SAINTE CATHERINE
sainte est debout, tenant dans la main droite une palme, appuyant la main gauche sur une épée dont la pointe repose sur le sol. A côté d’elle, une roue brisée ; dans le haut du ciel, deux anges, vers lesquels la sainte dirige son regard et dont l’un apporte une couronne et l’autre sème des fleurs de lis. A gauche, une colonne torse richement ornée.
C’est, avec de très légères modifications, la Ste. Catherine du revers du volet de l 'Érection de la Croix.
(1) WAAGEN : Treasures of Art. II. 68.
Gravures : V. S. 29, S. a Bolswert ; 3o, Anonyme (Queradt exc.) ; 32, P. Schenck ; 33, Aubert, 1724. Non décrite : Anonyme (N. Lauwers exc.).
Voir planche 140.
Voorhelm Schneevoogt cite encore une Sainte Catherine (n° 28) tenant de la droite une palme et posant la main gauche sur une épée appuyée sur le sol ; une seconde (n° 3 1), vue de face, ayant la main droite sur la poitrine et tenant un glaive de l’autre, par Pierre de Bailliu ; une troisième (n° 41), où la sainte est vue à mi-corps, appuyée sur une pièce de la roue de son supplice, tenant une épée d’une main et de l’autre une palme par B. a Bolswert ; une quatrième gravée par Panneels (n° 42), une cinquième, anonyme, publiée par C. Galle (n° 43), où la sainte est couronnée par un ange ; une sixième publiée par Jean Galle (n° 44), dans un ovale avec des sujets de la vie de la sainte dans les quatre coins et une septième (n° 34), où la sainte, debout dans une niche, tient un glaive, la pointe en l’air ; à ses côtés gît une roue brisée. La première de ces estampes reproduit la Ste. Domitille du St. Grégoire du musée de Grenoble ; les cinq autres ne portent pas de nom de peintre et rien ne garantit l’exactitude de l’attribution ; la dernière a été exécutée sur un dessin fait d’après une statue antique et porte l’indication « ex marmore antiquo ».
Sainte Catherine.
Sujet d’un des plafonds de l’église des Jésuites, à Anvers (Voir N° 26). 4o3. SAINTE CÉCILE JOUANT DU CLAVECIN.
Berlin. Muse'e, 781.
Panneau. H. 177, L. L9.
sainte musicienne est assise auprès d’un petit orgue et chante en s’accompagnant. Ses yeux, démesurément ouverts, se dirigent vers le ciel avec une expression extatique. Elle porte une robe d’un jaune nuancé de rose et une draperie vert bronzé, à reflets jaunâtres. A gauche deux anges, debout sur un siège, écoutent le chant de la sainte ; un troisième, sur le devant, grimpe sur la figure de Sphinx qui supporte l’orgue. Un quatrième, dans le haut, apparaît de derrière un rideau suspendu entre des colonnes et porte une branche de roses. A droite, par terre, un chien endormi. Le fond
est formé par les murs de la salle, des colonnes et une vue sur les champs.
C’est un travail extrêmement libre, caractérisé par un jeu capricieux de tons et de lumières, par un fouillis de nuances et de reflets. Peu gracieux de dessin, il est admirable de technique. C’est un chef-d’œuvre de la dernière époque du maître, i63g ou 1640. La tête de la sainte avec ses gros yeux écarquillés est déplaisante, mais les anges sont exquis.
Dans le catalogue du musée de Berlin, le tableau est intitulé « Hélène Fourment, seconde femme de Rubens, en Ste. Cécile ». Rubens a, en effet, prêté les traits de son épouse à la patronne des musiciens.
Le tableau est tout entier de la main du maître.
Le panneau présente trois fentes qui ont été bouchées et retouchées.
Dans la succession de Rubens se trouvait une Sainte Cécile, probablement celle dont il est question ici. Elle portait le n° g3 du catalogue des tableaux délaissés par lui et fut donnée au seigneur d’Ophem pour services rendus lors de l’achat par le roi d’Espagne de 2g tableaux appartenant à la mortuaire du grand peintre (1).
Le tableau passa dans la vente du prince de Carignan (Paris, 3o juillet 1742) et fut adjugé à 10000 livres. Dans la vente du duc de Tallard (Paris, 22 mars 1756), il fut payé 20o5o livres par le roi de Prusse.
Gravure: V. S. 5o, J. Witdoeck (second état, S. a Bolswert).
Photographie : Photographische Gesellschaft, Berlin.
Voir planche 141.