La Division de la Statistique et des Publications
Outre ces divisions, il y a d’autres activités qui s'organisent ou qui se développent, et qui, avec le temps, seront sans doute classées en divisions particulières et dirigées chacune par un chef responsable. On peut citer en particulier le boisement de la ferme et l’enseignement scientifique que donnent dans les districts les représentants du ministère. Pour montrer le progrès accompli, je me permets de rappeler ici qu’en 1890 les dépenses totales de l’agriculture et de l'immigration étaient de $8177,014.00: en 1910. elles s’élevaient à $748,169.00, non comprises celles du compte de capital. Déduction faite du revenu, les dépenses nettes, en 1890, étaient de $156,136, et de $634,712, en 1910.
Une Oeuvre Le travail d’un ministère provincial de l'Agriculture d'éducation est une œuvre éducatrice. La liste précitée des diverses divisions montre une grande variété d'activités et de dépenses. L'étude des conditions géologiques et géographiques de l'Ontario, la connaissance de la composition de ses habitants nous font voir la variété des fins agricoles et la raison de la création de tant de divisions dans le ministère de l'Agriculture. Il y a dans les divisions susmentionnées des genres de travaux que l'on ne remarque pas de prime abord, mais qui en font partie. C’est ainsi qu’à la division de l’Horticulture, on a rattaché les sociétés d’embellissements des cités et des villes, ainsi que la culture des légumes: la division des fruits comprend aussi l’apieulture et l’entomologie ; les volailles sont rattachées à la division du bétail. Le sol et le climat de l'Ontario sont très variés: la classe agricole est également très mixte. Les premiers colons étaient d'origines diverses: l’Angleterre, l’Ecosse et l'Irlande en ont fourni un grand contingent. On trouve des Canadiens-Français établis dans l'est, le sud-ouest et dans les nouvelles régions du nord. Des colons Allemands sont établis en grands nombres dans une demi-douzaine des comtés de l’ouest-central. On peut remarquer d’ailleurs que l'Ontario, grâce à des conditions favorables, est devenue une grande province manufacturière. En conséquence, l’agriculture est un problème qui offre de l'intérêt,
Une Population En 1909, la population rurale de l'Ontario était de Rurale 1,050,000, soit exactement le même chiffre qu’en 1872. en suivante, la population urbaine comptait 375,000 âmes, soit exactement celle de Toronto, aujourd’hui: cette population des villes excède actuellement un million et un quart.
Au cours de ces années, outre l'accroissement de la population urbaine d'environ 900,000, nous avons fourni des sujets au Grand Nord-Ouest, pendant vingt-cinq années. A prendre ces deux mouvements en considération, il est surprenant de constater que la classe rurale ait pu se maintenir à ce point. Après avoir, pendant quelques années, fait une étude des statistiques que j'ai pu me proeurer et des districts que j'ai parcourus, je conclus que dans l'Ontario l’agriculture suit une marche ascendante qui commence à attirer sur elle l’attention. La population rurale a augmenté constamment de 1867 à 1886, année de la mise en service du chemin de fer Canadien du Pacifique. Depuis lors, la marche descendante a continué jusqu'en 1906. Actuellement, cette population augmente encore en nombre, mais sa marche est lente. Ajoutons-y une augmentation sensible de la valeur de la propriété rurale de la province, ainsi que de la production agricole, d'année en année.
