‹ L'œuvre complet de RembrandtChapitre 141 sur 233 · La Liseuse · texte numérisé non relu

La Liseuse

A mi-corps, presque de profil, assise vis-à-vis d'une table sur laquelle un livre est

placé, elle est tournée vers la gauche. Sa coiffure consiste en un bonnet autour duquel est une écharpe dont les deux bouts tombent sur son dos. Sa main gauche repose sur le livre. Vers le milieu du haut : Rembrandt f. 1634.

Hauteur, 0,122; largeur, 0,090.

BARTSCH, 345, — cLaussiN, 335. — WILSON, 341, — CH. BLANC, 242, — MIDDLETON, 100.

Trois états de cette estampe sont connus.

Premier Érar. La planche n’est pas d’équerre sur la gauche, le contour de la paupière de l’œil gauche est inachevé; le nez de la femme est plus court, ce qui paraît provenir d’une brisure dans le contour ; le bras au-dessus du coude est très petit. British Museum.

DEuxIÈME Érar. Le défaut de l'œil gauche est corrigé; le bras au-dessus du coude a été élargi; le bord gauche de la planche a été coupé régulièrement. Cabinet des estampes de Paris, Amsterdam, British Museum, Oxford, Cambridge.

Robert-Dumesnil, 63 fr. 70 c.; Verstolk, 23 fr. 10 c.; Van den Zande, 139 fr.; Harrach, 132 Tes Kalle, 76 fr. 25 c.; Didot, 145 fr.; Knowles, 156 fr. 25 c.

Troisième ÉraT. Le nez a été grossi et allongé par une double ligne continue. La planche a été retouchée, le travail de la pointe sèche se voit sur le bord inférieur de chaque paupiège, sur les lèvres et le contour du menton; un trait échappé s'aperçoit sur la lèvre supérieure, et un autre joint ensemble les deux lèvres. Cabinet des estampes de Paris, British Museum.

Liphart, 125 fr.

On connaît deux copies : 1° très trompeuse, du même sens, d’après le troisième état, mais les traits échappés dont nous venons de parler manquent; une égratignure qui traverse la partie claire de la manche à l'endroit où plie le bras est reproduite, mais une autre qui commence là où les parties claires et ombrées se touchent, et passe presque entièrement à travers le clair de la manche, a été omise; — 2° en contre-partie, grossière et dure, par Cumano; la bouche paraît déformée; on la trouve aussi imprimée en contre-épreuve.

Le n° 336 de Claussin décrit comme un morceau de la dernière rareté : Vieille Femme méditant sur un livre, morceau qui, en réalité, n’a jamais existé. C’est une falsification du peintre Peters qui a coupé sur une épreuve la tête de Ja Liseuse, et qui l’a remplacée par celle de Ja Vieille à la bouche pincée, Claussin, n° 342. On aperçoit les traces du raccord en retournant l’estampe. D'ailleurs, le contraste entre la tête d’une vieille et la main d’une jeune femme aurait dû suffire pour éveiller l’attention. On connaît deux épreuves de cette nature, l’une au Cabinet des estampes de Paris, l’autre au British Museum. C'est M. Ch. Blanc qui a signalé cette falsification.

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