‹ L'œuvre complet de Eugène Delacroix, peintures, dessins, gravures, lithographiesChapitre 34 sur 114 · M. Frédéric Villot · texte numérisé non relu

M. Frédéric Villot

Toile. — H. o'"2o5, L. o'"i 5o. — Cat. A. Morcau, p. 235.

Delacroix fît en i833 cette réduction du portrait de i832. Voirn" 378, Comme on le voit, la copie réduite présente des moditications sensibles. D'abord les proportions de toiles ne sont pas les mêmes. En outre ici la tète est un peu plus inclinée, le canapé monte un peu moins haut et l'expression de la physionomie est moins cherchée que dans le i^rand portrait pour lequel, d'ailleurs, le modèle a posé un bon nombre de séances, tandis qu'il n'a point posé du tout pour ce petit portrait. P'rédéric Villot était un véritable amateur, un grand curieux d'art; il avait étudié, pratiqué tous les procédés de peinture et de gravure, et je crois aussi la musique; un des premiers, sinon le premier, il forma une collection d'albums et de bronzes japonais. Comme conservateurdcs peintures au Louvre, il montra un grand goût éclectique dont la tradition ne lui a point survécu; son principal titre à la reconnaissance de tous ceux qui s'occupent de l'histoire de l'art est sa rédaction des u Notices des tableaux du Louvre. » M arie-Joseph- Frédéric Villot naquit à Liège, département français de l Ourthe. le 3 1 octobre 1809; il est mort à Paris, le 27 mai 1873.

N" 447 : Portrait de M. Hcurtaux

Toile ovale. — H. o"'6o, L. o"'5o. — Signé et date sur le fond : i833. — Non catalogué par M. Moreau.

^L Heurtaux, élève de la pension Goubaux, obtint le second prix de version latine pour la classe de troisième au concours général. — Pendant l'impression de ce volume ont paru les Souvenirs littéraires de M. Maxime Du Camp auxquels nous empruntons les lignes suivantes sur la pension Goubaux : « Cette pension était dirigée par un homme qui eut quelque notoriété et remporta plus d'un succès dramatique. Le père Goubaux, comme nous l'appelions alors, quoiqu'il n'eût guère que trente-cinq ans, semblait avoir multiplié les pseudonymes pour dérouter la curiosité : Pierre Aubry dans le Courrier français, Hautefeuille il l'Opéra-Comique, Dorival dans différents petits recueils oubliés aujourd'hui, Prosper Dinaux au théâtre : on s'y perdait. C'était un humaniste distingué; il avait traduit une partie des œuvres de Cicéron et les odes d'Horace comme tant d'autres et aussi infructueusement. 11 était alors célèbre au » boulevard du Crime», car on y jouait souvent Trente ans ou la Vie d'un Joueur, gros drame émouvant et moral qu'il avait machiné avec Victor Ducange. Il ne devait pas s'arrêter en chemin : je retrouve son nom dans Richard d' Arlington de Alexandre Dumas, dans Louise de Lignerolles de Ernest Legouvé, dans Latréaumonl, dans les Mystères de Paris, dans le Juif errant de Eugène Sue ; îl donna seul le Morne au diable. »

N" 448 : Portrait de M. de Verninac

Toile. — H. o"'55, L. o"'40. — Cat. A. Moreau, p. 235.

Ce portrait, qu'il ne faut pas confondre avec celui que nous avons cité plus haut in° 36 1), fut légué par Eugène Delacroix à madame Duriez de Verninac.

N° 449 : George Sand en costume d'homme

Toile camaïeu. — H.o'"25, L. o"'2i. — Gravé au burin par Calamatta. — H. o"Mo8, L. o"io84. — Appartient à M. Charles Buloz. — Vente après décès de M. Buloz : 7,000 fr. — • Cat. A. Moreau, pp. i 10, 235.