La Sihition: Ce que nous cherchons à obtenir, c’est l’agriculture in- Culture tensive et la production d'articlesalimentaires d’une qua- Intensive
lité supérieure. Ceux qui ont étudié le problème savent que ce n'est pas une tâche facile. On nous a maintes fois rappelé l'exemple des cultivateurs prospères des pays de l'Europe —et il est bon de le tenir constamment devant les yeux de notre population— mais, il va sans dire que les conditions sont différentes. En ces pays, la terre est chère, et le prix de la main-d'œuvre peu élevé, chez nous c’est l'inverse. Done, la culture des terres d’un prix minime avec une main-d'œuvre coûteuse, suivant des plans et des méthodes qui, tout en récompensant le cultivateur d’une manière satisfaisante, conserveront au sol ses ressources, est un problème intéressant et complexe. Pour ce qui concerne l'Ontario, actuellement, suivant nos méthodes de culture agricole, il ne s’agit pas tant de la conservation du sol que de celle de la main-d'œuvre. Nous cherchons maintenant à rendre le travail plus effectif. Nous avons des millions d’acres qu’il faudra drainer; le drainage, s’il peut s'effectuer facilement, aura pour effet d'augmenter la production, —c'est pourquoi, on vient d'entreprendre une campagne de drainages souterrains très active. Nous avons quelques milliers d’arbres dont nous prenons bien soin. qui produisent de bons fruits: mais (et je ne crois pas exagérer) nous négligeons des millions quine produisent pas ou dont nous retirons plus où moins de profit. Au cours des années dernières nous avons démontré que nous avons des pommeraies négligées, qui figureraient parmi nos plus grandes ressources, —delà notre campagne en faveur des /ergers. On trouve dans les fermes plus d’un million de vaches à lait dont chacune produit une moyenne de 4,000 livres de lait par année. Si l’on abattait
200,000 de celles ‘‘ui produisent le moins, il y aurait économie de main-d'œuvre, de nourriture et, pour résultat, des profits notables, —tel est l’objet de notre campagne en faveur de l’industrie laitière. Nous pourrions nommer d’autres sujets d'activité. La clef du succès, en agriculture, dans l'Ontario, c’est l'emploi plus judicieux de notre travail.
Voyons maintenant de quelle manière le ministère Comment le
Ministère prend part au mouvement. En 1874, fut fondé le ne Collège Agricole de l'Ontario. Pendant plusieurs an-
nées cette institution n’eut qu’une existence languissante: les élèves et les amis étaient peu nombreux; il n’exerçait guère d'influence sur la classe agricole. Aujourd’hui, et depuis quelques années, il regorge d'étudiants. J'y ai compté 134 élèves: depuis quelques années, plus de 1,000 jeunes gens ont suivi les différents cours. Comment a-t-on obtenu ce résultat ? Premièrement, les professeurs ont organisé des assemblées de cultivateurs; ils leur adressent la parole; ils se sont mis en rapport avec les fermiers, se sont familiarisés avec leurs travaux; deuxièmement, le travail d’expérimentation du Collège est enseigné à des milliers de cultivateurs par l'intermédiaire de “l’Union Expérimentale”’; troisièmement, 40,000 cultivateurs sont amenés chaque année au Collège, pour voir par eux-mêmes ce qui s’y fait. Bref, l’Institution comme selle, n'avait que peu d'utilité; mais dès quelle a été mise en rapport avec la ferme, il s’en est suivi intérêt, appui et coopération. Permettez-moi de vous citer un autre exemple. La province de l'Ontario est renommée par son industrie laitière et la fabrication de ses fromages. Il y a dix ou douze ans, elle fabriquait des fromages classifiés comme bons, mauvais ou médiocres. Il existait des écoles, des associations, des rapports et des bulletins de l’industrie laitière. Tout cela était nécessaire; leur action produisait de bons résultats partout où elle se faisait sentir, mais, malheureusement, elle n’atteignait pas les fabricants de fromage et les laitiers rétrogrades ou indifférents. Depuis un certain nombre d'années, une trentaine ou plus de fabricants-experts de fromage et de beurre visitent les diverses fabriques, appliquent sur place les meilleures méthodes de fabrication, fournissant ainsi une aide qui n'aurait d’effet que si elle était appliquée par qui de droit et en temps opportun. Quel en est le résultat? Les commerçants nous assurent que les fromages et les beurres fabriqués dans l'Ontario n’ont jamais atteint un plus haut degré de qualité qu’en 1910. Du reste, nous avons établi une loi ordonnant qu’à partir du ler. janvier 1911, personne ne sera admis à diriger une fabrique de beurre ou de fromage, à moins qu’il ne possède un certificat de qualification; la
même loi exige que chaque fabrique soit enregistrée. Nous devons ces résultats à l'emploi des meilleures méthodes dans nos fabriques. Nos instructeurs eux-mêmes se rendent sur place et se mettent en rapport avec les fournisseurs de lait.
