DANS UNE OFFICE
Collection du marquis de Bute.
Toile. H. 168, L. 173.
« La servante, habillée d’une robe foncée, doublée de gris, et d’un jupon rouge, porte un grand plat d’argent dans la main droite qu’elle tient contre son corps. Elle entre dans un garde-manger ; de la main gauche, elle retient un petit garçon, assis sur la table, qui met la main sur des grappes de raisins entassées dans un panier à côté de lui, et tourne la tête pour regarder la servante et lui demander la permission d’en prendre. Un plat d’abricots est également sur la table ; une quantité de fruits et de légumes se trouvent par terre. Les accessoires sont de la main de Snyders (1). »
L’expression animée et le coloris lumineux et puissant font de cette pièce un tableau fort agréable. La figure de la servante et du petit garçon ont le caractère rubénien. Il est possible que ce soit un des enfants du maitre, mais la preuve manque.
Gravure : V. S. i3i, R. Earlom.
Voir planche 3i5.
Un Enfant de Rubens.
Francfort. Musée, 1 3 1 .
Panneau. H. 80, L. 56.
Un enfant, vu de face, brillant de santé et souriant, est assis dans une chaise de bois de gris verdâtre. Il porte un bonnet blanc serrant la tête, un
(1) SMITH : Catalogue. II, 915.
col de dentelle, une robe jaunâtre, des souliers bruns ; au cou, une croix suspendue à un collier à double tour. Il joue avec de la sucrerie posée sur la planchette de sa chaise. La peinture est chaude, claire et faite avec soin. On lit sur un des appui-bras de la chaise : « Ætatis suae i5 maenden A° 1627. »
Le tableau n’est pas de Rubens. La figure est trop boursouflée et trop grassement luisante ; les habits manquent de vigueur dans la touche. C’est probablement un enfant de Corneille De Vos, peint par son père ; le même que nous voyons dans le tableau du musée de Bruxelles « Corneille de Vos et sa famille. « S’il en était ainsi, le portrait serait celui de Susanne, la quatrième enfant de l’artiste, née le 24 septembre 1626.
Le tableau a appartenu, de 1737 à 1762, au duc de Valentinois, prince de Monaco. Le musée de Francfort l’acheta de J. Noé, en 1828, au prix de q5oo fl.
Gravures : V. S. 127, Salvador ; 128, Fritz Neumuller (chromolithographie) Non citées: F. Heister (lithographie) ; J. Eissenhardt (eau-forte).
Un Fils de Rubens.
Erin Corr a gravé un portrait d’enfant, vu de trois quarts. Un chapeau à plumes est posé de biais sur ses cheveux bouclés ; un large col couvre les épaules ; à la ceinture, il porte trois grelots. Le portrait est nommé : « le Fils de Rubens. »
Gravure: V. S. i3o, Erin Corr, i832.
Une Fille de Rubens.
Collection du comte de Warvick.
Toile. H. 1 3 1 , L. 110.
« Un petit chapeau, orné d’une plume bleue, couvre les cheveux blonds de cette gracieuse enfant. Elle porte un collier en corail, auquel pend une croix d’or ; un autre collier, à double rang de perles, est passé en écharpe sur sa robe gris de fer. Une sonnette en argent est attachée à sa ceinture. Elle tient dans la main gauche un bâtonnet et dans la droite le fil du chardonneret avec lequel elle joue. Le fond du tableau représente le jardin de Rubens à son château de Steen (1). -
(1) Catalogue de la vente Schamp d'Aveschoot, n° 1 1 5 .
Le tableau fut adjugé dans la vente Schamp d’Aveschoot (Gand, 1840) à 520 francs.
Il a figuré à l’exposition de Manchester en 1857 (1).
La Famille de Rubens.
Dans la vente Gillott (Londres, 1872), on adjugea, pour i23o guinées, à Colnaghi, un tableau de Rubens « La famille de Rubens (H. 225, L. 203) « provenant du palais Balbi de Gênes, (2).
Les gravures suivantes représentent, soi-disant, des enfants de la famille du maître.
Les trois Enfants de Rubens par P. J. Tassaert. Un petit garçon est monté sur un gros chien, que sa sœur plus âgée tient par le collier. Un enfant, debout dans une roulette, touche la queue du chien. Le tableau appartenait à J. Bertels quand, au siècle dernier, Tassaert le grava. L’œuvre nous semble être attribuée erronément à Rubens.
Gravure : V. S. i32, P. J. Tassaert.