Notre croquis est fait d'après la gravure. La peinture montre plus de mouvement dans la coiffure; une mèche vient sur la pommette droite et, au lieu d'être bouclés au bas intérieurement, les cheveux sont légèrement retroussés extérieurement; le graveur a « arrangé ». — En écrivant son testament, Eugène Delacroix se souvint de son ancienne et constante amitié pour madame George Sand et lui légua un petit « couteau turc, un serpent en plomb qui lui avait été donné par madame Dorval, et une grande esquisse représentant le Sabbat de Faust [effet de nuit.)» En 1842, Delacroix passa une partie de l'été à Nohant. — Cette peinture a figuré à l'Exposition des portraits historiques du xix" siècle, ouverte en i883 à l'Ecole des Beaux-Arts.

N*' 450 : Tête de jeune femme

Toile. — H. o>"42, L. o"'35. — Signé à gauche, daté 1 833. — Vente Villot, 1 1 février i865 : 145 fr. — Cat. A. Moreau, p. 283.

N°4^i : Bouquet de fleurs

Toile. — H. o"'59, L. o"^49. — Daté i833. — Vente Villot i865 : 325 fr. — Non catalogué par M. Moreau.

N''452 : Grec à cheval

Aquarelle. — Signé, non daté. — Vente du 29 avril i856 : i25 fr. à M. Berville; vente J. Reiset, 25 février 1860 : 121 fr. à M. Leroy. — Cat. A. Moreau, p. 289.

N*'4)'3 : Charles-Quint au monastère de Saint-Just

Lithographie. — H. o"M I 5, L. o'" 148. — Voiries années i83i, 1837 et 1839.— Vente Parguez, 1861 -.4 fr. ; vente Dubois, 1866 : 6 fr.; vente Villot, décembre 1875 : 4 fr. 5o c. à M. A. Robaut. — Cat. A. Moreau, p. 48.

En haut, au milieu : « Bagatelle (Journal de France) n» 3i « ; en bas, à gauche : « Delacroix», à droite ; « Lith. de Engelmann », au milieu le titre.

l833 L'ŒUVRE DE DELACROIX

N"4)'4 : Portrait de madame Frédéric Villot

Eau-forte d'après nature. — H. o'"o85, L. o'"o8o. — Très rare. — Signe à droite : Eug. Delacroix », daté à gauche i833. — Vente De La Combe, 2 février (deuxième étatl : 25 fr.; vente posthume ^. (deux épreuvesdu deuxième état) : 10 fr. — Cat. A. Moreau, p. 19.

Dans le premier état, l'ombre portée de la main sur le menton n'existe pas, il n'y en a qu'une seule épreuve.

Dans le deuxième état, l'ombre de la main est exécutée au moven de hachures de pointe sèche et de simples points. Nous avons parlé du dessin de bague que Delacroix avait composé en i83i pour madame Villot. Il lit aussi pour elle en 1846 un modèle de Saint Remi destiné à une nappe d'autel.

N°4)^ : Christ au roseau

Eau-forte. — H. o"ii5o,L. o'^ogo — Vente posthume (deuxième état): 14 fr. ; vente Burty, 1874 (troisième état) : 6 fr.; vente Villot, décembre 1875 (deux épreuves du premier état) : 28 fr. à M. GoupiL — Cat. A. Moreau, p. 20.

Premier état. En bas, h gauche : 0 Eug. Delacroix », pas de date à droite; rien qu'une salissure produite par un défaut de brunissage sur le cuivre. Epreuves d'essais.

Deuxième état. En bas: « Eug. Delacroix », h droite : « i833 » avec des contre-tailles dans le fond exécutées par Villot. Troisième état. En bas, même lettre et en plus au milieu : « Cabinet de l'Amateur. » Cette pièce a paru en 1844 dans la treizième livraison du Recueil intitulé : Cabinet de l'Amateur et de l'Antiquaire^ dirigé par M. Piot. Elle est la reproduction d'une sépia exposée au Salon de i83i et que nous avons cataloguée, en l'année i83o, sous le n" 334.

4^'6 : Lion debout

Lithographie. — Très rare. — H. o"'i 5o, L. o'"i4o. — Héliogravé pour Touvrage de M. Moreau dans les dimensions de : H. o"'ii3, L. o"'i33. — Vente Villot, décembre 1875 : 5 fr. à M. A. Robaut. — Cat. A. Moreau, p. 32.

