveloppe protectrice de l’œuf. Celui-ci se sépare de la plante mère et va au loin germer et reproduire un nouveau tlialle.

Dans les Fucus ou Varechs , ces Algues couleur et consis-

Fig. 22. — Coupe verticale à travers un conceptacle femelle d’un

Varech. ( Fucus vesiculosus).

tance de cuir qui foisonnent au bord de la mer et dont l’industrie a su retirer deux corps chimiques importants : l’iode et le brôme, les corps reproducteurs femelles, les oosphères, sont fécondés en dehors de la plante. L’œuf, au moment où il acquiert ses qualités reproductrices a déjà quitté la plante mère et l’embryon n'attend aucun secours de sa mère. Le thalle d’un Varech, comme le Fucus vesiculosus, est marqué à sa surface d'un grand nombre de petits points noirs très fins. Chacun de ces

L’ŒUF DES PLANTES CRYPTOGAMES

points représente l’ouverture, Yostiole d’une cavité dans laquelle le microscope nous montre, au milieu d’un enchevêtrement de poils appelés paraphyses , un certain nombre de boules noires relativement grosses, supportées par un petit pédicelle (fig. 22). Dans d’autres cavités, au contraire, ces boules foncées sont remplacées par des grappes de petits cônes, portées par des filaments ramifiés (fig. 25). Les boules noires représentent les oogones ou organes femelles, les petits cônes, les anthéridies ou organes males, et comme ces deux espèces d’organes ne sont pas renfermées dans la meme cavité ou conceptacle , les sexes sont séparés. Bientôt, on voit le contenu de l'oogone se diviser nettement en huit fractions ou oosphères, qui s’arrondissent, s’isolent et finalement, par suite de la liquéfaction de la membrane entourante, sont évacuées dans la cavité du conceptacle.

De là, sortant parl’ostiole, elles se répandent dans l’eau environnante. Au moment de l’évacuation, les anthéridies mûres laissent échapper de leur côté une infinité de petits anthérozoïdes piriformes, garnis chacun de deux cils vibratiles dirigés en sens inverse Lun de l’autre, et qui leur impriment des mouvements très rapides. Evacués à leur tour par l’ostiole du conceptacle mâle, les anthérozoïdes, dans leur promenade désordonnée aux environs de la surface du Varech, finissent par rencontrer en bandes l’une ou l’autre des oosphères globuleuses

Fig. 23. — Touffe d’anthéridies d’un conceptacle mâle de varech et émission des anthérozoïdes.

L’ŒUF

issues du conceptaclè femelle. Immédiatement ils l’entourent, s’appliquent à sa surface et, comme s'ils voulaient lui faire partager leur folle gaieté de jeunesse, l’entraînent pendant plus de cinq minutes dans un rapide mouvement de rotation autour d’elle-même. Un ou plusieurs des anthérozoïdes pénètrent alors la masse de l’oosphère, la fécondent par cela même et la changent en œuf. Le mouvement de l’oosphère devenue oospore s’arrête; elle s’entoure d'une membrane de cellulose et, après un certain temps de repos, va germer et reproduire un nouveau thalle de Varech.

Jusqu’ici nous avons pu constater un parallélisme assez accentué entre les phénomènes de multiplication et de fructification chez les Algues et chez les Champignons. Les Algues les plus élevées en organisation ont fait un pas de plus vers le perfectionnement et nous y assistons à des phénomènes de fécondation et de fructification qui rappellent les phénomènes de reproduction chez les végétaux les plus perfectionnés, les Phanérogames. Nous voulons parler de la formation de l’œuf chez les Floridées.

Aujourd'hui que la nature commence à perdre tous les jours un de ses secrets, l’admiration s’impose autant devant les actions les plus humbles de ses enfants, que devant les manifestations les plus brillantes et les plus étonnantes de ses enfants les plus favorisés par la naissance.

Les Floridées, fleurs des océans, peuplent les mers d’une infinité de formes admirables par l'éclat de leurs teintes, allant du rouge sanguin au grenat, carmin, violet, brun, etc., par l’élégance de leur architecture, qui surpasse en finesse l’œuvre d’art la plus habile de la patience humaine, ou par l’originalité de leur structure et de leur forme, qui rappelle souvent les feuilles des végétaux supérieurs, mais des feuilles gigantesques, ouïes élégantes arborisations calcareuses d’un pied de corail.

Les Floridées se multiplient par des propagules, des spores asexuées et se reproduisent par d<‘s œufs.

