MINERVE PROTÉGEANT LA PAIX CONTRE LA GUERRE
un cinquième encore se voit au second plan. Le héros a le pied posé sur un carquois ; au mur, à gauche, sont suspendues diverses pièces d’un harnachement de cheval ; sur le devant, à droite, des pièces d’armures ciselées et un drapeau. Le fond est formé par une casemate où l’on voit des canons, ainsi que des forgerons au travail. La finesse des détails de ces accessoires et leur grande importance font croire qu’ils ont été peints par Jean Breughel. Les deux figures principales rappellent vivement celles du numéro précédent. Leur pose est identique ; seulement ici le buste et la tête de la Vénus sont vus de face, tandis que dans l’autre tableau ils sont vus de profil. Le guerrier appuie la main sur un bâton court ; dans la peinture précédente, il lève le bras et tient une lance appuyée sur le sol.
Si le tableau est de Rubens, comme cela nous parait probable, il doit avoir été éxécuté avant iô25, date de la mort de Jean Breughel.
Gravure: V. S. Fables, 14, J. J. Avril, 1778.
83o. UN HÉROS COURONNÉ PAR LA VICTOIRE.
Cassel. Musée. 82.
Panneau. H. 174, L. 263.
n guerrier, vêtu à la romaine, la tête et les jambes nues, portant une cuirasse d’acier et un manteau rouge par dessus son armure, est assis sur les corps morts de l’Envie et de la Discorde. La première a une chevelure de serpents, la seconde tient une torche allumée. Dans la main droite, le héros serre l’épée encore tachée de sang ; de la gauche, il pose le bouclier sur le dos d’un captif enchaîné couché par terre, à côté de lui. A gauche, une Victoire assise, le buste nu, une draperie violette sur le bas du corps, lui pose une couronne sur la tête et soulève de l’autre main une palme. Un génie ailé, tenant un faisceau de javelots, est debout à côté d’un autel antique, où brûle le feu. Par terre, un drapeau rouge, une cuirasse et des armes. L’artiste a donné au héros, trônant dans sa puissance, de larges formes sculpturales et un air imposant et sublime. Son regard se dirige vers le ciel, plein de force et d’un noble enthousiasme ; on voit que son but est élevé qu’il ne se laisse conduire par aucun mobile bas ou égoïste. Le captif enchaîné, au dos brun, ressort chaudement contre le cadavre à la peau pâle, marbrée d’ombres bleuâtres, du premier plan. La Victoire jette parmi ces figures fortes
laisse le buste et les bras découverts. Elle est assise et se tourne vers le guerrier, au-dessus de la tête duquel elle tient des deux mains une couronne. Un petit génie, jouant à la gauche du guerrier, cueille des palmes. A droite, on voit un entassement de cuirasses, de boucliers, de drapeaux, d’armes de toute’ espèce; à gauche, un obusier et des bombes; dans le fond, un pays plat et un château en flammes.
C’est un travail d’élève; les armes et le paysage sont retouchés sommairement par le maître, les figures et les draperies le sont avec plus de soin. Le tableau provient du château du duc de Richelieu et date de 1025 environ.
La Pinacothèque de Munich, n° 756, en possède une répétition (Toile. H. 25i, L. 35q). La toile en a été agrandie en haut, en bas et à gauche.
Au musée d’Augsbourg (N° 137. Toile. H. 23o. L. 33g) se trouve sous le nom de Rubens un sujet analogue. Un héros, portant au-dessus de son armure une draperie rouge, est couronné par la Victoire, qui se tient à côté de lui, une palme à la main. A gauche, un amour, une torche à la main; à droite, un amas de cuirasses et d’armes. Œuvre très faible de l’école de Rubens.
Au musée de Marseille (n° 389), un tableau, attribué à Rubens, représente un Héros couronné par la Victoire. Une Victoire ailée se trouve à gauche, une Minerve à droite, un captif enchaîné par terre. A droite, un amas d’armes. Travail insignifiant de l’école de Rubens.
Dans la collection du baron de Worms, à Londres, se trouve un Mars et Vénus , provenant de la galerie de Bassenheim.