Portrait charge publié en
Lithographie. — • H. o'"3o(), L. o"-23o. — Paru dans le Charivari du 29 mars 1839. — Catalogue A. Moreau, pp. 3 et 4.
On lit au bas de ce portrait : « Eugène Delacroix, pinceau riche et sau- •' \\vage — Sait donner de la vie à ses moindres tableaux; — Mais il faut y^I'empècher de peindre ii son image, — Car ses succès alors seraient beaucoup moins beaux. » Delacroix est en train de peindre sa Médée, qu'il produisit au Salon de i838 et qui fut publiée à la même époque dans le ' Charivari {\o'\r le n" 668). On ne peut refuser h cette caricature un certain cachet de vérité, et dans l'exagération même du corps si fluet et si mince, apparaît la distinction qui caractérisait le maître en toute sa personne. La tête est celle d'un rapin vulgaire, mais le geste de la main qui pose délicatement la touche est assurément bien saisi.
N° 21 : Portrait peint par Champmartin en 1840
Toile. — Dimensions inconnues. — Salon de 1840. — Non catalogué par M. Moreau.
Ce portrait fut exposé, sous le même n° 236, avec ceux de Henriquel Dupont, Saint-Clair, Botta, Léon Cogniet, Emile Deschamps, Ricourt, Fedel, Jules Janin et Eouquet.
N° 22 : Portrait gravé en 1843
Eau-forte. — H. o^obS, L. o"'o6o. — Signée Forbe. — Publié dans la Galerie des contemporains illustres [iS^i). — Cat. A. Moreau, p. 4.
Ce visage vulgaire ne nous rappelle, par aucun de ses traits essentiels, le causeur subtil, l'écrivain distingué, le peintre supérieur qui, pendant cinquante ans, anima son siècle du souffle de son génie. Est-ce bien là celui qui disait : « Et cependant, il n'y a pas h reculer. Dimicaudinu, c'est une belle devise que j'arbore par force et un peu par tempérament. J'y joins celle-ci : Renorare aninws..., mourons, mais après avoir vécu. «
23, 24 : Deux portraits (184^-1844)
1° Lithographie. — H. o""! 1 3, L. o'^ioy. — Publié dans la Galerie de la %k W Presse, de la Littérature et des Beaux-Arts , chez Aubert, galerie Véro-Dodat. — Cat. A. Moreau, p. 45.
"^"^^^^1 2° Gravure sur bois. — H. o^ogo, L. 0^070. — Publié par Ylllustraymmê^^m-- ^^on, numéro du 2 mars 1844, accompagnant un article intitulé : Salon 4^^!/^^) lie 1844. Visite dans les ateliers. — Catalogue A. Moreau, pp. 4 et 5.
r«) ^ Par la facture simple et facile en même temps que souple et délicate, la lithographie nous semble révéler la main de Menut Alophe. C'est d'après cette lithographie que notre vignette a été exécutée, mais elle convient également à la gravure sur bois qui offre le même type. Les traits du visage ont une grande fermeté; ils laissent cependant apparaître un peu trop cette rudesse de conformation, que le maître mettait tant de soin à dissimuler et que l'on retrouve identique dans le masque de Talleyrand.
N° 25 : Caricature dessinée par Bertall en 1844
\ Gravure sur bois d'après le dessin de Bertall. — In-octavo. — Publié, v5i QFÎ '844, dans le Panthéon du Diable à Paris. — Non catalogué par
Aj<~-'^^^"y On voit, représentés ici, la plupart des peintres modernes dans diverses oT^. ç attitudes. Au milieu de la page sont les deux grands champions du jour, ~ Eugène Delacroix et Jean-Auguste-Dominique Ingres. Le premier tient dans la main gauche une vessie de couleurs; près de lui on lit sur un écriteau attaché à un pinceau debout : « La ligne estun mythe.... La nuit, tous les chats sont gris. »Le second tient dans la main gauche son porte-crayon, auquel est fiché un cartouche portant ces mots : a II n'y a de gris que le gris et M. Ingres est son prophète. »
N° 26 : Tête dessinée en 1848
/"^ Dessin ovale. — H. o'"i45, L. o'"! lo. — On lit au bas : «Amiens amico. / A \ " — Offert par Delacroix avec dédicace autographe à Jenny Le / M îj^v, \ Guillou , et légué par elle à M. Riesener, à qui il appartenait encore I ''^^^J^ 1 en 1878. — Exposition universelle de 1878, numéro 822 du catalogue Y '' / des portraits nationaux Henry Jouin. — Gravé sur zinc, pour T Art, \l -py numéro du 16 juin 1878. — Non catalogué par M. Moreau.