L'animal est vu de face, la tête penchée en avant, la crinière hérissée, I les pattes tendues comme s'il s'arrêtait, subitement surpris, et au moment de se rassembler pour s'élancer sur une proie. A gauche, de simples hachures occupent le fond. — Dans le catalogue de la vente après décès de Frédéric Villot, en décembre 1875, cette lithographie est cataloguée au n*^ 44b, sous le titre « Lion, la tète baissée. » Nous n'avons pas jugé à propos de modirier le titre adopté par M. Moreau. Nous avons pris au contraire, cette licence pour quelques-unes des planches qui suivent, les indications venues de M. Villot nous ayant paru beaucoup plus conformes au sujet.

N° : Ange agenouillé sur des nuages

Eau-forte. — H. o'"o69, L. o™o86. — Vente De La Combe, 3 février 1 863 : S fr. ; vente posthume, février 1 864 (deux épreuves): 7 fr.; vente Villot, décembre 1875, n° 386 (deux épreuves du premier état chine et blanc) : 6 fr. 5o c. à M. A. Robaut. — Cat. A. Moreau, p. ig.

,^ ^ ^ Premier état. Sans trait. — Deuxième état. Avec trait carré.

Cette composition devait servir de frontispice à une suite d'eaux-fortes restée à l'état de projet. Sur la banderole on lit : « Eaux-fortes, par Eugène Delacroix. »

cation Cadart.

N*" 4^8 : Seigneur cuirassé tenant une épée

Eau-forte. — H. o"Mo6, L. o"'o66. — Signé à droite. — Vente posthume (premier état, deux épreuves) : i7fr.;vente Villot, décembre 1875 (premier état, deux épreuves extra sur chine) : 11 fr. 5o c. à M. A. Robaut.

Premier état. H. o"'io6, L. o"'o66. — Sans trait carré et sans lettre. Deuxième état. H. o™ioo, L. o'"o6o.— En haut à droite le monogramme E. D. dans un rond et le numéro 2. En bas, au milieu : « Un homme d'armes du temps de François u; à droite: « Imp. Delâtre, Paris. Publi- L'une des épreuves de M. Villot était sur japon jaune d'or.

N°459: Un forgeron

est SI ] rappor Villot, de i83

Eau-forte. — H. o™i63 L. 0^098. — Vente Villot, décembre 1875, (une épreuve du premier état et une épreuve du deuxième état, ensemble) : 25 fr. à M. Goupil. — Cat. A. Moreau, p. 24.

Premier état. H. o"m63, L. o^ogS. — Sans aucune lettre ; bavures sur les marges ; dans celle du bas, à droite, un croquis d'oiseau à la pointe ; et dans celle du haut, à droite, une académie d'homme. Deuxième état. Mêmes dimensions. Sans lettre. Croquis effacés. Troisième état. H. o'"i6o, L. o^ogô. En haut, à droite: le monogramme E. D. dans un médaillon et le numéro 4; en bas, à droite : « Imp. Delàtre, Paris », au milieu : ((Forgeron.» Publication Cadart. Cette gravure est un essai en manière noire. (( C'est à M. Villot que Delacroix dut de faire la connaissance des procédés techniques de la „ - . gravure k l'eau-forte. Les premières planches des deux amis sont le

résultat d'un travail commun. Ce mélange des deux collaborateurs intime qu'il devient difficile de discerner la part afférente à chacun, et qu'il faut s'en ter, sans y croire aveuglément, à la signature. » (Préface du catalogue de la vente 1875. j Le rédacteur ajoute : (( Je ne parle que des tout premières planches. A partir 2, le travail de M. Delacroix devient plus personnel et plus reconnaissable. »

l833 L'ŒUVRE DE DELACROIX 123

N" 460 : Soldat allemand

Delàtre,

Eau-forte. — Signé dans le ciel à gauche en haut. — Voir l'aquarelle de 1820. — Vente De La Combe (premier état) : il'^' 28 fr.; vente posthume (deux épreuves du deuxième état) : 43 fr.; vente Villot, décembre 187?, Iprcmier état, une épreuve) : 49 fr.; (deuxième étal, une épreuvel : i4fr. — Cat. A. Moreau,p. 25.