L’ŒUF DES PLANTES CRYPTOGAMES

oo

Le Polysiphonia subulala est une Floridée de couleur purpurine foncée, qui se plaît sur les rochers des côtes de l’Adriatique. Son thalle acquiert une vingtaine de centimètres de hauteur et ressemble à un petit arbuste finement et souvent ramifié. Le pied est mâle ou femelle : les sexes sont séparés. Le pied mâle porte à l’extrémité de ses branches des ramuscules garnis de petits cônes en forme d’épi de maïs : les anthéridies. Placées à la façon des graines d’un épi autour d'un axe central, se trouvent jusqu'à 800 petites cellules arrondies dans chacune desquelles se développe un anthérozoïde. A la maturité, la membrane de la cellule se rompt et l’anthérozoïde s’échappe sous forme d’une sphère minuscule dépourvue de cils et de mouvement. Il se comporte bien comme un anthérozoïde dans la suite, mais comme il rappelle plutôt encore le rôle physiologique du boyau pollinique des Phanérogames, on lui donne le nom de pollinide.

L’eau de mer qui baigne le pied mâle du Polysiphonia charrie donc, au moment de la maturité des anthéridies, des milliers de pollinides. Un peu plus loin, sur le rocher, voici fixé un pied femelle de la même plante. L’examen microscopique ou la loupe nous montre l’absence des anthéridies et, à leur place, la présence d’oogones qui nous apparaissent ici avec une forme singulière. En effet, porté par un pédicelle de plusieurs cellules, nous voyons un amas globulaire de cellules très colorées surmontées par un long poil mince et incolore. Ce poil, appelé trichogyne , joue un rôle important dans la fécondation, rôle analogue à celui du stvle dans la Heur des Phanérogames. Sa membrane est un peu gélifiée, son sommet arrondi. Il repose immédiatement par sa base sur la cellule centrale de l’oogone, qui se distingue des cellules entourantes par son protoplasma plus dense et plus granulé. Cette cellule centrale va être fécondée et devenir œuf, grâce au trichogyne. Voici qu’un courant

d’eau, ou peut-être les mouvements désordonnés de milliers d’infusoires vagabonds, ont fait dériver du pied mâle un certain nombre de pollinides. Inconscients et passifs, ils se laissent entraîner au hasard du courant. L’un d’eux, ainsi le veut la nature, a heurté le tricliogyne et des lors s’y trouve retenu par la membrane gélifiée. Un autre, un troisième subissent le même sort. Alors, se souvenant sans doute du rôle important que la nature lui a confié, le pollinide soude sa masse au trichogyne et fait passer son contenu dans la cavité de ce dernier. Mais le trichogyne n’est qu’un intermédiaire, qu’un corridor à travers lequel chemine la niasse fécondante du pollinide pour aller se mêler au contenu de la cellule centrale de l’oogone et la féconder ainsi. Maintenant que la fécondation est opérée, le trichogyne a rempli son rôle et disparaît comme, dans la plupart des fleurs à pistil, le style se flétrit après l’action du boyau pollinique.

Or l’œuf des Floridées est une graine contenue dans un fruit. En effet, dès que la cellule centrale de l'oogone a éprouvé l’influence fécondante du pollinide, les cellules périphériques de l’oogone participent à l’évolution générale. Tandis que l’œuf central se développe en divisant sa masse successivement en un grand nombre de fractions, les cellules corticales se divisent tangentiellement et radialement en se développant en véritable capsule. Au sommet de cette capsule, à laquelle on donne dès lors le nom de sporogone ou de cystocarpe, s’établit une ouverture par où s’échapperont les spores. Car l’œuf des Floridées se développe sur la plante même, et. ce ne sont que les enfants de deuxième génération qui vont quitter le sporogone à l’état de spores. Ces spores sont appelées carpospores , pour indiquer qu’elles proviennent d’un fruit. Elles sont de couleur rouge, ont une forme ovale, et se mettent à germer sans retard après leur sortie du sporogone.

L’ŒUF DES PLANTES CRYPTOGAMES 55

Les variations de détail dans le mode de fécondation des Floridées sont fort nombreuses et nous ne pouvons y insister davantage ici. Qu’il nous suffise de constater que nous avons rencontré pour la première fois un œuf devenu graine dans un fruit.

L‘es Floridées se multiplient asexuellement par des spores immobiles qui naissent ordinairement au nombre de quatre dans chaque sporange d’où leur nom de tétraspores (lîg. 124).

