‹ L'œuvre complet de Eugène Delacroix, peintures, dessins, gravures, lithographiesChapitre 16 sur 114 · Gravure sur bois, posthume · texte numérisé non relu

Gravure sur bois, posthume

Gravure sur bois. — H. o"M40, L. o^iiS. — Publié dans l'Illustra- ^/on anglaise, numéro du 29 août i863. — On lit au bas: « The late ^^^^ Eugène Delacroix. « — Cat.' A. Moreau, p. 8.

" Après ma mort, il ne sera fait aucune reproduction de mes traits, soit par le i'MÊ'^^f^ moulage, soit par dessin ou photographie; je le défends expressément. « ^^^M'ÂM'^ Cette clause formelle, consignée par Delacroix dans son testament, n'était ( qu'une coquetterie d'homme de génie, que la loi devait être impuissante à faire respecter. Certes, bien des reproductions imparfaites, telles que celle dont nous donnons ici le croquis, ont altéré l'intelligente physionomie du maître, mais la publicité des traits est une des fatalités qui s'attachent aux grands hommes. N'est-ce pas ainsi qu'on paie sa gloire?

N" 4^ : Gravure sur bois, posthume (1863)

Gravure sur bois. — H. o"Mo4, L. o^ogo. — Gravé par Gérard d'après wTO dessin de Parent. — Publié dans le Musée des Familles et dans ' l'^''"'^"'^*^^^ Musée des Familles. — On lit au bas: « Eugène Dela- ' ^^^j/^^i, \ croix. (Le i3 août i863, s'est éteint, à l'âge de 65 ans, l'un des plus -^^^«^^ grands peintres de cette époque.)" Ce portrait a paru dans les Beaux- ^W^m^^Ê' ^''^-^ illustrés, numéro du 28 août 1876.

' ' Delacroix était né le 2 5 avril 1798. Il avait donc connu la vie et ses souffrances pendant soixante-cinq ans, trois mois et quinze jours.

N"* 46 : Eau-forte posthume (1864)

Eau-forte. — H. o™iio, L. o'"ioo. — Gravé par Jean Gigoux d'après ^^ÉI^^Ëi dessin. — Publié dans la Galette des Beaux-Arts, numéro du '■^^^^^ i^"" janvier 1864, accompagnant un article de Charles Blanc. — Cat. ^^^^^ A. Moreau, p. 8.

'^'ii^k Y>'' M. Jean Gigoux, qui fut un ami et un admirateur de Eugène Delacroix, possède dans sa belle collection de dessins une suite assez nombreuse d'études toutes relatives aux belles peintures du Palais-Bourbon.

N"* 47 : Buste posthume (1864)

Bronze. — Grandeur nature. — Commandé à M. Carrier-Belleuse, le 12 avril 1864. — Salon de i865. — Non catalogué par M. Moreau.

Ce buste a été payé, pour le coulage, sept cents francs par la Société nationale des Beaux- Arts, à M. Thiébaut, fondeur. M. Carrier-Belleuse na point accepté d'honoraires. Sur le socle est écrit: « A la mémoire d'Eugène Delacroix, la Société des Beaux-Arts, i3 août 1864.» Il était placé au milieu des salles de l'Exposition posthume, boulevard des Italiens, 26.

l>. 1864 PORIRAITS DK DKLACROIX LVII

N" 48 : Médaillon posthume (1864)

.-.■■^^l^v Bronze. — Diamètre, o"'3o. — Modelé par Auguste Préault et tiré à deux /' exemplaires seulement, dont l'un appartient à M. Paul Dutilleux. — 1 Aulographié par A. Robaut, dans les dimensions de: Diamètre, ()"'ioo, V /^^i^ pour la seconde livraison des Fac-similés de dessins et croquis oi'iffiuaux de Delacroix (i865). — Gravé à Teau-forte par Gaucherel , dans les dimensions de : Diamètre : o'"98. — Non catalogué par M. Moreau.

N** 49 : Dessin du médaillon précédent (1864)

Dessin à la plume. — Diamètre : o'"io. — Exécuté d'après son médaillon, par Préault, qui a écrit au bas : «Je ne suis pas pour le tini, je suis pour l'infini. « Publié dans l'Autographe. — Non catalogué par M. Moreau.