La Famille de Rubens par P. J. Tassaert. Quatre enfants se tenant par la main deux à deux, sont réunis dans un appartement qui donne sur un jardin. Le plus jeune est coiffé d’un bourrelet et est monté sur un cheval de bois. Une jeune bonne d’enfant et une servante plus âgée, qui porte un panier de fruits, sont avec eux. La gravure a été faite d’après une miniature de Fruy tiers que possède la collection de la Reine d’Angleterre, à Windsor, et qui fut faite, dit-on, d’après un tableau de Rubens. Nous croyons que Rubens n’est point l’auteur de l’œuvre qui a servi de modèle à Fruytiers, si tant est que celui-ci ait suivi un tableau.
Gravure: V. S. 1 33 , P. J. Tassaert, 1768.
Rubens et sa Famille par James Watson, d’après Jacques Jordaens. Dix personnes sont rassemblées à une collation. Un homme jeune encore, le chapeau sur la tète, pince de la guitare ; à côté de lui, un homme plus âgé tient un verre à la main. De l’autre côté de la table se trouvent deux femmes avec plusieurs enfants. Une servante apporte un plateau chargé de
(1) BURGER : Trésors d Art en Angleterre. P. 194.
(2) Art journal 1872. P 187.
fruits ; des amours descendent du haut des airs avec des branches de feuillages. La gravure est faite d’après un tableau de jordaens qui se trouve au musée de l’Ermitage à St. Petersbourg, n° 652, et qui ne représente nullement la famille de Rubens. L’œuvre n’a donc rien de commun avec notre maître.
Gravure : V. S. 90 et 142, James Watson.
io55. DOMINIQUE RUZZOLA
(Prédicateur de l’empereur Ferdinand II, général de l’ordre des Carmélites, mort en i63o).
Toile. H. 94, L. 70.
ans la vente Schamp d’Aveschoot (Gand, 1840), on adjugea, pour la somme de 3i5o francs, à Smith, de Londres, un portrait du père Ruzzola que le catalogue de la vente décrit de la manière suivante : « Le confesseur d’Albert et d’Isabelle est représenté avec un manteau et un capuchon blanc qui ajoutent à l’expression sévère de sa figure. Il tient un crucifix dans ses mains. Ce portrait plein de vigueur et de vérité, a été peint par Rubens après son retour d’Italie, de sa manière la plus large, et avec quelques traits du style fier de Carrache. Il provient de la maison Latour-Taxis. On en trouve la gravure dans l’œuvre intitulée : De straelen van den heyligen vader Elias (1). «
Smith parle en ces termes du portrait : * Sa physionomie animée marque environ soixante ans. Il est vu presque de face. Ses cheveux rares sur les tempes sont blancs ainsi que sa barbe. Il est vêtu de la robe blanche de son ordre. Il est assis dans une grotte tenant des deux mains un crucifix. Un portrait vigoureux et admirablement peint. «
Le portrait fut vendu par Smith à Georges Blamire (2).
(1) De Stralen van de Sonne van den H. Vader en Propheet Elias dese eemv verspreydt door Duytsch-landt en Nederlandt, door den Eerw. P. F. Jacobus a Passione Domini. Luyck, Hendrick Hoyoux. 1681. — Dominicus a Jesu Maria, alias Ruzzola vint en 1621 dans les Pays-Bas, où il passa un court espace de temps au moment de la dernière maladie et après le de'cès de l’archiduc Albert. Le portrait gravé, sans nom de peintre ni de graveur, montre dans le fond la bataille de Prague.
(2) SMITH : Catalogue . II, 883 : IX, 187.
Gravé par P. DE JO DE
Pl. 3i6
io56. LE DUC DE SAJONIA.
Suivant Pacheco, Rubens peignit pendant son séjour à Madrid, en 1628-1629, un portrait du duc de Sajonia d’après le Titien (1).
io5 7. FRANÇOIS SFORZA (duc de Milan, 1401-1466).
e catalogue des tableaux trouvés dans la mortuaire de Rubens mentionne, sous le n° 5g, « Un pourtrait de François Sforza, le deuxième duc de Milan, « peint par Rubens d’après le Titien.
io58. JACQUES SFORZA (premier duc de Milan, 1369-1424).
l existe étages, portant La gravure Gravure: Y.
un buste, vu de profil, portant un curieux bonnet à quatre gravé par un anonyme, probablement Luc Vorsterman, et le nom de Mutius Attendulus Cognomine Sfortia. de ce portrait porte la mention : « Pet. Paul Rubens pinxit. « S. 275, Anonyme (Luc Vorsterman ?).
Sigismond III , roi de Pologne.
Munich. Pinacothèque, 801.
Toile. H. 217, L. 128.
