‹ L'œuvre complet de RembrandtChapitre 61 sur 233 · Anslo (Cornelis Claes), ministre anabaptiste · texte numérisé non relu

Anslo (Cornelis Claes), ministre anabaptiste

Il est vu de face, la tête un peu tournée à gauche, assis dans un fauteuil, derrière une table couverte d’un tapis; un grand livre ouvert y est posé sur deux autres couchés,

De sa main droite appuyée sur un livre debout, il tient une plume. Sur sa tête est un

chapeau à grands bords; son cou est entouré d’une collerette plissée; la robe qu'il porte est bordée de fourrure. Sur une espèce de paravent ou d'écran qui est à droite : Rembrandi f., et au-dessous : 1647.

Hauteur, 0,189; largeur, 0,160,

BARTSCH, 271e — CLAUSSIN, 268. — WILSON, 273. — CH. BLANC, 170. — MIDDLETON, 146.

Nous décrirons quatre états de cette pièce.

Premier rat. Sur la partie supérieure de la joue droite, de l'œil et du front, il y a un coup de lumière;

la partie inférieure du bord du chapeau n’a pas de contour; le milieu du chapeau n’est ombré que par de simples tailles horizontales, ce qui produit un fort coup de lumière. La joue gauche offre dans le milieu une très grande place blanche. Sur la fourrure qui couvre l'épaule droite, il y a une place blanche qui s'étend jusqu'à la plume, sur 22 mill. de longueur et sur une largeur de 7 mill.; on n’y voit que quelques tailles légères très espacées; sur la poitrine, contre la plume, il y a une place blanche ombrée seulement de quatre tailles obliques assez légères; l'ombre de la manche gauche consiste seulement en

une ligne courbe qui suit la direction du bras depuis le coude jusqu’au poignet. Dans le bas, le bord de la table n’a qu'une épaisseur de 7 millimètres; on voit au-dessous une marge toute blanche. British Museum. Collection de M. E. de Rothschild.

Une personne compétente nous avait affirmé que dans l'épreuve du British Museum les places blanches étaient éteintes sur la fourrure, mais un autre iconographe déclarant qu’elles sont identiques, M. Clément, marchand d'estampes de la Bibliothèque nationale, après examen, nous certifie qu'elles n’offrent aucune différence.

Verstolk, 1,575 fr.

Deuxième érar. Le bord de la table, dans le bas, a 15 mill d'épaisseur. Le bord du chapeau est accusé à gauche par un contour détaché; des tailles obliques tirées de droite à gauche ombrent la partie supé-

Il 6

rieure du chapeau dans le milieu, et diminuent le coup de lumière; un fort trait échappé coupe également iquement de

cette partie dans le bas. On voit sur la manche gauche des contre-tailles courbes tirées of gauche à droite, et entre le livre et la main des contre-tailles obliques tirées comme précédemment; le coup de lumière sur la joue droite, l'œil et le front est retravaillé; toutefois, on rencontre des épreuves où la place blanche reparaît. Cabinet des estampes de Paris, Amsterdam, British Museum, etc. Nous avons trouvé des épreuves anciennes sur du papier aux armes d'Amsterdam, où les pontuseaux sont à 23 millimètres.

Robert-Dumesnil, 18 chon, 400 fr.; Kalle, 1,2 ser, 512 fr.; Oppermann, 619 fr.

M. Middleton fait un troisième dit-il, a été obtenue par le moyen du brunissoir. C'est peut-être l'effet du tirage.

; Arosarena, 185 fr.; Harrach, 6 : Gali- : Didot, 1,010 fr.; Knowles, 651 fr.; Schloes-

.8o c.; Verstolk, Liphart, 1,6

yes

état de la particularité de cette place blanche sur la joue droîte qui,

Troisième érar, Durement retouché dans toutes ses parties. Dans le haut à droite, il y a sept traits que toute la

res

berpendiculaires, dont deux sont plus longs, qui n’existaient pas précédemment. Sur } F » D E

sous, les bords sont très noirs; la barbe a été

forme du chapeau, le coup de lumière est éteint; au-

t montre de fortes taches noires en zigzag. Le tour de l'écran, à gauche, est repris. Entre cet

e la date, une série de contre-tailles fin

retravaillé

au bas,

écran et le bras du personnage, on voit, à la hauteur c à gauche, est une large tache noire. Le papier est épais. La retouche n'est pas de Rembrandt.

Oppermann, 375 fr.

sue érar. On a gratté le bas de la table; la place blanche primitive dans cet endroit apparaît de

Quar qui reste du bas de cette table est couvert de barbes noires; mais il y a toujours les sept

no u; tout ci

traits perpendiculaires

lans le haut à droite, le contour sous le chapeau, les taches noires sur la barbe,

ime que dans l'é

Jes contre-tailles entre l'écran et le bras, e at précédent, sur la poitrine, à gauche,

l'ombre, au-dessous de la collerette, s'étend jusqu'à la plume et descend en pointe; tandis que dans le

deuxième état cette ombre s'étend carrément à 2 mill. plus haut. Ces sortes d’estampes sont tirées sur

jaune et cassant. Nous croyons qu'avec ces remarques on s’aper a facilement de

papier de Chine très la supercherie. Une épreuve de ce troisième état falsifié est au Cabinet des estampes de Paris. La planche existe encore en Angleterre.

On connaît de cette pièce une copie assez trompeuse attribuée à Salomon Savry. On lit au bas quatre

et finissant ainsi: als harder steedts verlaten. « Contemplez » La marge du bas étant souvent coupée, on

vers hollandais : Siets Ansloos beeltenis

le portrait d’Ansloo qui est enflammé du zèle de Dieu. naît la copie en ce qu’elle a une largeur de 178 mill., tandis que l'original n’en a que 160. Enoutre,

recon dans la copie, le gland du bas du dossier est couvert de hachures, au lieu qu'il n’a, dans l'original, qu’une simple taille descendante.

Le dessin original de ce portrait, à la sanguine, rehaussé de blanc, et en contre-partie de l’estampe, est au British Museum. Au bas on lit: Rembrandt f. 1640. On voit par les marques qui suivent les contours du portrait que Rembrandt l’a décalqué pour le graver. Au-dessous de la signature est une inscription hollandaise dont les premières lettres sont: C. C. : Anslo. Il provient de la collection de lord Aylesford.

Dans la vente Galichon, se trouvaitun dessin, en pied, de ce portrait, exécuté à la plume, lavé de bistre avec quelques retouches à la gouache et au crayon rouge, portant les mêmes signature et date que le précédent. Il venait de la collection Verstolk, et a été reproduit en fac-similé dans la Gazette des Beaux- Arts (1866).

Galichon, 7,300 fr. Aujourd’hui chez M. E. de Rothschild.

On a quelquefois confondu ce personnage dont le nom de famille est Claesz (Cornelis), avec un autre membre, le poète Rembrandt Anslo, dont le prénom, abrégé de Reïjer, a été corrompu en Renier. Il paraît que Cornelis était allié à la famille de Rembrandt : un de ses parents avait épousé, en 1584, une tante de notre artiste. Dans le catalogue Denon, Duchesne mentionnait une épreuve de cette manière : « Au bas sur un papier séparé est écrit à la main : Cornelis Claess Anslo, avec quatre vers hollandais. » Il ne peut donc y avoir aucun doute sur les noms de ce

personnage.

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