Ces Algues sont une des splendeurs de la flore marine.

Les admirateurs des merveilles de la nature y trouveront, pour longtemps encore, un des plus beaux sujets d’étude, car il y a à peine une quinzaine d’années qu’un coin du voile qui couvrait les merveilles de l’œuf des Floridées a été soulevé.

Itl. Mousses.

Fig. 24. — Sporanges et tétraspores du Corallina officinal is (Floridées).

Les Mousses sont une des plus charmantes et des plus intéressantes formes de végétation. Plus compliquées d’organisation et de structure que les Lichens et les Algues, elles réalisent un pas de plus vers le perfectionnement et l’individualisation des organes : car, chez elles, on voit déjà accusés une façon de tige, des ramuscules, des feuilles, un système reproducteur. Humbles de port, elles revêtent la terre humide d’un moelleux tapis vivant. Sombres de couleur dans les profondeurs de l’antique forêt, éclatantes de verdure aux scintillements cristallins de la fontaine, les Mousses se plaisent à montrer l’exu-

L’ŒUF

bérante fécondité de la terre saturée d’humus et de sève inerte. Dans l’ombre intense de ces forêts vierges, l’insecte coureur se cache volontiers pendant qu’une goutte de pluie s’abat lourdement sur la feuillée moussue en la trouant, ou qu’une goutte de rosée, coupole magnifique, illumine l’ombre épaisse des reflets de l’arc-en-ciel. Chacun de ces paysages miniatures a ses charmes, à nous inconnus, ses habitants, ses saisons. Ainsi, la plupart de nos Mousses « fleurissent » en hiver, d’autres ne

« fleurissent » que tous les treize ou tous les seize mois. Cependant, hâtons-nous de dire que ce qu’on appelle vulgairement la fleur ou le fruit d’une Mousse, c’est-à-dire cette sorte de petite boule ou de cône couronné d’une minuscule coiffe et porté par un mince pédicelle, est déjà un produit secondaire de la fécondation et nullement comparable à la fleur ou au fruit des végétaux supérieurs.

Les Mousses se multiplient, se propagent, se reproduisent par des boutures, des propagules, des bourgeons détachés, des marcottes et des œufs.

Cependant la véritable reproduction, celle qui, au lieu de continuer seulement la plante même, la reproduit et la renouvelle avec la facilité de la modifier dans une certaine mesure, est

— Organes

Fig. 25.

reproducteurs , réceptacle ou « fleur fj d’une Mousse.

due à la germination de l’œuf.

En examinant attentivement à la loupe les extrémités des petits rameaux d'une Mousse, on voit que quelquesuns se terminent par des feuilles de plus en plus modifiées. Ces feuilles entourent au sommet un petit plateau où se trouvent insérés quelques organes ayant l'anparence de gros poils (fi g . ‘25). Ce sont les organes reproducteurs,

L’ŒUF DES PLANTES CRYPTOGAMES

■ ■’ï&zSté iti. ’ %’>v-

soit mâles, soit femelles, soit les deux à la fois. Les organes mâles portent le nom d'anthéridies, ils produisent des anthérozoïdes ; les organes femelles sont appelés archégones, ils forment des œufs à la suite de la fécondation par les anthérozoïdes. C’est cette réunion des organes reproducteurs qu’011 appelle parfois fleur des Mousses, fleur qui a du reste certaines analogies avec la fleur des plantes phanérogames.

L’anthéridie naît comme un poil d’une cellule épidermique, mais ne tarde pas à grossir par le développement de cellules intérieures et prend finalement la forme d’une massue ou d’une boule, supportée par un mince pied (fîg. 26).

Chacune des cellules dont se compose la masse interne, modifie son contenu et en fait un anthérozoïde, un corpuscule reproducteur mâle.

L’archégone naît de même d’une cellule de l’épiderme; mais, dès le début, il s’allonge considérablement, se renfle au Fig. 26. — Anthéridies et paramilieu et ressemble alors à Physes d’im réceptacle mâle

une bouteille terminée par un long col mince et un peu évasé à son sommet (fig. 27) Si, en habile anatomiste, nous arrivons à faire une coupe longitudinale à travers l’archégone mûr, nous verrons que le centre de la partie renflée est occupé par une grosse masse cellulaire granuleuse qui est l’oosphère; immédiatement au-dessus est couchée une autre cellule qui s’engage dans le bas du col, traversé lui-même par un canal obstrué d’une masse mucilagineuse, Ce canal n’existait pas au début,

d’une mousse. Emission des anthérozoïdes.