Il est assis sur un trône, le sceptre et le globe dans la main, la couronne sur la tête. C’est un portrait parfaitement insignifiant, qui naguère était erronément attribué à Rubens. La dernière édition du catalogue de la pinacothèque de Munich le range dans l’œuvre de l’atelier et de l’école de Rubens.
La fille du roi Sigismond III, Anne-Catherine-Constance, femme du comte palatin Philippe-Guillaume de Neubourg, apporta les portraits de son père et de sa mère à Dusseldorf, où ils furent déposés dans la galerie, au commencement du XVIIIe siècle.
(1) CRUZADA VlLLAAMIL : Op. cit. P. 143.
io5g. AMBROISE SPINOLA
(Commandant des armées de l’infante Isabelle).
Brunswick. Musée, io3.
Panneau. H. 117,5, L. 85.
l est tourné de trois quarts et vu à peu près jusqu’aux genoux. Il pose une main sur le pommeau de son épée, l’autre sur son bâton de commandement, appuyé sur le sol. Il est nu-tête, les cheveux courts, la barbe pleine assez légère, la moustache retroussée. Au cou, il a une riche fraise en dentelle ; une cuirasse lui couvre la poitrine et les hanches ; les bras sont couverts d’une riche étoffe à ramages ; au bras droit, une écharpe est nouée. Sur la poitrine descend l’ordre de la Toison d’or. A côté de lui, sur une table, est posé son casque à plumets. Les carnations sont peintes
très légèrement, l’armure est soignée; toute la figure, rêveuse, manque de force.
Le tableau a quelque peu souffert, des fentes se sont formées dans le panneau et ont été retouchées ; la tête et les mains ont perdu de leur éclat.
Le tableau doit avoir été peint en 1025, lorsque Spinola, revenant du siège de Breda, passa par Anvers avec l’infante Isabelle. Bellori le dit positivement et nous avons tout lieu d’ajouter foi à ses paroles (1).
Dans une lettre à Pierre Dupuy, écrite le 2 septembre 1627, Rubens dit : « J’ai fait effectivement le portrait du marquis de Spinola d’après nature, mais il n’a point encore été gravé sur cuivre, à cause de mes autres occupations. * La gravure sur cuivre, dont il est question ici, n’a pas été exécutée. Le musée de Weimar possède un dessin attribué à Rubens, mais fait en réalité par un dessinateur, probablement Soutman, pour le graveur Louys. Le 20 janvier suivant, Rubens écrit au même : * Je ne doute pas que la renommée
du marquis de Spinola n’ait attiré sur son passage un immense concours de
peuple, car je connais la curiosité des Parisiens. Maintenant que vous aurez vu le personnage, vous pourrez bien mieux juger de la ressemblance du portrait ; je le continue et il est déjà fort avancé (2). »
Il faut croire que Rubens, dans ces deux lettres, parle de deux portraits différents, dont l’un était terminé en septembre 1627 et l’autre fort avancé
(1) Bf.LLORI : Vite dei pittori. I, 252.
(2) EMILE Gachet : Lettres inédites de Pierre-Paul Rubens. P. 1 3g.
en janvier 1628. Le premier est probablement une étude d’après nature ; le second, le portrait achevé et définitif.
La Spécification des peintures trouvées à la mortuaire de Rubens mentionne, sous le n° 98 : « Un pourtrait du marquis de Spinola, « peint par Rubens.
Le i3 janvier 1677, Michel Cortois présenta à l’examen des doyens de la confrérie de St. Luc, à Anvers, un portrait du marquis de Spinola, le casque à côté de lui. Ils le déclarèrent bien conditionné et de la main du maître (1).
Gravure : V. S. 80. P. De J ode. La gravure de De Jode reproduit dans un ovale le buste du marquis, sans les mains et sans le casque à côté de lui.
Photogravure : Photographische Gesellschaft, Berlin.
Photographie : Anonyme.
Voir planche 3i6.
Prague. Palais Nostitz.
Panneau. H. 114, L. 83.
ortrait entièrement semblable au précédent, excepté que les bras sont couverts par l’armure. Les carnations sont peintes comme celles du numéro précédent d’une pâte mince ; la cuirasse est plus chargée de couleur. Le tableau est de la main du maître, mais retouchée. Photographie : Anonyme.
St. Pétersbourg. Galerie du duc de Leuchtenberg.
Toile. H. ni, L. 82.
e portrait est entièrement semblable à celui du musée de Brunswick. Waagen dit qu’il est d’une expression très vivante, d’un coloris très chaud et très clair, d’une exécution très soignée (2). Le portrait est erronément attribué à Van Dyck dans la galerie du duc de Leuchtenberg. Gravure: N. Muxel.
(1) Resolutieboeck. I, 25.
