La Terre, par .M. Iliiiilc Zola
différent de celui du livre de Balzac, il est aisé de voir que la même idée principale, l'amour du paysan pour la terre, a servi de base à cet écrivain. Et, à ce propos, nous trouvons que l'obligation de lire les Paysans^ de Balzac, s'impose plus que jamais, afin que la critique puisse comparer cette scène de la vie poli: tique et de campagne au roman contemporain écrit sur le même sujet. Le résultat du rapprochement à faire n'est pas douteux. — L'œuvre du naturaliste, sans parler de son style, qui insulte à tout moment la langue française, est une vulgaire étude du crime, conséquence des dissensions intimes d'une famille de paysans. Nous voulons bien que les faits racontés aient quelque vraisemblance, mais nous ne pouvons les admettre comme règle générale de la conduite du paysan. Le parricide et le fratricide, inspirés par les disputes intestines s'élevant au sujet de l'héritage d'un bien, terre ou argent, sont heureusement l'exception aussi bien à la campagne qu'à la ville, dans la chaumière du pauvre ou le palais du riche. Le roman qui en présente l'étude perd son caractère de généralité, et l'auteur n'y prouve réellement rien de ce qu'il veut. Il serait édifiant pour nous, qu'on dût exclusivement penser des gens de la campagne tout le mal qu'en a dit le romancier naturaliste!... Les trois quarts du peuple français mériteraient alors d'être traduits en cour d'assises. — Balzac, en parlant de l'assassinat du garde général du château des Aygues, donne à ce crime un caractère tout politique. Les tentatives de Bonnébault contre le général de Montcornet ne sont point le fait d'une haine intime d'homme à homme; c'est comme le premier coup de canon d'une bataille livrée entre deux classes d'individus représentant des principes et des intérêts opposés. C'est, en un mot, le prélude d'une révolution sociale. Cette manière d'exphquer le crime, non d'un seul homme, mais de tout un parti, résultant des intérêts de ce parti, qui sont pour les paysans la conquête du sol, a complètement échappé à l'imitateur maladroit de Balzac. Aussi son livre, en dehors de ses autres défauts dont nous nous abstenons de parler, est-il un contresens. Les • faits de l'intrigue, étant tout intimes, n'y démontrent aucune-
SCÈNES DE LA VIE POLITIQUE, MILITAIRE, ETC. 3H ment Tidée générale en vue, l'amour du paysan pour la terre. B 1 il faut le dire, a jugé avec une sévérité excepfonnelle certTins Côtés des mœurs de la campagne et de la bourgeo.s, des petites villes; mais il s'est contenu dans les ornes d un^, sag mesure et, du reste, son but s'explique parfa.teraent, ^ous ne sommes plus, dans (es Payons, aux Seines de lav.e de p.,nnce^ L'étude des mœurs individuelles est ici tout à fa.t seeonda.re, e les ivpes d'une immoralité répugnante qu'on y rencontre n ont été créés que pour les besoins de l'idée à laquelle on do,t le