Six (Jean), plus tard bourgmestre d'Amsterdam
Il est à droite, en pied, debout, adossé à une fenêtre ouverte d'où vient le jour; il lit dans un livre broché qu'il tient de ses deux mains. Son épée et son baudrier sont placés dans le fond, à gauche, sur une table au-dessus de laquelle paraît un tableau couvert d'un rideau presque tout à fait tiré. Au bas, dans une petite marge, vers la gauche : raN six. Æ. 29, vers la droite : Rembrandt f. 1647.
: — CLAUSSIN, 282. — WILSON, 287. — cH. BLANC, 184. — NIDDLETON, 150.
Trois états de ce portrait sont connus.
Premier ÉTAT. Avant toute inscription dans le bas de la planche. On voit à la fenêtre un appui de pierre qui monte jusqu’à la moitié du bras de Six. On ne connaît que deux épreuves de cet état : une au Musée d'Amsterdam, l’autre au Cabinet des estampes de Paris. Celle-ci fut payée, en 1755, à la vente du
comte de Chabannes, 36 louis (364 fr.).
Deuxième frar. L’appui de pierre derrière Six est supprimé. On lit dans la marge, vers la droite, Rembrandt f. 1647 (les chiffres 6 et 4 sont à rebours). Musée d'Amsterdam, British Museum, Bibliothèque impériale de Vienne.
Robert-Dumesnil, 1,924 fr.; Revil, 2,700 fr.; Debois, 3,000 fr.; Verstolk, 1,879 fr. 50 c.; Ferrol, sur papier blanc, 5,550 fi .; la même, achetée par M. Didot 6,250 fr., revendue 17,000. C'est la plus belle épreuve que nous ayons encore vue.
Troisième érar. On lit dans la marge, à gauche : r4aN six. x. 29. Les chiffres de l’année 1647 ont été remis dans le sens convenable. Le long rotin que l’on voit dans le fond à droite, au-dessus de la
la même, Arosarena, 5,251 f
table, est beaucoup plus gros et les nœuds en sont beaucoup mieux marqués, mais cette particularité ne se remarque pas dans toutes les épreuves : elle dépend peut-être de la fraîcheur de l’estampe et de la
PORTRAITS DE PERSONNAGES CONNUS s9
netteté du tirage. Cet état est encore très rare. Cabinet des estampes de Paris, Harlem, British Museum, Cambridge, Bibliothèque impériale de Vienne.
Verstolk, 317 fr. 10 c.; Didot, 710 fi
; Chambry,, 7,500 fr., épreuve d'une qualité exceptionnelle.
Dans le siècle dernier, Gersaint, s'étant trouvé en Hollande, assista à la vente du mobilier d’un des descendants de Six. Il ÿ avait vingt-cinq épreuves de ce troisième état qui furent vendues chacune 15 à 18 florins.
La planche est encore dans les mains de la famille Six. Elle figura à l’exposition de 1876 à Amsterdam. M. Middleton ne pense pas que le cuivre très usé puisse fournir aujourd’hui aucune épreuve satisfaisante.
On connaît cinq copies : 10 par Basan, lourde etsans esprit, dans le sens de l'original; — 20 même sens : les ombres larges et noires qui reproduisent la forme du personnage sur la muraille, au-dessous de la fenêtre, sont onduleuses dans l'original et ont une direction, en hauteur vers la gauche, parallèlement aux lignes du parquet : dans la copie, elles ne sont pas onduleuses et ont une direction en hauteur vers la droite formant un angle‘avec les lignes du plancher; M. Middleton l’attribue à Worlidge; — 3° dans le même sens, à l’aquatinte, par Richard Houston, datée de 1761; —4° dans le même sens, à l’aquatinte, ovale sur une planche carrée, datée de 1762 : la figure seule est'gravée et ne se voit pas tout à fait jusqu'aux genoux; cette copie est aussi de Houston; — :
en contre-partie, médiocre; l'ombre rapprochée du pli du livre est noire; Francisco Novelli inc. 1791; c’est son n° 25.
Nous avons vu encore une copie du même sens (H., 242 mill.; L., 192), où, au-dessous de la barre de la fenêtre, on remarque un poteau complètement plat; dans l'original, il ya un léger ressaut sur la droite dans le sens de la longueur.
Jean Six, celui dont Rembrandt a gravé le portrait, était d’une famille originaire de £
aint-Omer.