(2) WAAGEN : Gemàldesammlungen 7 u St. Petersburg. P. 1 83.
Toile, H. 72, L. 58.
ans la vente du prince Demidoff de San Donato (Florence, 1880, n° 1148), un portrait de Spinola, de composition identique, fut adjugé à Berners pour la somme de 81,000 francs. Il était regardé par plusieurs comme apocryphe (1).
Gravure : Edm. Ramus (L’Art, 1 août 1887).
Ambroise Spinola.
Waagen signale encore dans la galerie de lord Hardwick à Wimpole un portrait du marquis Spinola, en buste, dans une riche armure, avec l’ordre de la Toison d’or et un collier blanc. Conception heureuse et animée, peinture soignée, coloris clair, dit-il (2).
Dans Warvick Castle, il mentionne un portrait d’Ambroise Spinola, avec un bâton de commandement, vu jusqu’aux genoux. « Il diffère sous beaucoup de rapports de Rubens, mais est exécuté avec un sentiment délicat de la nature, dans un ton brillant et fin (3). «
Dans le palais des marquis de Leganès, à Madrid, il existait également, au siècle dernier, un portrait d’Ambroise Spinola par Rubens (4).
io63. BRIGITTE SPINOLA.
Kingston Lacy. Collection E. G. Bankes.
Environ 275 de haut, sur 1 5o de large.
aagen décrit ce portrait de la manière suivante : « Portrait de la marquise Brigitte Spinola, comme fiancée du doge Doria, dans une splendide toilette de soie blanche, avec une large fraise et de riches joyaux en perles et pierres précieuses. Elle est assise dans un fauteuil. Dans le fond, des détails d’architecture. Le tableau est signé: « Petr. Paulus Rubens
(1) HERMAN RiEGEL : Beitràge 7 ur Niederlàndischen Kunstgeschichte. II, 59.
(2) WAAGEN : Treasures. IV, 519.
(3) WAAGEN : Treasures. III, 2 1 3 .
(4) MOLS : Rubeniana. M. S. 5733. P. 283.
EMMANUEL SUEYRO.
Gravé par P. DE JODE.
Pl. 3l 7
pinxit 1606. « L’auteur ajoute à cette description : * Pour quelqu’un qui,
comme moi, a écrit sur la vie et les œuvres de Rubens, ce tableau, peint dans la 29e année de son âge, est du plus haut intérêt. La tête est délicatement comprise, l’exécution n’a pas encore la liberté et la largeur de ses travaux postérieurs, mais elle est encore fondue, dans la manière d’Otto Venius. L’aspect général du tableau est sombre et contraste singulièrement avec les travaux postérieurs lumineux du maitre. «
Le portrait forme un pendant de celui de la marquise Marie, princesse de Grimaldi (Voir notre n° 962).
On ne saurait déterminer où Rubens a rencontré Brigitte Spinola, en 1606. Pour autant que nos renseignements permettent d’en juger, il passa toute cette année à Rome.
Un portrait de Brigitte Spinola Doria (H. i5o, L. 90), provenant de la collection de sir T. Murray, fut vendu 3oq livres sterling 10 shellings dans la collection de sir Thomas Lawrence (Londres, i83o).
Un portrait de la même fut racheté dans la collection Mac-Lean (Londres, i85q) pour la somme de 73 livres sterling.
]n autre portrait de Brigitte Spinola, peint la même année, par Rubens, nous' est connu par une lithographie, publiée dans l’Artiste, de Paris, lorsque le tableau appartenait au marchand d’art Horsin Déon. La marquise y est représentée debout, l’éventail dans la main droite, vêtue d’une riche toilette, des joyaux dans les cheveux, une large fraise autour du cou. Dans le fond, une façade de palais. Le tableau porte l’inscription : « Brigida Spinola Doria. Ann. Sal. 1606 Aet. Suae 22. »
Gravure : Lenhert (Lithographie).
io65. EMMANUEL SUEYRO
(Chevalier de l’ordre de Jésus Christ, historien, 1587-1629).
ous connaissons par la gravure de Pierre De Jode le portrait d’Emmanuel Sueyro, peint par Rubens. Il est représenté debout, vu jusqu’aux genoux, tourné de trois quarts. Il est nu-tête, couvert de son armure; une large fraise à double étage au cou ; la main gauche sur le pommeau de
son épée ; la main droite sur un livre ouvert, sur lequel il semble jurer. A côté de ce livre, son casque ; dans le coin supérieur gauche de la gravure, ses armoiries. A droite, en bas, la date 1624. L’inscription de la gravure est
« Emanuel Sueiro eques Militiae Dni Nri Jesu Christi etc. Aetat. an.