‹ L'œuvre complet de Eugène Delacroix, peintures, dessins, gravures, lithographiesChapitre 10 sur 114 · Delacroix à vingt-six ans, par A. Colin · texte numérisé non relu

Delacroix à vingt-six ans, par A. Colin

Dessin. — H.o'"i22, L. ©"'ogo. — Gravé à Teau-forte par Paul Colin, dans les mêmes dimensions, pour le catalogue de la vente des œuvres de son père (1876). — Non catalogué par M. Moreau.

Delacroix, coiffé d'un bonnet à rebords, est vu de profil et éclairé de dos. La tête se trouve enveloppée d'ombre. Le maître, en veste de travail, tient d'un geste à peine indiqué, une palette et un appuie-main. Le dessin n'a pas passé la vente d'Alexandre Colin (2 février iSjô). Nous ne le connaissons que par l'eau-torte.

N" 1 5 : Profil dessiné par Tony Johannot en 1830

Dessin sur bois d'après le médaillon de David d'Angers. — Gravé sur bois dans les dimensions de : H. o"^2 2 pour V Histoire d'un mi de Bohême et de ses sept châteaux. — Non catalogué par M. Moreau.

L'Histoire du roi de Bohême et de ses sept châteaux, qu'ont rendue précieuse aux bibliophiles romantiques les fantaisies dont Tony Johannot a parsemé le texte, est l'œuvre de Charles Nodier qui cite, page 44, les noms de Delacroix et de Byron. C'est cette citation qu'accompagne la médaille reproduite ici.

N*' 14 : Buste peint par le baron de Schwiter en 183 1

Toile.— H.o"^54, L. o-^ôS.

— Signé et daté au bas à droite M. Moreau.

Appartient à M. le baron de Schwiter.

i83i ». — Non catalogué par

Joli portrait aux lèvres carminées, peint par un ami dévoué et tout disposé à voir en beau son modèle; notre vignette, d'ailleurs, ne rend pas très bien la ressemblance. Le baron de Schwiter se souvient que ce portrait fut terminé la veille du départ de Delacroix pour le Maroc. L'amitié qui unit Delacroix au baron Schwiter dura jusqu'à la mort du maître, qui ne se livrait pas facilement, mais qui ne se reprenait plus quand il s'était donné une fois. Il fut fidèle aux amis comme aux souvenirs de sa jeunesse.

XLVIII PORTRAITS DE DELACROIX P. l834

N° 1 5 : Portrait peint par Dedreux-Dorcy, vers 183 1

Toile. — H. o'"54, L. o"^65 environ. — Adjugé à la Vente posthume de Dedreux- Dorcy, le 26 mars 1875 : 1 17 fr. à M. Benoît, rue du Jour.

Ce portrait, que nous n'avons pas vu, a, paraît-il, une certaine analogie avec celui que peignit le baron de Schwiter en la même année. (Voir le numéro précédent.)

N° 16 : Mi-corps dessiné par Jean Gigoux en 1832

Lithographie. — H. o"'i8o, L. o'"i5o. — Publié dans le journal V Artiste, en i832. — Signé au bas à droite: J. Gigoux. — Catalogue A. Moreau, p. 3.

« M. Jehan Gigoux maniait le crayon lithographique avec la dernière habileté. Dans ce portrait, annoncé par M. Gigoux comme lithographié «d'après nature», Delacroix est un jeune homme brun, au visage grave, au regard mélancolique, à la bouche large, ombrée par une fine moustache noire. Il est assis sur une chaise, la main droite dans la poche du pantalon; la redingote dessine la taille. Des mèches noires et drues retombent négligemment sur le front. » (Philippe Burty.)

N° 17 : Tête dessinée par madame Villot en 1833

Croquis au crayon. — In-octavo. — Appartenait à M, Riesener. — Signé : « Pauline. » — Non catalogué par M. Moreau.

C'est sans doute à une époque de bal costumé, et alors que Delacroix prenait conseil de son ami Frédéric Villot, que madame Villot aura fait ce croquis. Nous savons qu'à cette même époque, Delacroix se proposait d'assister, en costume d'officier arabe, à un bal que donnait le duc d'Orléans, quand, le jour venu, il fut pris d'une violente migraine. Avec le secours de sa bonne Jenny et d'un ami, il s'habilla et se mit en voiture, mais en arrivant, ressentit un tel malaise, qu'à peine il put paraître; il n'aimait pas à faire mauvaise figure.

N° 18 : Tête dessinée par F. Villot vers 1834

Dessin. — In-octavo. — Appartenait à M. Riesener. — Non catalogué par M. Moreau.

: En cette attitude penchée et mélancolique, avec cet air de Christ au Jardin S^^^, des Oliviers, Delacroix ressemble, non point à sa nature physique, mais à sa nature morale, à la fois inspirée et anxieuse, toute de génie et de sensibilité maladive. Il a peint la douleur aussi fortement qu'il l'a ressentie, et s'il a donné tant d'intérêt tragique à ses plus belles œuvres, à son Christ au Golgotha, à son Martyre de saint Etienne, c'est qu'il y répandait toute la tristesse de ses plus mauvais jours.

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