‹ L'Œuvre de Claude BernardChapitre 5 sur 419 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

Le caractère essentiel de toutes les publications de Claude Bernard est celui d'un recueil de faits ; la théorie n'y est qu'accessoire et provisoire : il en résulte que par exemple les expériences publiées dans la longue série des volumes du Coings de médecme du Collège de France forment une mine inépuisable où chacun aujourd'hui et pendant longtemps pourra venir chercher les faits nécessaires pour tel ou tel ordre de recherches. Mais comment arriver à ces faits, sans un guide alphabétique, sans une table qui permette de retrouver telle expérience dont l'exposé est venu, ainsi qu'il arrivait si souvent à Cl. Bernard, s'intercaler d'une manière incidente dans l'étude d'une question appartenant en apparence à un tout autre sujet ?

D'autre part les opinions théoriques de Cl. Bernard ont pu paraître parfois contradictoires; par exemple sa manière de voir au sujet des vaso-moteurs constricteurs et dilatateurs a été diversement comprise, et pour les opinions en apparence ou réellement contradictoires qu'on lui a prêtées, on a pu trouver dans ses leçons des passages propres à appuyer ces interprétations. C'est, il faut le répéter, que Cl. Bernard ne faisait de théorie que comme échafaudage provisoire pour élever l'édifice des faits, et que ces idées théoriques, ces échafaudages, il les considérait comme destinés à disparaître, et les abandonnait lui-même dès qu'ils devenaient inutiles ou dangereux. C'est là toute une série d'évolutions scientifiques qu'il est curieux de suivre, et dont la plupart marquent des dates mémorables soit pour l'étude du diabète, soit pour celle de la chaleur animale, ou de l'asphyxie, etc., évolutions dont on se formerait une idée fausse et incomplète en s'en tenant à quelques passages pris au hasard sur chacune de ces questions. Une table indicatrice rigoureusement renseignée permettra à chacun de reconstituer ces sortes d'historiques

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