‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 2)Chapitre 174 sur 302 · MARIE DE MÉDICIS (Reine de France · texte numérisé non relu

MARIE DE MÉDICIS (Reine de France

Madrid. Musée, 1606.

Toile. H. i3o, L. 108.

a reine est assise sur une chaise, dont le dossier en cuir noir est seulement indiqué. Elle n’est plus jeune. Les cheveux sont gris, le visage et la taille ont pris de l’embonpoint. Elle porte un collier et des pendants de grosses perles fines. Au pouce de la main droite, on voit

une bague. La robe n’est qu’une masse noire presqu’informe, sur laquelle les manchettes et le collet en fine mousseline se détachent lumineusement. La tête et les mains sont achevées ; elles sont sobrement peintes avec un moelleux et une délicatesse rares. Nulle part, dans l’œuvre de Rubens, la reine n’a la haute distinction qu’elle a ici; nulle part, elle n’a cette sérénité dans le regard, cette dignité dans la pose, qui la ferait toujours saluer du nom de reine quand même on ne la reconnaîtrait pas dans son portrait. Sa chair blanche, à peine rosée sur les pommettes des joues, est bien mise eti relief par la blancheur grise du linge, et par le noir épais de la robe ; l’expression des yeux est douce, la bouche close, les mains se reposent, l’une sur la ceinture, l’autre sur les genoux. Ces traits et ce maintien donnent un air de quiétude, de majesté calme à cette effigie superbe, un vrai chef-d’œuvre.

Le portrait est encore fort important comme document montrant la manière dont Rubens commençait ses travaux. Il est peint sur la toile uniquement couverte d’une couche de gris brun et de quelques tachés brunes, figurant grossièrement une tapisserie. Il est probable que le maitre voulait faire peindre les accessoires par un de ses élèves.

Tel qu’il est ici, le portrait est entièrement de la main de Rubens et fut fait .pendant un de ses séjours à Paris, entre 1622 et 1025.

C’est peut-être le tableau que le catalogue de la mortuaire de Rubens mentionne sous le n° 166: “ Un pourtrait de la Royne mère de France, sur toile. «

Gravure : L. Le Coûteux.

Photographies : A. Braun; J. Laurent.

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