‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 3)Chapitre 161 sur 249 · SAINT FRANÇOIS D’ASSISE REÇOIT LES STIGMATES · texte numérisé non relu

SAINT FRANÇOIS D’ASSISE REÇOIT LES STIGMATES

Cologne. Muse'e, 52.

Toile. H. 376, L. 239.

ur un rocher, au milieu du tableau, St. François est agenouillé ; devant lui se trouvent un crucifix et un livre ; derrière lui, un crâne. A droite, dahs le haut, le Christ en croix, les bras et le milieu du corps garnis de trois paires d’ailes, apparaît, dardant sur le saint des flots de lumière. Tout le tableau en est inondé. Au bas du rocher, devant St. François, un moine de son ordre est assis par terre, le buste dressé, se soutenant d’une main, protégeant de l’autre ses yeux contre l’éclat répandu par le Christ. Les couleurs se composent uniquement de brun dans l’habit des moines, de brun vert et bleu dans le paysage. Le St. François est d’une pâleur verdâtre et dure; les parties sombres sont énergiques, mais contrastent rudement avec les parties claires. Le tableau est de la composition de Rubens; on le reconnaît aisément dans le site sauvage, dans la pose hardie des moines. Mais le premier travail a été confié à un élève, probablement Corneille Schut.

Le paysage largement brossé est de Wildens. Rubens a retouché la tête et les mains de St. François, ainsi que les chairs du second moine. 11 a en outre posé les lumières sur certains accessoires et sur la figure du Christ, laquelle est extrêmement insignifiante.

Le tableau date de 1617 environ. Il ornait jadis le maître autel de l’église des Capucins à Cologne, et y resta jusqu’à ce que l’église fût démolie. Ensuite, il passa au musée de la même ville. La gravure de Vorsterman d’après ce tableau est datée de 1620. C’est une des estampes dont Rubens parie dans une lettre à Pierre Van Veen, datée du 19 juin 1622. Il y dit que la planche a été faite quelques années auparavant, qu’elle a été gravée un peu grossièrement et que c’était un premier essai (1). Par premier essai,

(1) Un S. Francisco che riceve li stigmati che fu intagliato aliquanto rozzamente per esser la prima prova. Ch. RUELENS : Pierre-Paul Rubens. P. iq3.

il faudra bien entendre que ce fut la première planche gravée par Vorstennan pour Rubens. En 1620, Vorstennan avait achevé neuf gravures d’après lui. Si le St. François est la première, il doit dater de 1617 environ.

L’église St. Antoine, l’ancienne église des Capucins, à Anvers, possède une copie de ce tableau.

Gravures: V. S. 26, L. Vorstennan, 1620. (Dédicace : Ornatissimis Ludovico et Rogerio Clarisse fratribus germanis, in divi Francisci ordinem cappucinorum pie optimeque adfectis, adfectus sui mnemosynum Petrus Paulus Rubens cum animo et ex animo nuncupavit) ; 27, Petr. de Balliu ; 28, Anonyme (Corn, de Boudt, exc.) ; 29, Gottfrid Thelott ; 32, Schenck. Dans cette estampe, le Christ est précédé de cinq anges). Non décrites : Plaid (manière noire),

J. B. Plützer et E. Risse (lithographie), Joh. Georg. Schreiner (lithographie).

Le Musée du Louvre possède le dessin fait par Vorsterman pour sa planche.

Photographie : F. Raps.

Voir planche 143.

4i5. BUSTE DE SAINT FRANÇOIS D’ASSISE.

St. Pe'tersbourg. Ermitage, 585.

Transporté sur toile. H. 64, L. 52.

’est le buste du St. François du tableau précédent : une étude faite par Rubens, fort belle, largement traitée. Elle est entourée d’un cadre peint qui fut ajouté postérieurement.

Le tableau fut acquis par l’impératrice Catherine II.

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