)0 : Gravure sur bois, posthume (1864)

'^S;^^^'»«^i'^'^'T1i^L^^^^ Gravure sur bois. — Intérieur ovale, encadré de y^^^^^^'^^SSfc^^^^^^-v feuilles de chêne et de laurier, avec banderolles et car- "^^^^^-/ Jl'^ï^^^^^^^ touches : H. o^obS, L. o"'6o. — La planche entière : 5j[ ..^M^i^^^^â'^ H- o'"5oo, L. o'"28o. — Publié dans le Journal illustré, numéro du 2 5 décembre 1864. — Cat. A. Moreau, p. 8. -r^^^^îi^^^ê- portrait, qui occupe le milieu d'une grande page, est le )'2:^^Z^J:^~^^^<"^^^^i^^^ - centre d'une composition décorative où se trouvent réunies -rf"^ ~^ - * " de certaines œuvres de Delacroix: Dante et Virgile aux en/ers, la A'oce juive. Il tut publié h l'occasion de l'Exposition posthume. Cette image très médiocre ressemble plus à une caricature qu'à une œuvre sérieuse. Elle est bien faite pour justitier la crainte du maître h la pensée que ses traits seraient déshonorés après sa mort.

N" ^ I : Lithographie posthume (vers 1864)

Lithographie ovale. — H. o'"i38, L. o'"i i5. — Reproduction d'une /^a^îf^ \ photographie de Pierre Petit, par Gomez ; planche inédite. — ■

éi^^^^ '\ ^ Moreau, p. g.

• JBmI^^"-^ La physionomie de Delacroix exprimait plus de finesse que de bonhomie, i '^E^^^? ' ^^"^ ' "^°^'''té c^ue de sérénité. Sous une courtoisie apprise , toute '^SÈSS^^ d'éducation et de nécessité sociale, il cachait mal une brusquerie d'impression, une ardeur des sens, une véhémence de passions, qui vivifiaient la ^^^Êft^P^ flamme de son regard. Ici, tout au contraire, la face est lourde, l'œil atone, '^BlS^-'^ le nez épais, c'est une tète vulgaire. Il faut bien le dire, le visage du maître prétait peu à la traduction plastique et la tâche des interprètes était assez malaisée. Delacroix, qui se jugeait lui-même en artiste, savait cela et n'v restait pas indifférent.

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PORTRAITS DE DELACROIX

N° 52 : Gravure sur bois, posthume (1864)

Gravure sur bois. — H. o'^oSo, L. o'"o6o. — Publié par le journal V Autographe, numéro du i'^'" mars 1864. — Cat. A. Moreau, p. 9.

Cette gravure accompagnait un article biographique qu'illustrait en même temps ie fac-similé d'un dessin provenant de la Vente posthume (Hercule et Cacus, n° 1 1 14). Le mythe était bien choisi pour symboliser l'œuvre morale du maître. Lui aussi a lutté contre la force aveugle et brutale; mais il n'a pu, comme l'antique héros dont il a glorifié les travaux bienfaisants, vaincre l'ennemi sans cesse renaissant. Il n'a pu non plus trouver, après la lutte, le repos qu'il a peint si noblement dans son Hercule au pied des colonnes.

W \ Eau-forte posthume (1864)

Eau-forte. — H. o'"i20, L. o"^o8o. — Gravé par Schutzenberger pour le frontispice d'une brochure in-douze d'Amédée Cantaloube, intitulée : « Eugène Delacroix, l'homme et l'artiste. Dentu, 1864. » — Cat. A. Moreau, p. g.

La brochure de M. Amédée Cantaloube fut publiée à l'occasion de l'Exposition posthume formée par les soins de M. Martinet, directeur administrateur de la Société nationale des Beaux-Arts. Ouverte le i3 août 1864, pour l'anniversaire de la mort du maître, cette Exposition fut, nous l'avons dit, un triomphe décisif.

N° 54 : Gravure sur bois, posthume (vers 1865)

Gravure sur bois. — H. o'^ogS, L. o"'o75. — Gravé par Maria Chenu, d'après un dessin de G. Pcrrichon. — Cat. A. Moreau, p. lo.

^^|.\ La main d'une femme était trop délicate pour bien marquer les rudes accents du ^^^^i^j;^ visage du maître. En s'adoucissant sous un burin débile, ses traits ont pris une beauté de keepsake, dont il avait précisément horreur. Certes, il souffrait de l'irrégularité de ses traits et enviait le beau profil de son neveu M. de Verninac ; mais il n'eût pas consenti à changer sa laideur intelligente pour une beauté sans expression.