Premier état. H. o"'iS2, L. o"'i34. Sans trait carre. Le personnage seul au milieu de la planche. Tirée à quatre épreuves. Deuxième état. Mêmes dimensions. Le bras droit qui tient la bride, le cheval et les figures, ont été ajoutés à la pointe sèche. Troisième état. H. o"'i75, L. o"'i34. En haut à droite, le monogramme E. D., dans un rond, et le numéro i ; en bas, h droite : « Imp. Paris », au milieu: « Un seigneur du temps de Erançois i"^'" ».

N°46i ; Une Juive d'Alger

Eau-forte. — H. o'"20o, L. o"M 54.

— Signé

à cauche en haut

« Eug. Delacroix, i833. » — Vente De La Combe (premier état ]: 67 fr.; vente posthume (deuxième état) : 8 fr.; vente Villot, décembre 1875 : I 5 fr. 5o à M. Goupil. — Cat. A. Moreau, p. 23.

Premier état. H. o"'20o, L. 0"m54. Sans aucune lettre, malgré le trait carré; certains travaux du tapis et des accessoires paraissent nettement dans le bas de la marge de droite.

Deuxième état. H. o'"2oS, L. o"m32. Tous ces travaux disparus. Troisième état. En haut, à droite, le monogramme E. D., dans un rond, et le n" 3 ; en bas, à droite : « Imp. Delatre, Paris »; au milieu : « Juive d'.-Mger. PubHcation Cadart ». 11 y a une erreur dans les dimensions fournies par M. Moreau et que nous avons données; celles du premier et du deuxième état sont les mêmes.

N" 462 : Arabes d'Oran

Eau-forte retouchée en 1847. — ^- o"'i5o, L. o"'2i(). — Signé sur le terrain à droite : «Eug. Delacroix.» — Vente posthume (deux épreuves du deuxième état] : 2 3 fr.; vente Burty, 1877 deuxième état': gfr.; vente Villot, décembre 1875 ideux épreuves du premier état) : igfr. 5oc. à M. A.Robaut. — Cat. A. Moreau, p. 25.

Premier état. H. o'"i5o. L. o"'2io. — Sans trait carré. Sans ^g^gy^l aucune lettre; des travaux de roulette accentués dans le côté gauche ''^ ~~ du ciel et sur le terrain du premier plan, qui ont été très atténués dans les épreuves du deuxième état ; en bas, au milieu, à la pointe: « Arabes d'Oran ». Deuxième état. Mêmes dimensions. Le vêtement du second personnage s'enlève en vigueur. Troisième état. H. o"'i45. L. o"'i(jo. Trait carré. En haut, à droite, te monogramme^E. D. dans un rond, et le n" 5 ; en bas. à'droite : <■ Imp. Delàtre. Paris », au milieu 0 .Arabes d'Oran >>.

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N" 46^ : Étude de femme vue de dos

^^^^^^^^^^^^Ê^^ Eau-forie. — H. o'"i i3, L. o"M63. — Signé «Eug. D.))à gauche '^^^^^^HÎp^^^^P^ en haut de la planche, au milieu des hachures du fond. — ^'"'^^^^'^^^^^^^m^ V^n^^ posthume (cinq épreuves du deuxième état) : i i fr. '''■'mùji''^^^^^^^^^ ' "^^^^^ Villot, décembre 1875 (deux épreuves du vl^^^^^^^^^\^- - deuxièrfie état) : 14 fr. à M. Goupil; vente His de la Salle, .J^^^^ Janvier 1881 (une épreuve du premier état) : 23 fr. à M. Goupil. — Cat. A. Moreau, p. 24.

