LA VERTU TRIOMPHANTE
(Héros couronné par la Victoire).
Dresde. Musée, 956.
Toile. H. 2o3, L 222.
u milieu du tableau, le héros vertueux est debout, s’appuyant de la main gauche sur sa lance et entourant de son bras droit la Victoire qui, toute nue, lui pose une couronne sur la tête. L’un de ses pieds
est posé sur un Silène ; Vénus et Cupidon se tiennent un peu à l’écart en pleurant. L’Envie grince des dents à l’arrière-plan. La signification allégorique est claire. Le Héros, renonçant au vin et à l’amour, sort vainqueur de la lutte, contre l’Intempérance et la Volupté, - au grand dépit de ses envieux. La Victoire est vue de face, les jambes croisées; c’est une belle et élégante figure, dont les ailes et les voiles blancs égaient le côté gauche du tableau. Vénus est vue de dos, sa chaude lumière tranche vigoureusement, à droite, sur le fond d’un noir opaque. Il y a quelque chose de théâtral dans la pose du héros qui reste parfaitement froid, tout en embrassant la Victoire. Toute la composition est péniblement échafaudée et manque d’unité. La peinture est sans relief ; les figures n’ont pas d’expression. Rubens évidemment ne disposait pas encore de tous ses moyens. Il cherche ses effets de coloris dans les carnations ; à l’exception d’une cuirasse d’acier poli et d’une écharpe cramoisie, il n’y a pas d’autres couleurs dans le tableau que celles des chairs. Il y a déjà de la hardiesse et de la grâce dans les lignes.
L’œuvre fut faite à Mantoue pour le duc Vincent de Gonzague. Elle est entièrement de la main de Rubens. Elle fut acquise dans la Galerie ducale pour l’Electeur de Saxe, avant 1743, avec l 'Hercule ivre, le n° 967 du musée de Dresde, dont il forme le pendant (Voir notre n° 623).
La Pinacothèque de Munich (N° 725. Toile. H. 216, L. 196) possède une répétition de ce tableau, à laquelle Rubens n’a pas eu la main.
Gravure : V. S. 53, P. Tanjé (dessiné par C. Hutin).
Photographie : A. Braun.
Voir planche 265.