Il découle de cette expérience « ue, si nous voulons Iue,
Se Mettre : z en rapport que tous nos cultivateurs ou la plus grande partie avec le d’entre eux drainent leurs terres, emploient les meil- Cultivateur
leures semences, s'occupent de leurs vergers, améliorent leurs vaches, n’élèvent que des animaux de rapport, et, en un mot, obtiennent le meilleur résultat de leurs efforts, nous devons nous approcher d'eux et nous intéresser à eux en les dirigeant. C’est ainsi qu’en 1907, nous avons pu démontrer la valeur des instructions personnelles sur une grande étendue. La direction doit venir du ministère de l'Agriculture établi dans la capitale de la province. Il] nous faut un collège d'agriculture, situé en un endroit quelconque d'accès facile, pour l'instruction des hommes qui seront appelés à enseigner et à diriger. Nous avons besoin de fermes expérimentales pour effectuer des expérimentations culturales et arriver à des résultats pratiques. Mais, après plusieurs années d’expérience, nous avons trouvé que l’utilité de ces institutions était limitée; seules elles étaient impuissantes à régénérer la grande masse des cultivateurs, —elles aidaient ceux qui demandaient leur assistance, qui en avaient besoin, et qui l’obtenaient parce qu'ils en appréciaient la valeur, mais la majorité des cultivateurs ne s’arrétait pas à ces considérations. Le ministère de l'Education a voulu aussi établir quelque mode d'instruction agricole dans les écoles rurales. Grâce à l'effort conjoint de ces deux ministères, nous avons décidé de placer des élèves gradués du Collège agricole dans les différents comtés pour y enseigner l’agriculture et pour diriger les améliorations agricoles. En d’autres mots, nous avons établi des succursales de notre ministère et rapproché le Collège d'agriculture du foyer du cultivateur. Nous avons fourni à nos représentants le moyen (’aller voir le cultivateur dans son champ, de visiter son verger, sa laiterie; et, ce qui inspire le plus de confiance au cultivateur, cet instructeur vient à lui jusque dans sa demeure. Bien plus, celui-ei ne se contente pas de passer parmi les cultivateurs, il s'établit au milieu d'eux, et dès que ces hommes ont fait sa connaissance, des rapports amicaux naissent entre eux et lui; il leur inspire la confiance par sa franchise et son habileté à leur venir en aide.
En 1907, le gouvernement établit ce travail d'éducation dans six comtés; en 1910, quinze comtés étaient dotés de bureaux, d’instructeurs et d’adjoints. On a si bien apprécié le travail, le succès obtenu a été si marqué, que l'on se demande comment on
pourra fournir les mêmes avantages aux autres comtés. Les hommes destinés à cette œuvre sont choisis avec soin. Le ministère de l'Education leur verse leurs appointements, et le ministère de l’Agriculture fournit les fonds voulus pour couvrir les frais de bureaux, la rétribution des adjoints et les dépenses imprévues. Le conseil du comté est tenu, en vertu d’un statut, de fournir $500 par année pour défrayer les dépenses. Chaque instructeur est attaché à une école secondaire où, pendant les mois d’hiveril enseigne les principes de l’agriculture; ces cours ont une durée de un à trois mois. Plus tard, nous comptons établir des classes continues. Jusqu’à présent, nous avons suivi le plan tracé par le bureau central. Le programme comprend une courte étude sur le bétail, la sélection des semences, les expériences de drainage, les expositions des grains de semence, les concours publies et scolaires sur la cuiture de petites pièces de céréales, la manière de raviver d’anciens vergers, l'expérimentation des engrais, l'emploi des méthodes améliorées par les cultivateurs eux-mêmes sur leurs propres terres. Permettez-moi de faire ressortir ce point: en général, nous n’améliorons guère le travail du cultivateur en lui adressant des rapports ou des brochures, en lui donnant des explications à une réunion au Collège, en le promenant sur une ferme expérimentale, mais c’est en le dirigeant dans son travail sur sa terre qu'il retirera de meilleurs bénéfices, grâce à ses propres efforts: voilà la clef du succès de cette entreprise. Le but général de ce travail est de mettre les meilleures métkodes de culture à la portée du cultivateur, d’y attirer son attention, d’exciter son intérêt, de les lui faire adopter. Quand on désigne un homme pour un comté, on lui recommande d'étudier son monde, ses conditions et ses besoins et d’agir en conséquence. Il reçoit toute latitude d'action; mais, naturellement, il demeure en rapport intime avec le ministère et toutes ses divisions. Le premier résultat que nous obtenons c’est l'intérêt qui se manifeste chez le cultivateur. Celui-ci se rend cempte, pour la première fois peutêtre, que l’organisation gouvernementale a été créée pour un but spécial, qui consiste à aider le cultivateur à se faire une existence plus prospère et plus aisée. Quand on a réussi à faire naître ce sentiment, le reste va de soi. Alors toute l’organisation agricole fonctionne avantageusement. L'homme “sur place” implante dans son comté toutes les ressources de l’organisation ministérielle du gouvernement, dont le cultivateur peut avoir une vague intuition, mais dont il a pu mettre en doute l'utilité. Les “instructeurs” et les “experts”” sont des hommes comme lui, prêts à l'aider; pour lui le temps de parler est passé, celui d'agir est présent. Nous possédons, sous plusieurs rapports, une organisation agricole complète. Nous l’appliquons au travail du cultivateur. et les expériences directes
portent leurs fruits. Pendant l’année 1910, plus de cent hommes étaient occupés différemment; les uns enseignaient la manière de conduire un drainage; d’autres celle de fabriquer le beurre et le fromage; quelques-uns indiquant comment il faut émonder et arroser les arbres; quelques autres enseignaient la sélection des gemences; ceux-ci la manière de surveiller la croissance des réco!eg de toute nature, ceux-là organisant des associations coopératives et aidant à l'écoulement des produits.
