‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 2)Chapitre 295 sur 302 · UN TROUPEAU DE VACHES ET DES LABOUREURS QUI RENTRENT LES FOINS · texte numérisé non relu

UN TROUPEAU DE VACHES ET DES LABOUREURS QUI RENTRENT LES FOINS

Munich. Pinacothèque, 761.

Panneau. H. 92, L. 122.

gauche, le ciel s’est éclairci; mais, à droite, il est encore couvert. L’une partie est baignée dans une chaude lumière; l’autre est d’un noir opaque. A gauche s’étend une prairie parsemée de petits groupes d’arbres. Le premier plan est uni, avec une flaque d’eau. Deux paysannes portant des cruches à lait et un paysan s’avancent vers le spectateur; un troupeau de vaches est conduit par un pâtre; près de l’eau, on voit des canards. A gauche, un paysan avec un char à foin; plus loin, des meules de foin et des paysans qui y travaillent. L’effet de lumière dans tout le tableau est admirable. Le chaud soleil inonde la plaine de sa lumière d’or; il répand une teinte bleuâtre sur les arbres nains dans le fond, tandis qu’il fait projeter aux arbres plus grands et aux meules de foin des ombres vigoureuses et fait ressortir en riches couleurs les personnages et le bétail du premier plan.

La transition entre cette scène lumineuse et le côté sombre du tableau est admirablement ménagée. A droite, les fortes ombres veloutées donnent de la fermeté à l’ensemble et font d’autant mieux ressortir la lumière abondante. Les petites figures sont prestement enlevées; elles sont faites en trois coups de pinceaux, les arbres ne sont pas moins simplement exécutés : un trait brun pour le tronc, quelques points verts, bleus et jaunes pour le feuillage et voilà tout. Le ciel surtout est largement fait. Le peintre tire les lignes brunes et jaunes hardiment à travers le tableau, empâte, renforce un peu par-ci par-là et, au point où les ombres commencent, le jeu du brun, du rouge, du vert et du blanc commence également. Toutes ces couleurs et nuances semblent capricieusement frottées et entremêlées, mais sont posées avec une grande sûreté de main, de façon à produire à distance l’effet voulu.

Le tableau est entièrement de la main du maître; il date de i636 environ.

Il provient de la vente Wierman (Amsterdam, 1762), où il fut adjugé à 1570 florins.

Photographie : Fr. Hanfstaengl.

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