Karel Six, un des plus jeunes fils de la famille, se retira en Hollande pour cause de religion, fixa sa résidence à Amsterdam, en 1585, et contracta mariage dans une bonne famille hollandaise. Il eut trois fils et deux filles. Jean Six, l'ami de Rembrandt, issu de ce mariage, naquit en 1618. Ses parents avaient une maison de campagne à Elsbroeck, près du village d'Hillegom. Il épousa, en 1655, Marguerite, fille de Nicolas Tulp qui figure dans la Leçon d'anatomie. En 1656, il était préposé aux mariages, en 1667 il fut membre des états généraux de Hollande, et bien plus tard, en 1607, il devint bourgmestre. La date de sa mort est le 18 mai 1700 : il avait alors 82 ans.
Ce portrait est le seul en pied que Rembrandt ait exécuté; il a été gravé avec beaucoup de soin, mais peut-être ce travail patient a-t-il nui un peu à l'effet qui nous paraît triste. Six nous représente plutôt un vieillard en cheveux blancs qu’un jeune homme de 29 ans. Nous le répétons, pour notre goût nous préféronsle vieux Haaring et Clément de Jonghe à cette planche si minutieusement travaillée, et qui a dû coûter à son auteur beaucoup d'efforts et de temps.
M. Ch. Blanc, croyant y reconnaître la main de Rembrandt, a décrit sous le n° 185 un autre portrait de Jean Six quise trouve dans la collection d'Amsterdam; M. Middleton, qui a examiné cette pièce, la déclare gross
èrement travaillée au burin et d’un faire si dissemblable de celui du maître, qu'on ne saurait l'admettre dans son œuvre. Elle lui paraît une copie de l’une des eaux-fortes de Bol (Bartsch, n° 12).
268. Sylvius (Jan Cornelis, dit Janus), ministre protestant à Amsterdam.
Il est vu presque de face, ayant le corps dirigé un peu vers la gauche. Il porte une
calotte sur la tête et une fraise autour du cou. Assis devant une table, il a les deux
60 NEUVIÈME CLASSE mains posées sur un livre ouvert. Dans le fond, vers le milieu de la gauche : Rembrandt f., et au-dessous : 1633 ou 1634.
Hauteur, 0,164; largeur, 0,140.
narrsen, 266. — cLAUSSIN, 263. — wizson, 268. — cm. BLANC, 186. — MIDDLETON, 110.
atalogue Liphart en cite une avant les
Les premières épreuves sont d’une grande vigueur de ton. Le
retouches dans les ombres. Nous -possédons ces deux antes, mais nous n'avons trouvé aucune différence caractéristique.
Liphart, 187 fr. 50 c.; dans la même condition, Knowles, 687 fr. 50 c.; Arosarena, 42 fr.; Galichon, 85 fr.; Kalle, 47 fr. 50 c.; Didot, 32 fr.; Schloesser, 150 fr.
Claussin mentionne une épreuve non terminée et plus légère retouchée au bistre et au pinceau par Rembrandt. Au British Museum on voit une contre-épreuve, retouchée probablement par le maître. Ces
talogue Denon ?
deux pièces ne seraient-elles pas celles qui sont décrites dans le
Wilson mentionne deux états : dans le premier, l'estampe est claire et harmonieuse bien que les ombres
en soient riches; cond, les omb nent reprises et l'harmonie de l’estampe est rom-
pue. Ces désignations ne sont pas assez précises pour bien marquer les deux états. E 8 P
On connaît deux copies : 1° en sens inverse; au bas, du côté droit : Dankers excudit, et quatre vers
latins au-dessous : Sy-lvius en Janus.…..; du côté droit, à moitié de la planche : Rem. ;— 29 en contre-partie, sur une planche plus petite, gravée par E. Bland : dans un espace libre, est une inscription en anglais et
la date 183
Janus Sylvius, si toutefois c’est le même que le-suivant, né en 1564, devint ministre protestant à l’âge de trente et un ans environ. Pendant plusieurs années, il résida en cette qualité à Leceuwarden, et c’est dans cette période qu’il épousa Aciltje, fille de Pieter et nièce de Rombertus van Vlenburg, et ainsi cousine au premier degré de Saskia, qui devint la femme de Rembrandt. Sylvius, après la mort de Rombertus, fut probablement chargé de la
tutelle de Saskia, car nous trouvons son nom comme partie contractante à son mariage
avec Rembrandt, en 1634. Il mourut en 1638, le 19 novembre, dans sa soixante-quinzième année. Son fils avait été nommé pasteur de l'église de Muiderberg en 1635. Il y avait, d’après ce que dit M. Vosmaer, dans la collection Muilman, deux dessins de cette église faits par
Rembrandt.