Fes Et quel en a été le résultat? Les cultivateurs in- Résultats différents ou opposés à l’ingérence du gouvernement, et qui critiquaient les dépenses, sont maintenant pleins d'enthousiasme : leur présence aux assemblées de démonstrations pratiques a augmenté d’une façon étonnante, et l’on prend, pour les diverses branches de l’agriculture, un intérêt inconnu jusqu’à ce jour. On sent qu’il règne un air de progrès pour l’agriculture. On cultive intensivement, on spécialise la production: partout où l’on a établi ce système d’une façon suivie, on constate une augmentation notable de la valeur des fermes. Les deux facteurs qui contribuent à ces résultats sont: d’abord, les expérimentations avec de meilleures méthodes; et, en second lieu, l'installation permanente en divers endroits d'hommes qualifiés pour initier le mouvement et le diriger. Le gouvernement fut le premier à établir cette organisation en 1907; nous avons maintenant des représentants dans qunize comtés, et nous avons l'intention d'étendre le travail à tous les autres comtés et districts de la province. Il va sans dire qu'il y a des dépenses; les appointements de l’instructeur sont de $1,200 par année, ceux de son adjoint et les frais de bureau, plus les dépenses imprévues, forment un autre montant au moins égal au précédent; mais l'argent du public ne saurait être dépensé pour une meilleure fin; en réalité, c'est grâce à ce travail que les autres dépenses consacrées à l’agriculture produisent d’heureux résultats. Je ne crains pas de prédire que le jour où nous aurons organisé toute la province de l'Ontario et que nous aurons à l’œuvre cinquante instructeurs et leurs adjoints, nous aurons, au cours des dix années prochaines, doublé le rendement des fermes. Il vaut la peine d’y dépenser l'argent du peuple, car c’est le peuple qui en reti-era le bénéfice.
L'oeuvre appliquée au Comté
Les faits énoncés précédemment concernant la valeur du travail de démonstration sont d’un caractère général. En vue de fournir de plus amples renseignements et d’énumérer les divers genres de travaux possibles, on a extrait ce qui suit des rapports des instruc-
teurs à l’œuvie dans quatre comtés: et ces données, ajoutées à celles qui précèdent, serviront à les compléter.
Comté de RÉSUMÉ DU TRAVAIL.—1. Visites personnelles chez Dundas autant de citoyens que possible de mon district pour me faire connaître d’eux et par là attirer leur confiance.
2. Conseils donnés au bureau, de vive voix et par correspondance.
3. Cours abrégés de trois mois pour jeunes gens au Collegiate Institute.
4. Organisation et cours abrégés de trois jours (5 cours abrégés, I au cercle des producteurs de fruits.
5. Organisation de cercles agricoles: surveillance de ces cercles.
6. Conduite d’excursions aux écoles d'agriculture, dont aeux au Collège Macdonald, au cours de 1910.
7. Travail préparatoire à l’organisation des sociétés d’horticulture.
8. Création d’un courant d'intérêt des sociétés agricoles et des cultivateurs sur les concours des récoltes sur pied. (Trois ouverts en 1910).
9. Distribution aux cultivateurs intelligents de semences provenant des récoltes auxquelles furent accordés des prix aux concours de 1909.
10. Leçons pratiques (trois) sur l’arrosage de la moutarde des champs.