JEAN-CHRYSOSTOME VAN DER STERRE
(Abbé de St. Michel, i5gi-i652).
e portrait se trouvait au grand chœur de l’abbaye de St. Michel, à Anvers; mais, vers 1770, il fut transporté dans les appartements de l’abbé. Jean-Chrysostome Van der Sterre, né à Bois-le-Duc, vicaire général de l’ordre des Prémontrés, dans le Brabant et la Frise, fut nommé abbé de St. Michel en 162g.
L’auteur de la vie de St. Norbert dans les Acta Sanctorum (Juin. I, p. g57) dit de cet abbé de St. Michel et de son portrait : « Jean Chrysostome Van der Sterre, de Bois-le-Duc, fut créé abbé l’année de la mort de son prédécesseur et sacré le 7 octobre (162g). Pendant les 23 années de son règne, il orna de diverses manières l’église et l’abbaye. Dans la principale salle de cette dernière, il se fit peindre lui-même et tous ses prédécesseurs dans un tableau assez grand ; mais il se fit représenter lui-même sous les traits de l’abbé Waltman, au moment où celui-ci reçoit devant l’autel la crosse abbatiale des mains de St. Norbert, en même temps que la bénédiction du saint qui est représenté en habits d’officiant. «
1071. ANTOINE VAN DYCIv (Elève de Rubens, iSgg-iôqi).
Windsor. Collection royale.
Panneau. H. 83,- L. 60.
l est vu de trois quarts, la face amaigrie, la moustache relevée d’un côté, retombant de l’autre, le menton en galoche, garni au bout d’une légère barbiche en pointe. Au cou, il porte un col mou, le buste est couvert d’un manteau.
Le portrait est attribué à Van Dyck, mais les carnations nous paraissent être de Rubens. Les cheveux sont fort mal peints et ne sauraient être de ce dernier maitre. Le portrait a été remanié : le cadre primitif ne mesure que 64 sur 48 centimètres.
Dans la mortuaire de Rubens se trouvait un portrait non terminé de
Van Dyck qui fut adjugé au commis Maes pour la somme de 18 florins. Il avait été peint avant 1626 (1).
Ce pourrait bien être le portrait de la galerie de Windsor, terminé par une main inhabile. Le portrait de Van Dyck par Rubens se trouvait dans la collection de Jacques II et de Charles II d’Angleterre. Le catalogue de la première collection le décrit comme habillé à la hollandaise, celui de la seconde comme habillé à l’espagnole. Ces deux portraits sont probablement identiques à celui qui se trouve encore à Windsor.
Gravure : V. S. 246, W. Dickinson.
Voir planche 3i8.
1072. HENRI VAN THULDEN (Curé de St. Georges a Anvers, 1580-1617).
ans l’ancienne église St. Georges, à Anvers, un portrait de Henri Van Thulden, curé de la paroisse, par Rubens, ornait l’épitaphe du défunt. On lisait l’inscription suivante sur la pierre sépulcrale : « Henricus Tuldelius Buscoducensis S. T. L. qui Ecclesiæ huic et plebi annis VII Pastor praefuit profuit vita verbo. Qui faves aeternum ut vivat apprecare. Obiit A° MDCXVII Sept. XXVII aet. XXXVII (2). « Henri Van Thulden était probablement de la famille de Théodore Van Thulden, le peintre. Suivant Mois, ils étaient frères. Tous deux sont probablement parents de Théodore Van Thulden qui suit.
1073. LE DOCTEUR THÉODORE VAN THULDEN (Professeur de droit a l’université de Louvain, -(-1645).
Munich. Pinacothèque, 800.
Panneau. H. 121, L. 104.
l est vu jusqu’aux genoux, assis dans un fauteuil, tenant un livre dans la main gauche. La main droite est appuyée sur le bras du siège. Les cheveux sont bruns, la moustache et la barbiche blondes, les joues brillent des couleurs de la santé, le nez est un peu rouge, les yeux
(1) Item een contrefeytsel imperfect van Sr Van Dyck, gemeyn synde voor achttien guldenen compt voor de helft gl. 9 (Bulletin des Archives d'Anvers. II, 86).
(2) Graf- en Gedenkschriften van de provincie AnWerpen. II, 437.
vifs. Il porte un habit noir' avec des reflets grisâtres, peint dans la manière de Van Dyck, et un col blanc. Par dessus ce vêtement, il porte la toge professorale noire, au col redressé. Le fond est clair.
Ce portrait, que nous regardons comme le meilleur de Rubens, est peint avec une largeur, un moelleux, une sûreté de main admirables. La santé respire dans tout le personnage, les chairs semblent transparentes de fraicheur.
L’œuvre est tout entière de la main du maître et date de 1620 environ.
Le portrait portait déjà le nom du docteur Van Thulden dans le catalogue de la galerie de Dusseldorf, fait en 1778 par Nicolas de Pigage. Nous ne nous permettons pas de contester l’exactitude de la dénomination. La seule raison qui pourrait nous en faire douter, c’est que le portrait de Théodore Van Thulden, dans l’iconographie de Van Dyck, ne ressemble guère au tableau de la pinacothèque de Munich.
Dans la vente Jan Van Schuylenburg (La Haye, 1735), « un portrait du fameux Luther avec un livre à la main, très beau et magnifiquement peint «
(haut 3 pieds 6 pouces, large 2 pieds 5 J/4 pouces), fut adjugé à 180 florins.
Malgré la différence des dimensions et à raison de la ressemblance de ce
portrait avec celui de Luther, nous nous demandons si ce 11’était pas le présent
tableau.
Dans la vente de sir T. Wyse (Londres, 1867), on adjugea à Nieuwenhuys, pour 236 guinées, un portrait du docteur Van Thulden, vêtu de noir, tenant un livre dans la main gauche.
Photographie : F. Hanfstaengl.