L’ŒUF

il n’est que le résultat de la résorption des parois d’un certain nombre de cellules qui en occupaient la place.

Le développement des deux sortes d’organes étant arrivé à ce point, une goutte de rosée ou de pluie se charge de rendre possible la fécondation, c’est-à-dire

l’imprégnation de l’oosphère par l’anthérozoïde. Dès que l’eau arrive en contact avec l’anthéridie, elle en dissout le sommet et toute la masse des anthérozoïdes se répand au dehors au milieu de leurs cellules mères presque gélifiées. Bientôt ils sont libres, se dégagent et viennent nager en tourbillonnant dans la goutte, dans l'océan, qui les baigne. Chacun a la forme d’un minuscule têtard ou d’un fil enroulé en spirale. 11 est pourvu, en avant, de deux longs barbillons extrêmement ténus, en arrière d’un léger renflement avec quelques granules amylacés (fîg. 28).

Dans sa course vagabonde à travers la goutte liquide, peut-être aussi qu’il aide en cela le hasard ou qu'il poursuit quelque goût étrange pour un acide organique l’un ou l’autre des anthérozoïdes arrive au sommet du col de l’archégone. Retenu par une masse plus pâteuse, il y pénètre, suit le long couloir qui mène à l’oosphère et s’engage dans celle-ci pour s’y perdre en fondant complètement sa masse.

La fécondation est faite, Larchégone va devenir un fruit contenant une graine, un œuf. Mais cel œuf ne. développera une plante nouvelle que dans une deuxième génération, lui-même produira d’abord une génération de spores. L archégone prendra, dans la suite, le nom de sporogone.

gode de mousse isolé.

L’ŒUF DES PLANTES CRYPTOGAMES

Dès que l’oosphère est devenue oospore, elle se divise eu deux cellules superposées dont chacune a une destinée différente. L'inférieure, par des multiplications répétées, développera un pédicelle plus ou moins long suivant les espèces, la supérieure deviendra sporange ou capside. Au commencement, le pédicelle prend un développement prédominant, s’enfonce même dans les tissus sous-jacents et s’y greffe en quelque sorte. Bientôt les parois de l’archégone, ne pouvant plus suivre dans leur élongation celle du pédicelle, se déchirent circulairement et la partie supérieure de l’archégone, couronnée du col flétri, est soulevée comme une petite calotte. Elle recouvre finalement le sommet de la capsule comme d’un capuchon, sous le nom de coiffe (fig. 29). Le pédicelle acquiert souvent plusieurs centimètres de longueur :

c’est la soie , mince comme un fil, mais sèche, solide et dressée, entourée à sa hase d’un bourrelet de

tissu appelé vaginale. Le pédicelle étant déjà très développé, la capsule, à son tour, différencie ses tissus intérieurs et se transforme en sporange.

Les spores s’y trouvent enfermées dans une sorte de sac cylindrique double qu’on a appelé sac sporifère.

Maintenant les spores sont mûres et attendent le moment de leur mise en liberté. La coiffe, desséchée, tombe et met à nu le sommet pointu de la capsule. Celleci se déchire circulairement en haut et découvre ses tissus internes en laissant tomber son sommet ou opercule, comme elle le ferait d’une calotte. Mais les spores ne peuvent encore s’échapper; une sorte de cloison située

sous la base de l’opercule les en empêche. Mais cette

cloison se redresse et vient garnir le bord de la capsule d’une série circulaire de dents. Cette collerette dentelée porte le nom de péristome ; elle est quelquefois double.

Alors seulement les spores, libi ’es déjà, peuvent s’échapper et viennent tomber au pied de leur parent ou sont emportées par le vent. Elles sont comprimées sur quatre faces , tétraédriques ou globuleuses et pourvues de deux membranes. L’interne ou endospore est incolore, l’externe ou exospore, mince et granuleuse,est colorée de teintes diverses , ordinairement de jaune ou de brun.

Quand la spore s’est reposée pendant quelque temps, elle commence germer. L’exospore se déchire, l’endospore fait hernie à travers la dé-

Fig. 20. — Sporange d’une Mousse, chirure et se développe

3. Soie, coitfe et capsule 4. Oper- eil filament. Ce filament cule soulevé découvrant le péris- . „ A , .

. ? se ramifie et, par des bi-

Page 1