Witenbogardus (Iohannes), ministre hollandais
Il est dans un ovale sur une planche octogone. Vu presque de face, assis dans un fau-
teuil, il tient de la main gauche un des côtés du livre ouvert placé sur une table. Sa tête est couverte d’une calotte; il porte une fraise autour du cou. Au haut de la planche, vers la gauche, on lit: Rembrandt f., et vers la droite : 1635. Au bas, dans la marge, quatre vers latins, composés par Grotius : Quem pra. mirart (sic) plebes.…...…
Hauteur, planche réduite, 0,225; largeur, 0,184.
BARTSCH, 279. — CLAUSSIN, 270. — WILSON, 281. — CH. BLANC, 190. — MIDDLETON, 114.
Nous décrirons cinq états de cette planche.
Premier éTaT. La planche est rectangulaire ; le contour seul de la chaise existe; le livre sur la table est d'une forme oblongue, plus large que haut, et les livres dans le fond ne sont pas bien accusés. Avant les vers dans la marge. Amsterdam, British Museum. égers travaux ajoutés lui donnent une expression plus agréable. Il n’y a pas encore les quatre vers dans le bas.
Deuxième érar. La fraise est terminée; sur le visage quelques V À
état où il y a un travail au crayon, probablement
de la main de Rembrandt, qui élargit le rideau et remplit le fond. Peut-être est-ce l'estampe de Verstolk.
Verstolk, avec des retouches dans le fond, 1,133 fr.
On voit, au British Museum, une épreuve de cet
Dans ces deux premiers états, la planche est plus grande : elle a 289 mill. de hauteur sur 186 de
largeur.
Troisième Érar. La planche a été réduite et coupée en forme octogone, mais on a lais
é dans le milieu
deux petites projections de chaque côté en forme d’oreille ou onglet. Le fond est retravaillé ; un arceau y a été introduit, ce qui rend l’ombre presque noire; un rideau pend sur la droite, mais ses plis sont mal défini
ais, et son contour de la gauche, à l'endroit où il s'élève au-dessus de l’arceau, est seulement
ébauché; le grand livre ouvert sur la table est maintenant un in-folio plus haut que large. Sur un des
es dans le haut, en dehors du sujet : Rembrandt ft., et, sur l’autre, 1635. Dans le bas, les quatre
rs latins dont nous avons parlé, Cabinet des estampes de Paris, Amsterdam, British Museum.
Robert-Dumesnil, 83 fr. 20 c.; Verstolk, 210 çfr.; Kalle, 631 fr. 25 c.; Didot, 710 fr. 35 c.; Schloesser, 1,712 fr. 50 c.
Quarrième Érar. Les projections ou onglets ont été coupés, et la planche est régulière.
Harrach, 475 fr.
Cinquième érar. Retouché. Les épreuves sont lourdes et tristes. Le contour gauche du rideau a été
porté jusqu’au haut de la planche, de façon que le rideau couvre le contour de l'arceau du côté gauche.
I1 paraît que la planche existe encore.
On connaît deux copies : 1° du mêmes
ns, d’après le cinquième état, sur une planche plus large; au delà de l'ovale du côté gauche, on lit: Copied by T.-F, Lewis; largeur, 108 mill.); au haut, à gauche : Worlidge
— 2° du sens opposé (hauteur, 161 mill.;
à droite :,
Wittenbogardus ou Uÿttenbogaerd était un célèbre prédicateur qui appartenait à la secte des Remontrants, disciples d'Arminius; il était né en 1557, et mourut à Amsterdam en 1644. Dans
un journal tenu par lui (publié par J. Tideman), il consigna ce renseignement intéressant, qu’à la
date du 13 avril 1633, Rembrandt peignit de lui un portrait destiné à un nommé Abraham Anthoniszoon. On ignore ce qu'est devenu ce tableau.
Tout le monde sait que vers le commencement du XVIIe siècle deux sectes rivales prirent naissance à l’université de Leyde : l’une, dont Jacques Arminius était le chef, tendait à mitiger les principes durs et sévères de Calvin, sur la prédestination et la grâce; l’autre avait pour fondateur François Gomar, qui soutenait les dogmes de Calvin dans toute leur rigidité. Toute la Hollande se partagea sur ces opinions.
Barneveldt, le Grand Pensionnaire, et ses amis se déclarèrent pour Arminius; Maurice de Nassau, le stathouder, dont Barneveldt s’était efforcé de limiter le pouvoir, se prononça pour le parti contraire. Il fit convoquer, en 1618, le synode de Dordrecht, composé des députés de presque toutes les églises calvinistes de l’Europe. Le synode condamna les Arminiens avec la plus grande rigueur. Barneveldt et les chefs du parti arminien furent arrêtés. Le Grand Pensionnaire fut jugé par vingt-six commissaires vendus à Maurice, et, sous prétexte de crimes imaginaires, il fut condamné à mort, et périt sur l’échafaud le 13 mai 1619. Un de ses fils eut le même sort en 1625 pour n’avoir pas révélé un complot que son frère avait formé contre Maurice. On sait aussi que le célèbre Grotius subit une longue détention pour avoir partagé les opinions d’Arminius. Le dé
vouement de sa femme, qui facilita son évasion, est justement célèbre.
Wttenbogardus, qui avait suivi Maurice de Nassau dans toutes ses campagnes pendant quinze 8: D 8 (
années, en qualité de chapelain, fut enveloppé dans la persécution: qui frappa les Arminiens.
Obligé de fuir la Hollande, il se réfugia d’abord à
à Amiens, et ensuite à Paris. Il fut assigné à comparaître devant le synode de Dordrecht et condamné par contumace au bannissement et à la confiscation de ses biens. Toutefois, dans son malheur, il n'avait pas perdu l'amitié de Louise de Coligny,
veuve de Guillaume le Taciturne, et de son fils Frédéric-Henri, frère consanguin de Maurice; il
continua à correspondre avec eux en langue française. Pendant son séjour en F ance, il se rendit à Rouen, où l'archevêque le recut avec de grands égards, essayant, mais sans succès, d'opérer un
rapprochement entre les é
ses divisées : Wittenbogardus fut inébranlable.
Lorsque Frédéric-Henri suc
‘da à son frère, en 1625, l’arminien proscrit obtint la permission de revenir en Hollande. Grâce à l'amitié du nouveau stathouder, il fut tolér
continua à prêcher jusqu’à la fin de ses jours
à La Haye, où il
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