N'' 5 5 : Gravure sur bois, posthume (1865)

Gravure sur bois. — In-douze. — Publié dans VAlmanach des gloires nationales de 1 865 ; d'après un Dessin de Jouffroy. — Non catalogué

Après le Panthéon des Illustrations françaises, voici VAlmanach des gloires nationales. Le succès incontesté de l'exposition de ses oeuvres vengeait Eugène Al frj'r^- / Delacroix de toutes les injustices dont avait souffert son génie, et, mieux que le jour où l'Institut lui avait ouvert ses portes, il entrait dans l'Immortalité. Mais il était mort meurtri, et le triomphe arrivait trop tard.

PORTRAITS DE DELACROIX

N" )6 : Gravure sur bois, posthume (i86^)

Gravure sur bois. — H. o'"i86, L. o"'i47. — Grave par L. Scriakoff, d'après un dessin de Henri Rousseau, sur photographie de Carjat. — Publié dans le Magasin pittoresque, numéro de décembre i865. — Cat. A. Moreau, p. lo.

Le portrait, de forme ovale, est entouré d'un cadre carre; les écoinçons renferment, en haut, des couronnes de chêne et de laurier, et en bas, une palette et des attributs de peinture. Un article biographique l'accompagne. La couronne et les palmes, c'est le signe de la gloire, la seule recompense que le noble artiste avait demandée en vain à ses contemporains; deux ans plus tôt, elle aurait consolé son cœur brisé et ravivé ses forces épuisées.

^7 : Lithographie posthume (1865)

Lithographie. — H. o"'23o, L. o'^iqo. — Dessiné sur pierre par G. Fuhr, d'après une photographie de Pierre Petit, et signé au bas à gauche. — Imprimé par Lcmcrcier en 1865-67, pour être inséré dans ia livraison du Panthéon des Illustrations françaises au dix-neuvième siècle, consacrée à Delacroix (Victor Frond, directeur).

La photographie qui a servi à cette lithographie est aussi celle que nous avons utilisée pour la gravure de l'un de nos portraits publiés hors texte. C'est l'une de celles qui reflètent le mieux le visage du maître. Eugène Delacroix qui, par une clause de son testament, interdit la reproduction de ses traits après sa mort, fut de son vivant très soucieux de laisser sa hdèle image h la postérité. Il donnait volontiers son avis aux artistes qui gravaient son portrait; ainsi, dans une lettre <à Théophile Silvestre, qui faisait exécuter, pour VHistoire des Artistes vivants, les portraits décrits plus haut, sous les n°^ 33 et 34, se plaint-il vivement que son visage soit alourdi.

N*" )8 : Buste posthume (i86))

Marbre. — H. o"'8oo. — Exécuté par Antoine Etex. — Salon de i865. — Exposé de nouveau en 1876, en plâtre teinté du ton de terre cuite. — Non catalogué par M. Moreau.

La tète est de grandeur nature; l'habit est celui de membre de l'Institut. Sur le bandeau uni, formé par la saillie de la poitrine, on lit : « Eugène Delacroix ». Delacroix était très frileux et s'enveloppait le cou d'un cachenez, même à l'atelier; le sculpteur a conservé, malgré l'habit d'apparat, ce trait des habitudes du grand artiste. — Le grand nombre des portraits du maître que nous avons vu publier, en 1864, témoigne de l'immense popularité qui accueillit son nom, dès que la mort eut rappelé ses contemporains au sentiment de la justice. Cette vogue ne fut point passagère, et les hommes de notre âge applaudissent encore au retour d'opinion qui se produisit, il y a vingt ans, en faveur du peintre superbe dont l'œuvre non seulement domine tout son siècle, mais encore occupe une place d'honneur parmi les œuvres de tous les temps.

LX PORTRAITS DE DELACROIX P. 1878

N" ^9 ; Eau-forte posthume (1873)

Eau-forte. — Cadre intérieur ovale : H. o'"io5, L. o"o8i. — Cadre grisé extérieur carré: H. o"'i4i, L. o'^ogg. — Gravé par Emile Boilvin d'après une photographie et publié en tête de Touvrage de M. A. Moreau : « E. Delacroix et son œuvre, etc. » (1873.)

On lit sur le fond, à gauche : E. Boilvin; au bas de la marge grisée: « Eugène Delacroix » et sur la marge extérieure, à gauche : « Jouaust éd. »; à droite : « Imp. A. Salmon. » — Le visage est vu presque de face. La photographie qui a servi d'original à cette eau-forte est devenue rare. Elle est d'ailleurs parmi les meilleures de celles qui furent exécutées d'après Eugène Delacroix, dont elle rend bien la finesse et la vivacité.