Premier état. H. o'iii33, L. o™i63. — Sans trait carré. Eau-forte pure. En haut, à gauche, h peine quelques hachures dans le fond. Les épreuves blondes de ton laissent voir dans le fond et autour de la tête et des cuisses tout le travail des hachures. Les épreuves de cet état ont été tirées presque sans marges (o™o3o sur la largeur et o'"020 sur la hauteur). Deu.'iième état. Mêmes dimensions. En haut, à droite, dans le fond, des hachures qui forment une teinte et équarrissent le sujet de ce côté; à gauche, quelques travau,\ de roulette. Troisième état. H.o'"iio, L. o™i6o. En haut, à droite, dans un petit rond, le monogramme E. D. et le numéro 6; en bas, au milieu : « Etude de femme vue de dos. Publication Cadart. » Les planches de cuivre de cette gravure et des six autres qui précèdent étaient restées inédites du vivant de Delacroix. M. Villot père les avait gardées. Elles figurèrent à sa vente en i865, et furent adjugées à MM. Cadart et Luquet, au prix de 812 fr. On les a tirées alors avec une marque particulière et un titre.

N° 464 : Costumes du Maroc

Aquarelle. — H. o"'i8, L. o'"3o à o'"35. — Salon de i833. — Cat. A. Moreau, p. 174.

On va retrouver sous la rubrique de l'année i833 un grand nombre de motifs fournis à Delacroix par ses souvenirs du voyage au Maroc. Il peut se faire que plusieurs de ces œuvres aient été exécutées dans le courant de l'année i832 ; mais celle-ci étant déjà très chargée de travail, nous sommes autorisés à supposer que le maître ne s'est pas rigoureusement arrêté dans cette reprise de souvenirs au 3i décembre. Nous en avons un témoignage éclatant dans l'exécution du célèbre tableau des Femmes d'Alger. D'ailleurs, comme on le verra, un certain nombre de ces œuvres sont datées, et, par conséquent, il n'y a point de doute sur l'époque de leur exécution.

N*'^465, 466 : Costumes de Tanger

' , , 1° Autographie à la plume. — H. o'"i90, L. o'"23o. — Signé • " ^ droite : « Eug. Delacroix, i833. " — Vente Villot, ^ ff*^^ décembre 1875 : 6 fr. à M. A. Robaut. — Cat. A. Moreau,

^^^^^Êi ^ "^i^;^- croquis à la plume, imprimé sans trait carré, est rare.

C'est la même idée et la même disposition, à peu près, qu'en un

■i^^^},S^5K=-C,.2C^^^. tableau vendu à l'hôtel Drouot en 1873. Un jeune marchand juif.

' - • ■ — debout, déploie une bande d'étoffe qu'il semble offrir à un vieux

Maure à longue barbe assis devant lui sur une pierre dans la campagne.

L'ŒUVRE DE DELACROIX \l?

N" 467 : Famille juive

Aquarelle. — H.o"'i8, L. o"'3oào'"35. — Salon de i<S33. — Cat. A. Moreau, p.

N" 468 : Fantasia arabe

Toile. — H. o"'59, L. o"'7 3.. — Signé et date i833. — Grave à Teau-forte par Le Guay pour ï Artiste, dans les dimensions de : H. o"M62, L. o"^222. — Variante du tableau de i832. — Vente Van-Lsacker, i5 mai i852 : 1,060 fr.; vente M. B.,3o mai i855 : 1,405 fr. à M. Getting; vente San Donato, 21 février 1870: i3,qoo fr. à M. Louis Lefebvre, de Roubaix. — Cat. A. Moreau. pp. 102, 268 et note.

Nous avons reproduit un passage de la lettre du 16 mars, où Delacroix note les sensations désagréables que lui causaient les coups de fusil que la fantasia lui tirait à la figure. Il ajoute encore : «Tout cela nous donnait une colère mêlée de comique que je me rap|iellc à présent avec moins d'humeur. "

N" 469 : Rencontre de cavaliers maures

Toile. — H. o"^8i, L. i"'oo. — Voir à Tannée 1834 pour la gravure à Feau-forte par Eugène Delacroix. — ■ Tableau refusé au Salon de 1834. — Cat. A. Moreau. p. 177.

Nous invitons les amateurs h se méfier d'une mauvaise copie de ce tableau traitée en frottis, et qui circule dans le commerce. L'original était en novembre 1881, chez MM. Arnold et Tripp.

