DÉMOCRITE RIANT
Madrid. Musée, 1602.
Toile. H. 1 8 1 , L. 64.
'est une figure nue, à tête chauve, à barbe grise. Une fourrure lui couvre les reins et, passant derrière le dos, revient sur l'épaule. Il tient la main droite levée et la gauche appuyée sur un masque posé sur un petit piédestal. Personnage franchement joyeux, le corps ample, la peau très brune, avec de fortes rides et de chauds reflets. L’ouvrage vaut mieux
que le précédent, mais il est encore bien faible pour Rubens. Il n’a rien de
sa blonde lumière, de son vif éclat, de sa haute originalité. Il est fait hâtivement et simplement.
Au mois de mars i6o3, Rubens fut envoyé par Vincent de Gonzague, duc
de Mantoue en Espagne pour y porter différents présents au roi et à
plusieurs grands de la cour et pour faire éventuellement le portrait de quelques dames de l’entourage de Philippe III. Rubens arriva à Valladolid le i3 mai et il y dut attendre le roi jusqu’au commencement de juillet. Il mit à profit ces six ou sept semaines pour retoucher les tableaux qu’il devait offrir au duc de Lerme et qui avaient beaucoup souffert de l’intempérie de l’air et des difficultés du transport. Deux de ces tableaux, un St-Jecin d’après Raphaël et une Madone, copiés à Rome par Pietro Facchetti, étant irréparablement perdus, Rubens prit sur lui de les remplacer par Y Heraclite et le Dêmocrite que nous venons de décrire. Le i3 juillet i6o3, il offrit ces deux peintures au ministre de Philippe III, avec celles que son maître lui avait confiées (1).
Elles devinrent la propriété du roi d’Espagne, probablement après la confiscation des biens du duc de Lerme sous Philippe IV.
Photographie : J. Laurent.
(1) Ch. RüELENS : Correspondance de Rubens. I. 1 68- 1 86. — A. BASCHET : Pierre Paul Rubens à Mantoue (Gazette des Beaux-Arts, ir mai 1866, p. 443-447).
7gg. ARCHIMEDE.
Madrid. Musée, i6o3.
Toile. H. 179, L. 66.
'est une bonne figure de vieillard, à crâne dénudé, à barbe et cheveux gris. Il porte un manteau rouge, un vêtement purpurin et a les deux mains placées sur un globe. La lumière est claire et abondante. La peinture est croustillante, mais hâtive.
La pièce semble avoir été faite en i6o3, en même temps que Y Heraclite et le Démocrite , et avoir formé une même série avec ces deux pièces.
Photographie : J. Laurent.