^--^^ Nous avions d'abord cru que ce portrait était l'œuvre de Gavarni, mais l'examen de l'excellent fac-similé qu'en a donné l'Art, nous a fait rejeter cette première conjecture. Les mots : « Amicus amico » sont écrits d'une plume vigoureuse, en lettres robustes très éloignées des caractères menus et réguliers qui distinguent l'écriture de Gavarni. La légende nous rappelle bien plus la main de George Sand, qui crayonnait volontiers, et l'amitié qui unit l'illustre romancière à Delacroix justifierait bien mieux la formule dédicatoire. Cette formule s'expliquerait mal de la part de Gavarni, qui n'aimait pas en Delacroix le peintre et qui ne devait pas inspirer beaucoup de sympathie à l'homme. D'autre part, George Sand, qui a pris quelquefois au sérieux le sexe de son pseudonyme, aurait pu sans inconséquence signer au masculin.
lS52 PORTRAITS Dt DELACROIX \A
N** 27 : Caricature par Bertall parue en 1849
Gravure sur hois d'après le dessin de Bertall. — H. ()'"2io, L. o'"2i5. — Publié par \c Journal pour rire, en 1849, sous ce titre : « République des Arts. Duel à outrance entre Kl. Ingres, le Thiers de la ligne et M. Delacroix, le Proudhon de la couleur.» — Non catalogué par M. Moreau.
On lit au bas : «II n'y a point de quartier à espérer. Si M. Ingres triomphe, la couleur sera proscrite sur toute la ligne, et l'insurgé qu'on trouverait muni de la moindre vessie sera livré aux derniers supplices. Si Delacroix est vainqueur, on interdira la ligne avec tant de rigueur que les gens surpris à pêcher à la ligne sous le Pont-Neuf seront immédiatement passés par les armes. Quelques personnes ont bien osé parler de fusion entre la ligne et la couleur, mais ce projet de fusion a paru si ridicule et si extravagant, que nous n'en parlons ici que pour mémoire.» Sur le pot ii couleur que tient Delacroix, à l'arçon de la selle, on lit : « La ligne est une couleur.» Sur le caparaçon du cheval : c Rafaël est un rafalé et un réac...» « .... La nuit, seulement, tous les chats sont gris » ; sur le bouclier que porte Ingres : oRubens est un rouge 1.... Il n'y a de gris que le gris et M. Ingres est son prophète.»
N° 28 : Eau-forte par Bracquemond (18^2)
Eau-forte. — H. o'"o8o, L. o'"o6o. — Gravé d'après la photographie de Carjat. — Signe d'un B. — Inédit. — Cat. A. Moreau, p. 9.
Vers i852, Théophile Silvestre pria M. Bracquemond de lui graver ce portrait, et il ne lui laissait que quelques heures pour l'exécution d'un travail aussi délicat. Peu après, l'artiste apprit de l'écrivain que son œuvre ne paraîtrait pas dans \ Histoire des Artistes vivants, parce qu'elle était traitée « dans un sentiment trop linéaire.» Elle est cependant empreinte d'une noble énergie.
N° 29 : L'atelier de Eugène Delacroix en 18^2
Gravure sur bois. — H. o'"200, L. o'"235, à pans coupés. — Publié par l Illustration du 25 septembre i852. — Cat. A. Moreau, p. 154.