Jamais Delacroix ne s'est plus complètement livré en apparence au génie de l'esquisse qu'en cette admirable composition. Mais il suffit d'observer le merveilleux équilibre de ce groupe furieux, que l'on pourrait inscrire dans le champ géométrique d'une médaille, pour être convaincu une fois de plus que la main du maître n'improvisait que sur des thèmes longuement médités. Les chevaux se heurtent et l'un d'eux se dresse sous le choc en même temps que sous l'effort de son cavalier pour l'arrêter. Dans ce mouvement la puissante silhouette du cheval bai brun s'enlève sur un fond de collines qu'éclairent les fumées d'un combat et les clartés opalines d'un ciel gris très doux où passent des bleus de turquoise. Sur ce premier groupe se découpe le profil allongé, élégant du cheval gris blanc dont le poil soyeux et fin laisse passer, comme des lueurs roses, les transparences de la peau. Le geste des cavaliers, celui surtout de l'homme dont on n'aperçoit que la tête et le poing, est d'une audace de vérité extraordinaire dont on ne retrouve d'exemple que dans Rubens. Et c'est à Rubens aussi que fait penser l'éclatante variété des rouges que Delacroix s'est plu h multiplier dans cette précieuse composition, étincelante et joyeuse comme l'œuvre d'un peintre coloriste, vivante comme l'œuvre d'un grand dessinateur du mouvement, soliJc et forte comme l'œuvre d'un maître statuaire.

N" 470 : Arabes causant

Aquarelle. — H. o'"i4, L. o"'28. — Vente Baroilhet, 12 avril 7862: i85 fr. Cat. A. Moreau, p. 290.

N° 471 : Même sujet

Autographie à la plume. — H. o'"2io, L. o"'25o. — Sans aucune lettre, signature ni date. — Vente De La Combe (pre- ^ "-^T^n^ mier état) : 41 fr.; vente posthume (deuxième état, avec les ' lizê^}^ «Costumes de Tanger» ) : 10 fr. ; vente Villot, décembre 1875 deuxième état) : 5 fr. 5o à M. C. Paul Perrier.

Premier état. En bas, au milieu, dans la marge, croquis assez peu distincts dont un représentant une petite tête d'enfant. Deuxième état. Sans les croquis.

« Pour ces choses de souvenir, les premiers croquis ne doivent être

ni trop cherchés, ni retouchés. » (Eugène Delacroix.)

N° 472 : Deux Arabes causant

Sépia. — H. o'"i3, L. o'"2o. — Gravé à Teau-forte par Frédéric Villot en 1845, dans les dimensions de 0^097 sur o'"i42. — • Vente Villot, 11 février i865: 600 fr.àM.Lecesne. — Cat. A. Moreau, pp. loi et 291.

Les deux figures, l'une de face, l'autre de profil, sont assises sur le sable dans l'attitude et avec la mimique de la conversation. Dans le fond, une chaîne de collines. — La planche de M. Villot porte en bas à droite : (( Eug. Delacroix del. Fréd. Villot sculpt. 1845. » Cette planche a été tirée sur des papiers et des chines de différents formats. Il n'y a pas eu de retouches.

N"" 473 : Un Arabe

Dessin. — H. o'"3i, L. o"'2o. -- Photolithographié par Arosa : H. o'"3io, L. o"'20o. — Non catalogué par M. Moreau.

Il est vu presque de face, incliné en avant, les bras tombant, les mains croisées et enveloppé dans son burnous. L'attitude est étrange, l'expression puissamment caractérisée. Delacroix, parlant de l'Afrique un jour, disait à Théophile Silvestre, qui l'a rapporté dans son livre, Les artistes vivants : « L'aspect de cette contrée restera toujours dans mes yeux; les hommes de cette forte race s'agiteront toujours, tant que je vivrai, dans ma mémoire ; c'est en eux que j'ai vraiment retrouvé la beauté antique. « 11 confirmait ainsi, bien des années après son voyage au Maroc, l'impression qu'il en avait gardée et qu'il exprimait si vivement au moment même dans ses lettres h. ses amis.

