‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 2)Chapitre 95 sur 302 · ANNE D’AUTRICHE · texte numérisé non relu

ANNE D’AUTRICHE

(Sous le nom à' Elisabeth de France, femme de Philippe IV).

Paris. Louvre, 459.

Panneau. H. 106, L. 93.

est assise dans un grand fauteuil de velours rouge, la tête vue trois quarts, tournée vers la gauche. Sa robe de dessous est bleue, dée d’or, celle de dessus, ouverte sur le devant, en satin noir. Elle porte les cheveux relevés, un diadème orné de grosses perles fines sur la tête, une fraise, des manchettes et un riche collier d’émeraudes et de perles ; elle tient de la main droite, sur ses genoux, un bouquet composé de roses, de lis et de jasmin. A droite, derrière elle, un rideau rouge. A gauche, au fond, l’intérieur d’un palais richement décoré. Les yeux sont gros, les paupières lourdes, la partie inférieure du visage massive. Mais le teint est clair et frais et les mains sont d’une finesse merveilleuse. C’est d’elle que Madame de Motteville témoignait : « Ses mains et ses bras avaient une beauté surprenante, et toute l’Europe en a ouï publier les louanges ; leur blancheur, sans exagération, avait celle de la neige. «

C’est un portrait fort soigné, peint dans un ton clair, que les accessoires rouges, à droite, et le lointain lumineux, à gauche, font bien ressortir. Mais le modèle vit peu ; les traits ont quelque chose de raide et de dur ; les vêtements éclatants, ainsi que les accessoires brillants, contribuent encore à le faire paraître plus pâle et plus morne.

Le portrait et la chaise sont de la main de Rubens, le fond architectural d’un collaborateur, mais retouché par Rubens. Il doit avoir été peint de 1620 à 1025, lors d’un des voyages de Rubens à Paris.

Le catalogue du Louvre désigne le portrait comme celui d’Elisabeth de Bourbon, reine d’Espagne. Cette dénomination est évidemment fausse. Cari Justi regarde le portrait comme celui de Dona Maria Teresa, la future impératrice d’Allemagne (1).

La ressemblance avec les portraits connus d’Anne d’Autriche est frappante : mêmes cheveux frisottés, mêmes doigts étonnamment effilés et montrés avec

(1) C. JUSTI : Die Spanische Brautfahrt des Prin\en von Wales im Jahre 1623 (Deutsche Rundschau. August 1 883 . P. 197).

une certaine ostentation, nez allongé et gros yeux comme dans le tableau du musée de Madrid.

La peinture d’ailleurs nous parait antérieure à 1628-1629, années où Rubens aurait pu peindre Dona Maria Teresa.

Gravures : V. S. 174, Guyard (Galerie du musée du Louvre. XI, i53) ; 176, Blanchard. Non citée : Langlumé lith. Les deux dernières gravures ne reproduisent que le buste.

Photographie : Anonyme.

Anne d’Autriche.

Amsterdam. Musée, 1224.

Panneau. H. io3, L. 73.

C’est une répétition du tableau précédent ; il n’y a que le fond qui présente des différences peu considérables. Le panneau est beaucoup plus étroit que le précédent.

Beau travail de l’atelier de Rubens, fort soigné. Le tableau provient de la collection Van der Hoop ; en i83o, il appartenait à Madame Hofman à Haarlem.

Il parut dans la première vente Guillaume II (La Haye, i85o), où il fut retenu à 3g6o florins ; dans la seconde vente Guillaume II (La Haye, i85i), il fut adjugé à Brondgeest, à 3ooo florins.

Photographies : F. Hanfstaengl ; Offenberg.

Page 1