ISABELLE BRANT
Collection du duc de Norfolk.
sabelle Brant est représentée presque de face et à mi-corps. Les cheveux sont relevés sur le front. Elle porte au cou une double rangée de perles et sur sa robe le collier à triple tour que nous voyons aussi dans son portrait du musée de l’Ermitage à St. Pétersbourg. Le corsage est largement échancré et laisse voir les seins. D’une main, elle retient sa mantille ; de l’autre, elle tient un livre d’heures entre les feuilles duquel elle a passé un doigt.
Waagen dit du portrait qu’il est d’une exécution très alerte et d’un ton merveilleusement chaud et clair (1).
Smith (Catalogue. II, 1186) décrit un portrait entièrement semblable, intitulé Hélène Fourment , appartenant à T. B. H. Owen, en i83o, et provenant, selon l’auteur, de la collection van Havre, d’Anvers, où Buchanan l’aurait payé 8000 francs et où il aurait formé une série d’effigies avec le portrait d’Hélène Fourment et le Chapeau de paille. Dans la collection van Havre, il n’y avait pas de portrait de la seconde femme de Rubens et celui d’Isabelle Brant (notre n° 889) appartient, depuis 1820, à la famille royale d’Angleterre.
Dans un tableau, représentant la galerie de Léopold-Guillaume, gouverneur des Pays-Bas, que possède la galerie de Schleissheim (n° 811), on voit figurer le portrait d’Isabelle Brant dans la pose qu’elle a dans le présent tableau.
Gravure: V. S. 3o, G. S. et J. G. Facius, 1782.
(1) WAAGEN : Treasures of art in Great Britain. II, 86.
goo. ISABELLE BRANT.
St. Pétersbourg. Galerie de l’Ermitage, 575. Toile. H. 1 5 3 , L. 77.
a première femme de Rubens est assise dans un fauteuil de velours écarlate ; elle est vue jusqu’au-dessous du genou ; une des mains repose sur la jambe et tient une rose blanche, l’autre s’appuie sur un des bras du fauteuil et tient un éventail de plumes d’autruche. Le jupon de la robe est rayé de jaune d’or et de rouge, le corsage et les manches sont de la même étoffe. Par dessus le tout, elle a revêtu un mantelet en soie, noire; le col, la chemisette et les manchettes sont en dentelles. Elle porte un collier de perles fines, une chaîne d’or qui s’enfonce dans le corsage et une seconde chaîne au-dessus du mantelet, la même que porte Hélène Lourment dans son portrait de la même galerie, n° 5j6. A droite, on aperçoit le portique de la maison de Rubens, du côté de la cour; à travers les arcades, on distingue les arbres du jardin. Dans le fond, à gauche, une balustrade sur laquelle se trouve une statue, un rideau rouge et un ciel nuageux.
C’est un portrait extrêmement remarquable, dans un ton doré et croustillant, très soigneusement- et largement fait, avec des empâtements abondants, d’un coloris fort riche et d’une lumière abondante.
Isabelle Brant a certainement dépassé la trentaine et le tableau la représente à la fin de sa vie, vers 1025.
Le fond et les accessoires sont faits par un élève, le maître a peint la figure presqu’entièrement ; il a surpeint le corsage et légèrement retouché le reste de l’habillement.
Le portrait provient de la collection Crozat, baron de Thiers. Avec un portrait par Jordaens, il fut payé 4800 livres.
Le musée de Dijon (n° 71) possède une copie du buste de ce portrait (Toile. H. 86, L. 70).
Photographies (du tableau du musée de l’Ermitage) : A. Braun ; Anonyme ; (le buste seul de ce portrait) A. Braun ; (le tableau du musée de Dijon) Schahl.