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I^Î.V-^ l.'(EU\ RI. 1)1-: DKI.ACROIX 127

N"' 474. 4j) : Muletiers de Tétuun

11^» ,<1j'-!sr) i" Dessin à la mine de plomb. — • H. o'"io,L. o"'28. — : •/ 'iî^ Vente Susse, 1844. • f^"- — C!at. A. Moreau, p. 289. âàf^*^)lir ^Vvi^'^'^ -■^'-'^Oo'"^P'''i'^ 1^ plume. — H. o"'i2o, L. o"'26o. — |^^fcr>: V^^^^jjA^^^ Vente posthume (avec les « Femmes d'Alger») : 12 fr.; (i^'^:.^!: vente Dubois iscule) : 10 fr.; vente Langlois (seule): 6 fr.

qo c; vente Villot, décembre i8-5 (premier état) : 5 fr. à ^^^^ As^çi^A^c^ M. Perricr. — Cat. A. Moreau, p. 48.

^ " ■ ' - -^.-z^^^i^^^^ ■'• La pierre de notre n" 2 et celle des « F"cmmes d'Alger » i'iireni

vendues ensemble i23 fr, à M. le directeur de la Galette des Beau.v-Arts. Notre cliché est fait d'après l'autographie. Il y a une légère variante dans le dessin à la mine de plomb. Les deux états ne diflèrent que par l'addition, au bas, à gauche, des mots : « Gazette des Beau\-.-\rts », et Adroite : « Imp. Bertauts, Paris. »

N" 476 : Femme de Tanger

l Autographie à la plume. — H, o'^igo, L, o'"25o. — Signé à ^^^l^^^^^f^ gauche : « Eug. Delacroix, i833, » — Vente De La Combe : ^i^'-'-riWiiT^^ ■ ' ^''^ ^'^'^^'^ Dubois : 14 fr,; vente posthume, i 7 fr. — Cat.

\C- A. Moreau, p. 32.

l^^^^î^r' ■ ^^\f\S)K^i femme est debout, vue de dos, tournant la tète vers la gauche, ""^'^Ê^Iu-C '^I^^^?^^ les bras ouverts et étendant du linge sur une corde supportée par de T^^S^2o?^i!^?^^'^' longs piquets. Un jeune garçon est assis par terre ; derrière lui on voit un grand vase déterre a deux anses. Sur le sol divers accessoires. Le fond est occupé par de rapides hachures diagonales. — Ce dessin sur papier autographique, tiré comme le précédent, sans trait carré, est rare.

N" 4-7 : Jeune femme du Maroc

^f^y - Dessin à la plume. — H, o"'i6, L, o""! 5, — Signé en rébus : un 2, un la, «J^V une croix. — Vente Villot, 1 1 février i865 : 91 fr, à M, Choquet. — i^^'^- Publié en 1882 dans le journal VArt, par procédé photoiypographiquc . ■ avec trait carré, dans les dimensions de : H. o"'i70, L. o"'i 55, numéro ) du 23 avril 1882, avec le titre : « Jeune femme du Maroc. » — Cat. A. Moreau, p. 292.

La femme est jolie et de type européen*; mais il faut se rendre à l'évidence du costume.

N" 478 : Femme d'Alger

Croquis à la plume. — H. o"'i i , L. o"M4. — Galerie Bruyas au Musée de Montpellier. — Non catalogué par M. Moreau.

12^ L'ŒUVRE dp: DELACROIX |833

N° • Femmes d'Alger

Autographie à la plume. — H. o'"i6o, L. o'^220. — Signé à gauche en bas : « Eug. Delacroix, i833. » — Vente posthume (deux épreuves du premier état avec une épreuve des « Muletiers de Tétuan » ) : 12 fr.; vente Villot, décembre 1875 (premier état) : 10 fr. à M. Goupil. — Cat. A. Moreau, p. 49.

Premier état. En bas, au miHeu, le titre seul : « Femmes d'Alger » de la main de Delacroix.

Deuxième état. A gauche : « Gazette des Beaux-Arts», à droite: « Imp. Bertauts, Paris.»

N° 480 : Femmes d'Alger

Croquis aquarelle. — H. o"^2i5, L. o'"28o. — Appartient à M. Christophe. — Non catalogué par M. Moreau.

