‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 3)Chapitre 177 sur 249 · LES MIRACLES DE SAINT FRANÇOIS XAVIER · texte numérisé non relu

LES MIRACLES DE SAINT FRANÇOIS XAVIER

Gravé par MARINUS

Pl. 147

morts sur lesquels il opère des miracles. Devant l’estrade où il se tient, un aveugle qui étend les bras et un estropié, appuyé sur une béquille, sont debout, tandis que trois autres personnages implorent à genoux l’intervention du saint. A gauche, un mort revient à la vie, au moment où l’on creuse sa tombe. Il se lève sur son séant et une de ses proches écarte le linceul dont il était couvert. Cè miracle excite la reconnaissance des femmes qui entourent le ressuscité et l’étonnement de l’un des fossoyeurs. Derrière ce groupe, une mère apporte sur les bras son enfant malade. Plus haut, on voit un personnage de distinction, couché sur une dalle, qui ressuscite également à la voix du saint. Un nègre, faisant partie des nombreux suivants qui l’entourent, soulève le linceul ; d’autres marquent leur étonnement. Dans la foule, on distingue trois hommes qui portent des torches. Au milieu de la composition, différents personnages écoutent la voix du saint ou regardent avec surprise les miracles qu’il opère : ce sont un Européen en cuirasse, la tète couverte d’un béret à plumes, un Asiatique coiffé d’un bonnet élevé, un second portant un turban, un troisième couvert d’un chapeau de paille. A mi-hauteur du tableau, on voit l’entrée d’un temple. A la voix du saint, une statue d’iclole est culbutée et menace d’écraser ses adorateurs qui s’enfuient sur le palier. Dans une niche sur la paroi latérale, se trouve une tête d’idole munie de quatre cornes. Dans le haut des airs, on voit descendre du ciel la figure allégorique de la Foi catholique, représentée par une femme qui porte un calice surmonté de l’hostie et précédée d’un groupe d’anges portant une croix.

Les figures du premier plan sont remarquables, surtout celle du ressuscité, couché par terre, et celle de l’homme à béquille, vêtu d’un habit rouge. La lumière et les couleurs sont sobres et brillantes.

Les figures de l’avant-plan sont de la main du maitre, celles du second plan et de la partie supérieure du tableau ont été faites par un élève et retouchées par Rubens. Vu la parfaite harmonie entre le style des collaborateurs, on peut présumer que l’élève qui assista Rubens était Antoine Van Dyck.

Le tableau fut fait pour le maitre autel de l’église des Jésuites, sur lequel il alternait avec les Miracles de St. Ignace et plus tard avec ce dernier et avec une Assomption de Corneille Schut. Il a été exécuté en 1619 ou en 1620. En effet, lorsque, le 29 mars de cette dernière année, Rubens signe le contrat pour les plafonds de l’église des Jésuites, les parties constatent que les deux tableaux de St. François et de St. Ignace sont déjà

exécutés et qu’ils seront payés 3ooo florins, le jour où le maître fournira fles 3g plafonds (i).

Les deux peintures ornèrent cet autel jusqu’en 1773. En 1775-1776, elles furent achetées par le gouvernement autrichien avec d’autres tableaux (2). Les Miracles de St. François Xavier furent évalués à 12000 florins.

En comparant le tableau avec la gravure de Marinus, on remarque que la toile a été raccourcie sur les quatre côtés et surtout dans le bas, à tel point que le bras droit du fossoyeur, entièrement visible dans l’estampe, est coupé au coude dans le tableau.

Gravures : V . S. 47, Marinus; 48, Anonyme (Gaspar Huberti exc.) ; 49, Goetters ; 5o, Blaschke. Non décrite : W. Unger.

Quatre des têtes de ce tableau ont été lithographiées par J. Scarlett Davis dans une série de têtes empruntées à diverses œuvres de Rubens. Le graveur annote, ce dont il est permis de douter, que ces planches sont faites d’après les esquisses originales de Rubens.

Photographie : Miethke.

Le musée du Louvre possède le dessin fait par Marinus pour sa gravure. La collection Albertine de Vienne possède le dessin d’une étude faite pour l’aveugle qui étend les deux bras, et qui est copié d’après l’aveugle Élytnas de Raphaël.

Voir planche 147.

432bis. LES MIRACLES DE SAINT FRANÇOIS XAVIER.

Vienne. Musée impérial, 1 1 5 5 .

Esquisse du tableau précédent. Panneau. H. 104, L. 72.

ntre le tableau et l’esquisse, il y a certaines différences. Dans la dernière, St. François Xavier étend les deux mains, au lieu d’en élever une. L’homme à la béquille l’appuie sous le bras gauche, tandis que, dans le tableau, il la tient du côté droit. La tête du chef indien ressuscité

(1) Ten vierden sal den voors. P. Præpositus ten dage van de voile leveringe van de voors. 3p stucken aen den voors. Rubbens gehouden wesen toe te schicken de somme van seven duysend guldens, item op den selven dag nog andere dry duysend guldens voor de twee groote schilderien van onse heylige vaders Ignatio ende Xaverio, alreede door den selven Sr Rubbens opgemaeckt voor de hoochsale van de voors. nieuwe kercke. (Voir Tome I, page 44).

(2) Voir plus haut, page 169.

est en majeure partie rasée dans le tableau et ne l’est pas du tout dans l’esquisse. La gamme des lumières est plus claire que dans le tableau.

Cette pièce fut achetée en 1776, en même temps que la précédente, et fut estimée à 1000 florins. Elle avait été endommagée par l’incendie.

Dans l’église des Jésuites, elle était suspendue à l’un des piliers à l’entrée du chœur, à côté de la chapelle de St. François Xavier.

Gravure : Non décrite, W. Unger.

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