‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 2)Chapitre 77 sur 302 · PAÜSIAS ET GLYCÈRE · texte numérisé non relu

PAÜSIAS ET GLYCÈRE

Londres. Galerie du duc de Westminster, à Grosvenor house, 76.

Toile. H. 23 1 , L. 188.

e peintre grec est assis sur le rebord d’un rocher, il est tout jeune et ne porte que de légères moustaches ; ses cheveux sont bouclés et de couleur châtain, ses jambes nues sont posées l’une sur l’autre. Il est habillé d’une tunique couleur d’ardoise sur laquelle est jetée une draperie bleuâtre. De la main droite, il tient un tableau ; il pose la gauche sur le bras de sa maîtresse en lui montrant son ouvrage. Glycère, assise par terre, tient dans la main une couronne de fleurs ; elle porte une robe rouge et, sur les épaules, une gaze blanche ; elle regarde avec amour et admiration le tableau offert à ses regards. A droite d’elle, un bouquet et un panier de fleurs ; sur le devant, des plantes en fleurs. Le fond est formé, à gauche, par un ciel nuageux, à droite, par un mur sombre. Le groupe est extrêmement gracieux et rappelle celui que Rubens et Isabelle Brant forment dans le tableau de Munich. C’est pour ce motif probablement que l’on a intitulé ce tableau : « Rubens et sa première femme, * quoiqu’il n’y ait pas la moindre ressemblance entre la figure de Glycère et celle de l’une ou de l’autre des deux femmes de Rubens. Il y a une vague ressemblance entre la

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tête du peintre et celle de Pausias. Le tableau paraît être de Rubens, mais les couleurs sont bien pâles, la robe rouge a des reflets peu agréables qui ne rappellent point le coloris du maître. L’hypothèse la plus plausible, c’est que le tableau date d’avant le voyage d’Italie, que Rubens s’est représenté âgé de 23 ans environ et que ce n’est pas sa première femme, mais une amie de jeunesse dont il a prêté les traits à la maîtresse du peintre grec.

Le sujet est tiré de l’histoire naturelle de Pline, chap. XXXV.

La peinture est solide, les contours arrêtés, la lumière douce et harmonieuse. Les fleurs sont traitées dans la manière de Jean Breughel de Velours.

Le tableau a appartenu à sir Gregory Page Turner ; il a passé ensuite dans la collection Agar, dans la vente de laquelle il fut acquis, en 1807, par un ancêtre du propriétaire actuel.

Gravure: John Young dans le Catalogue of the Pictures at Grosvenor house ; reproduite dans Y Art, 1882. I, 176.

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