Ce dessin nous montre l'intérieur de l'atelier occupé par le maître, rue Notre-Dame de Lorette, n'' 54. Delacroix est représenté debout, la palette h la main, causant avec un visiteur, près de sa boite ;i couleurs entr'ouverte. Au second plan, un jeune collégien qui examine les œuvres pendues aux murailles, et plus loin à gauche un quatrième personnage. Les murs sont couverts de plâtres moulés sur l'antique, et d'œuvrcs plus ou moins anciennes du maître, parmi lesquelles on distingue l'esquisse du plafond de la I I 101, la Mort de Marc-Aurèle (voir les n"^ 924 et 926), et liien d'autres encore que l'exiguïté de la gravure ne permet pas de distinguer. Il y avait entre autres : La vue de Tanger, Desdémone maudite, le Maréchal ferrant, etc.
galerie d'Apol Ion
LU PORTRAITS DE DELACROIX P. 1864
N"* 30: Composition par Eugène Lami, vers 1853
Aquarelle. — Appartenait, en 18-5, à M. Hartmann. — Non catalogué par M. Moreau.
Cette charmante aquarelle, qui a figuré à l'une des Expositions du Cercle de l'Union artistique, en 1875, représente un salon de Paris où M. Eugène Lami a groupé, un peu arbitrairement, Delacroix, Musset, Mérimée, Auber, Gounod, etc. Les deux premiers étaient debout près d'une cheminée.
}i, j2 : Portrait gravé sur bois en 18^4
1° Gravure sur bois. — H. o"M55, L. o"'i3o. — Gravé par Dujardin et publié par V Illustration^ en 1854. — Réimprimé en 1864 dans la brochure intitulée : « Eugène Delacroix à l'Exposition du boulevard des Italiens, par H. de la Madelène. » — Cat. A. Moreau, pp. 5 et 6. 2° Ce même portrait (retourné) a été utilisé en i856 pour un autre numéro de V Illustration. — Non catalogué par M. Moreau.
Nommé membre du jury des récompenses au Salon, Delacroix décline cet honneur. Il n'est pas mauvais de remettre sous les yeux du lecteur, en ce temps de compétitions effrénées , les motifs du refus : <( Monsieur le Directeur, je vous prie de vouloir bien faire agréer à M. le Ministre de l'Intérieur le motif qui m'oblige à me récuser, en qualité de juré, dans la commission des récompenses. Je me trouve moi-même au nombre des exposants : j'ai pensé que cette raison me 'permettrait de décliner la charge aussi délicate qu'honorable que M. le Ministre voulait bien me confier, et pour laquelle j'ose le prier de recevoir mes respectueux remerciements. » [Lettres., édition Burty.)
W } 3 : Mi-corps gravé par Alphonse Masson en i8^
Eau-forte et roulette. — H. o'"i55, L. o"Mi5. — Gravé d'après une photographie et publié avec le fac-similé de sa signature, dans VHistoire des peintres vivants, de Théophile Silvestre. — Cat. A. Moreau, p. 5.
En face de cette tête dont le regard songeur plonge avec mélancolie dans le néant des choses, nous nous souvenons de ces quelques lignes, que le maître écrivait à son ami Soulier, en i85o :
<( Dans l'insomnie, dans la maladie, dans certains moments de solitude, quand le but de tout cela s'offre nettement dans sa nudité, il faut à l'homme doué d'imagination un certain courage pour ne pas aller au devant du fantôme et embrasser le squelette. Quelle différence dans nos idées exercent quelques années seulement 1 Je trouve que tous les livres ne sont que lieux communs. Ce qu'ils disent sur l'amour, sur l'amitié, roule sur une demi-douzaine d'idées banales qu'on a eues il y a mille ans. Il n'y en pas un qui ait jamais peint, à mon avis, le désenchantement ou plutôt le désespoir de l'âge mûr et de la vieillesse. Je parie que tu n'as jamais vu dans les livres ce que tu sens là-dessus comme tu le sens... L'homme passe sa vie dans les convulsions de l'inquiétude et dans la léthargie de l'ennui.»/' Lettres, édition Burty.)
PORTRAITS DE DELACROIX