N° 60 : Gravure sur bois, posthume (187^)

Gravure sur bois. — Diamètre : 0^04 1. — Dessiné d'après la photographie de Pierre Petit. — Publié dans l'ouvrage de iVI. A. Moreau : %E. Delacroix et son œuvre [l'èj'i].

Nous connaissons plusieurs états de cette gravure, dont M. A. Moreau a surveillé tout spécialement l'exécution ; il voulait une image digne du maître dont il admirait si passionnément le génie et dont il allait vulgariser l'œuvre. Le résultat, cette fois, ne répondit malheureusement pas à ses soins.

N*' 61 : Eau-forte posthume (vers 1876)

Eau-forte. — H. o'^oSj, L. o'"o36. — Tiré seulement à e]uinze exemplaires, au bas d'une planche (troisième état) représentant la Noce juive, gravée par Henri Lefort et signée Chaplin (voir le n° 687). — Non catalogué par M. Moreau.

N" 62 : Fantaisie posthume (1878)

Dessin à la plume, ovale. — Gravé sur zinc à la dimension de : H. o'"i35, L. o'"077, pour le journal La Question, numéro du 24 mars 1878. — Non catalogué par M. Moreau.

On lit en tête de cette page fantaisiste : « Journal de la torture. — La question artistique. » Le médaillon de Eugène Delacroix, signé : A. T. (Adrien Tournachon), est accolé à celui de Ingres. Ils sont reliés par une branche de laurier et adossés à une colonne brisée sur laquelle sont gravés les noms de Michel-Ange, Raphaël, Titien, Léonard, Rubens. Le soleil qui luit à gauche, derrière un peuplier verdoyant, projette encore ses rayons sur les deux maîtres, tandis que sur la droite des arbres dénudés, symbole de la mort, abritent d'autres médaillons de 0 Chose et Machin, artistes à tous crins ». — Allusion non équivoque à la triste situation de l'art moderne.

p. i8SS

PORTRAITS DE DELACROIX

N*' 6j : Lithographie posthume (1881)

Lithographie. — H. o'"i40, L. ()"'ii<); la tctc seule mesure o'"o65. — Interprétée d'après une photographie de Pierre Petit, par Lessore. — Tiré seulement à cinquante exemplaires. — Non catalogué par M. Morcau. Le type est analogue à celui du n" iSji.

N° 64 : Lithographie posthume (1881)

Lithographie ovale. — H. o'"258, L. o'"2iy\ la tète seule mesure o'"io8. — Interprétée d'après une photographie par Achille Sirouy. — Salon de 1881.

Ce portrait ressemble à la belle eau-forte gravée par Bracquemond (voir le n" 28). Il est d'une facture très puissante, mais les modelés des demi-tons sont peut-être trop accentués, et le visage porte les traces d'une fatigue qu'il n'avait qu'aux joùrs de fièvre morale et de malaise physique. L'œuvre n'en est pas moins celle d'un artiste très consciencieux, très habile et très amoureux de son sujet. M. Sirouy est l'un des interprètes les plus ardents et les plus autorisés de l'œuvre de Delacroix (voir les n°^ 198, 353, 482, 11 18, 12 14).

6^ : Statue posthume (i88^)

, Pierre. — Grandeur nature. — Exécutée par Ernest Guilbert, en i883.

Bien qu'il fût né à Charenton-Saint-Maurice, Eugène Delacroix a été accueilli (j dans le chœur des Parisiens illustres qui dressent leurs profils sous les niches du .v'^ nouvel Hôtel-de-Ville. Sa statue est placée au premier étage du pavillon sud-est, w^c'est-à-dire en façade sur le quai. Il tient de la main droite un pinceau et de [ ( * la gauche sa palette, ses brosses et un linge d'essuie. A ses pieds sont divers attributs du peintre, tels qu'un pot à couleurs, des portefeuilles de dessins , etc. Comme toutes celles qui font partie de la même décoration, cette statue a été payée f'^y quatre mille francs. Ce n'est pas la seule que Paris doit élever au grand artiste. Bientôt, par les soins d'un comité, ardent à poursuivre la réalisation de ses vœux, nous verrons s'élever l'image du maître sur l'une des places de la grande cité qu'il a contribué à rendre plus glorieuse par la puissance de son génie. Souhaitons que le nouveau monument soit, par son ampleur décorative, digne de l'artiste dont il devra perpétuer la mémoire.

