Uuqiieiise utérine
Méconnue jusqu’à Coste et Robin, la muqueuse utérine, ou endomètre, tapisse la face interne de futérus. A sa partie supérieure, elle fait suite à la muqueuse des trompes ; à sa partie inférieure, elle se continue avec la muqueuse vaginale. Mais l’endomètre varie d’aspect avec les régions considérées. L’examen à l’œil nu permet, déjà, d’y reconnaître deux régions : la muqueuse du corps et la muqueuse du col. L’examen histologique et la physiologie de l’utérus justifient pleinement cette distinction.
P Muqueuse du corps. — a) Morphologie. — La muqueuse du corps est lisse et comme veloutée; elle présente des orifices punctiformes, très rapprochés, qui correspondent au débouché des glandes utérines; elle est constamment lubréfiée par un liquide séreux et filant, qu’il faut enlever pour bien apprécier sa couleur qui est d’un gris rosé. La muqueuse du corps est mince (1 millimètre à 1 millimètre et demi), molle et friable; comme la muqueuse du col, elle adhère fortement au muscle sous-jacent.
(i) Faute de savoir quand se produisent la première et la dernière ovulation, on répète <jue la vie sexuelle s’étend de l'instauration menstruelle à la ménoi)ause. C'est là une conception assurément erronée L’ovulation est une fonction essentielle; la menstruation est un épiphénomène qui peut faire défaut, alors ([ue Tovulation s'elïeclue régulièrement.
LA MENSTRUATION
b) Structure. — Un épithélium de revêtement, des g’iandes, un stroma vasculo-conjonctif, telles sont les parties constituantes de l’endomètre (fig. 20).
L’épithélium de revêtement est représenté par des cellules régulièrement prismatiques, disposées sur un seul rang. Ces cellules, hautes de25à30 p., se colorent énergiquement avec tous les réactifs du cytoplasme : un noyau rond occupe leur partie moyenne ; leur pôle apical est muni de cils, qui^se meuvent du fond de l’utérus vers le col: c’est assez dire que les mouvements de ces cils font obstacle à la progression des spermatozoïdes. Toutefois, ces cils n’ont été constatés que pendant la durée de la vie génitale. Avant l’établissement de la menstruation et de l’ovulation, comme après la ménopause, ils font complètement défaut.
Les glandes delà muqueuse sont des tubes cylindriques, peu serrés, longs de
Epithélium superficiel.
Cavité glandulaire.
Cliorion muqueux.
Muscle utérin.
Fig. '20. — Muqueuse utérine normale.
2 à 3 millimètres, larges de 100 à 150 u.. Ils sont perpendiculaires à la surface de l’endomètre, et leurs branches de division sont toujours en petit nombre. Le fond de la glande, parfois légèrement dilaté, repose sur le muscle utérin, dans lequel il peut même pénétrer, en écartant les fibres de ce muscle. Le corps et le fond de la glande sont parfois un peu onduleux. Le col, au contraire, est droit; il s’ouvre dans la cavité utérine par un petit orifice arrondi.
L’épithélium glandulaire est polyédrique ; il apparaît finement granuleux, quand il a été fixé dans de bonnes conditions. Un noyau, situé à la base du cytoplasme, individualise chaque cellule, que recouvre une bordure ciliée. Le mouvement des cils s’effectue du fond vers l’embouchure des glandes.
La présence de cette bordure ciliée a fait dire qu’il ne s’agit point là d’appareils sécrétoires (1); les soi-disant glandes utérines ne seraient donc
(i) La présence d’une bordure ciliée à la surface d’une cellule ne permet pas de nier, sans plus ample informé, la nature glandulaire de cette cellule. Dans l’épididyme humain, les cellules ciliées sont pourvues de grains de sécrétion incontestables. Ces grains sont versés dans la lumière du tube épididymaire, quand la bordure ciliée disparaît.