« Oui, ce sont bien là les intérieurs garnis à hauteur d'homme de carreaux de faïence formant des mosaïques comme dans les salles de l'Alhambra, les fines nattes de jonc, les tapis de Kabylie, les piles de coussins et les belles femmes aux sourcils rejoints par le surmeh, aux paupières bleuies de khol, aux joues blanches avivées d'une couche de fard qui, nonchalamment accoudées, fument le nargilhé ou prennent le café que leur offre dans une petite tasse à soucoupe de filigrane, une négresse au

large rire blanc. » (Théophile Gautier, Les Beaux-Arts en Europe.)

N°48i : Femme d'Alger

7 Pastel. — In-folio. — Photographié par Braun. — Appar- 1 tientau Musée du Louvre. — NoncataloguéparM. Moreau.

• « L'Afrique a produit sur M. Eugène Delacroix une impression I vive et durable; s'il n'est pas resté, comme Marilhat et ' Decamps, Arabe ou Turc à tout jamais, occupé sur son divan à égrener le chapelet de ses souvenirs d'Egypte ou d'Asie et "1 dédaigneux comme un musulman de la civilisation des giaours, il le doit à la mobilité ardente de son esprit trop compréhensif pour se borner à une seule sphère et qui a des fenêtres ouvertes sur tous les horizons ; le haschisch oriental n'a causé chez lui qu'une hallucination passagère, et de ce soleil vertigineux, le hnle tombé, il n'a gardé qu'un rayon. Le désert ne l'a pas absorbé dans sa grandeur morne et lentement recouvert de son sable, et pourtant de ce court voyage au Maroc il a rapporté un monde complet. » (Théophile Gautier, Les Beaux-Arts en Europe. » — Au bas de la page, h droite, Eugène Delacroix a noté quelques indications pour la couleur de la jupe; elles sont intéressantes à recueillir : « Teinte plus rougeâtre au frisan (sic) du jour et sur les tournants: au milieu, violet. »

l-'^lvi I, (KUVRL: l)h 1)1. LACROIX

N" 482 : Femmes d Alger duns leur :ipp:irtemenl

Toile. —H. i'"77, L. 2"'2j. — Auiolithographié par Sirouy : H. o'"i85, L. o"'235. — Grave à Teau-forte parCclestin Nanicuil : H. o"'i63, L. o'"262. — Gravé au burin par Waltner : H. o"'244, L. o"i3i4. — Salon de 1834. — Au musée du Louvre. — Cat. A. Moreau, pp. 128, ijS, 100, 2o5.

Dckicroix faillit ne pas livrer ce tableau à l'Administration qui avait fait avec lui le prix de 3,000 fr. pour cette œuvre, quand il apprit qu"un peintre fort médiocre, mais protégé de Lamartine, iM. Decaisne. recevait 4,000 fr. pour un tableau, " r.Vnge gardien ». Le ministre insista auprès de Delacroix en lui disant que le roi lui-même avait fait le prix de son tableau, et le maître se tint pour battu. 11 laut dire cependant qu'on lui commanda immédiatement, pour le musée de Versailles, l'Entrée des croisés à Constantinople. — C'est Lamartine qui attribuait innocemment à Delacroix de pauvres peintures de AL Vinchon. et l'accablait d'éloges.

N" 483 : Femme arabe

Dessin à la plume. — H. o"'27, L. o"'i7. — F'ac-similé par A. Robaut. — Reproduit dans le journal L'Exposition de Toulouse, i865, dans les dimensions de: H. o'"27, L. o'" 1 7. Reproduit aussi dans le journal L'Art, en i 883.— Appartient à M. Ph. Burty. — Cat. A. Moreau, p. i36. Evidemment ce dessin a été fait sous l'empire du rapprochement qui s'établissait dans l'esprit de Delacroix entre les nobles attitudes de la statuaire antique et de la réalité contemporaine, oii le climat impose l'usage des draperies flottantes. On comparera ce dessin à celui des femmes h la fontaine, de i832, que nous avons catalogué, au n» BgS, sous le titre « Femmes juives arabes. »

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