N"* 66 : Masque posthume (1883)

Plâtre et bronze. — H. o'^o22, L. o'"i6. — Exécuté par Zacharie Astruc. — Salons de 1882 et de i883. — Non catalogué par M. Morcau.

C'est sur le socle d'une statue de jeune homme, appelé par son auteur : « Le marchand de masques » que se trouve cette effigie de Delacroix, à côté de celles de Barbey d'Aurevillv. Balzac, de Banville, Berlioz, Carpeaux, Corot, Dumas, Faure, Gambetta, Gounod, Hugo. M. Zacharie Astruc, qui a connu Delacroix, a très heureusement utilisé, dans la remarquable exécution de ce masque, les photographies qui nous restent.

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N° 67 : Tombeau de Eugène Delacroix au cimetière de TEst

Pierre de Volvic et granit. — H. 2'"6o, L. 3"3o. — M. Darcy, architecte. — Gravé sur zinc (perspective et détails) par P. Lorain, pour la Galette des architectes et du bâtiment, i865, t. III, p. 307, dans les dimensions de : H. o^'ig, L.

o'"25. — Gravé sur cuivre (élévation et coupe ) par Soudain, pour V Architecture funéraire de César Daly, première section B, pl. III, dans les dimensions de : H. o-^SzS, L. o'"2i8. — Non catalogué par M. Moreau.

Delacroix avait dit en son testament : « Mon tombeau sera au cimetière du Père-Lachaise, sur la hauteur, dans un endroit un peu écarté. Il n'y sera placé ni emblème, ni buste, ni statue ; mon tombeau sera copié très exactement sur l'antique, ou Vignole, ou Palladio, avec des saillies très prononcées, contrairement à tout ce qui se fait aujourd'hui en architecture. « Pour se conformer à cette volonté précise, l'exécuteur testamentaire, M. Piron, de concert avec quelques amis du maître, choisit pour type le sarcophage de L. Cornélius Scipio Barbatus, découvert en 1780 sur la voie Appia. Est-il utile de rappeler que ce sarcophage se compose d'une chambre cubique sur laquelle vient s'asseoir, comme un couvercle, une table ou chevet d'ordre dorique, munie d'accotoirs aux volutes saillantes. L'ornementation, très sévère, ne comporte qu'une rangée de denticules et des métopes décorées de rosaces entre les triglyphes. M. Darcy, architecte distingué, membre de la Commission des monuments historiques, fut chargé d'exécuter la copie du modèle antique, en la conformant toutefois aux exigences des lois modernes en même temps qu'à certaines conditions pratiques, capables d'en assurer la conservation. La partie supérieure, assise sur un soubassement de granit, est taillée dans deux blocs délave de Volvic; elle porte cette simple inscription : Eugène Delacroix; mais elle n'est point, à l'exemple du sarcophage antique, creusée en forme de chambre mortuaire. L'hygiène moderne veut qu'on enfouisse les morts, et c'est à plus de trois pieds sous terre que fut pratiqué le caveau. Une plate-forme d'isolement fut établie sur la face antérieure au bord du chemin et garnie d'une balustrade de bronze d'un style très pur, que M. Darcy a su très heureusement harmoniser avec le caractère du sarcophage latin. — M. Piron mourut avant l'achèvement de cette tombe, et ce fut M. le baron Rivet qui eut l'honneur d'en présider la consécration. La cérémonie eut lieu le 22 mai i865, à neuf heures et demie du matin. — Pour arriver jusqu'au monument, qu'on trouvera dans la quarante-neuvième section, première division, on doit d'abord gravir la grande avenue qui conduit à la chapelle, puis remonter l'avenue Feuillant jusqu'au chemin de la Cave, à l'extrémité duquel est l'allée qui a pris le nom du maître. C'est là cjue ses admirateurs et ses amis viennent, à chaque anniversaire, saluer, en son Immortalité naissante, le glorieux artiste dont nous vénérons la mémoire.— A quelques pas du tombeau, et presque sous son ombre, une simple dalle recouvre les restes de Jenny Le Guillou. Deux lettres, J. G., indiquent seules la place oii dort la fidèle servante, qui, pendant vingt-huit ans, veilla sur la santé débile et garda la demeure du maître.

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