LE MARTYRE DE SAINT THOMAS
Pl. 169.
Gravé par Jac. NEEFFS
d’une manière incomplète. Le travail de l’élève se distingue fort bien de celui du maitre, le premier est mat et plâtreux, le second est mince et limpide ; les retouches sont posées par glacis et le plus souvent par empâtements. Les âmes du purgatoire, entièrement de la main du maitre, forment la meilleure partie du tableau.
Celui-ci date de la dernière période du maitre, de i63o à i635, probablement plus près de la seconde que de la première de ces années. Par l’analogie
de sa facture, il se rapproche du Martyre de S. Liévin (n° 467) et du Massacre
des Innocents (n° 18 1) datant de la même époque.
Il fut peint pour l’église des Carmes déchaussés d’Anvers où il se trouvait
sur l’autel de la chapelle de Ste. Thérèse. Enlevé par les commissaires de la
République française, il fut transporté à Paris en 1794 et ramené à Anvers en i8i5.
S. M. le roi des Belges possède une ancienne copie réduite de ce tableau (Panneau, H. 64, L. 49), qu’on a improprement appelé une esquisse. La répétition est très soignée et achevée ; c’est probablement le travail d’un élève très habile ; la collaboration du maître est fort douteuse. Quelques détails sont faibles : la figure de la sainte a quelque chose de commun, l’œil de la figure du vieillard dans le purgatoire est éteint ; les anges ont des contours trop nets, trop tranchés.
Cette œuvre parut dans les ventes suivantes : Prince de Rubempré
(Bruxelles, 1765), 700 florins ; Braamcamp (Amsterdam, 1771), 835 florins, à Van Saceghem de Gand ; Van Saceghem (Bruxelles, i85i), 22,600 frs. ; Patureau (Bruxelles, 1857), 16,000 frs.
Il existe d’autres petites copies de ce tableau. L’une d’elles (Panneau H. 45, L. 36) se rencontre dans la vente Schamp d’Aveschoot (Gand, 1840) où elle fut adjugée à M. Wuyts d’Anvers à goo francs. Elle a été léguée en 1887, à la ville de Lierre, avec le cabinet Wuyts ; une autre se rencontre dans la Bridgewater Gallery (Panneau. H. 66, L. 48). Parthey en signale encore une (Panneau, H. 1 pied, L. 1 pied 5 pouces), dans la collection Fahne, au château Roland.
Gravures : V. S. 67, Schelte a Bolswert ; 68, François Langot.
La réduction du cabinet de S. M. le roi des Belges a été gravée par P. Spruyt (V. S. 68bis), lorsqu’elle se trouvait dans la collection Van Saceghem et lithographiée dans le catalogue de la vente Patureau.
Le purgatoire seul a été gravé par C. Galle (V. S. Allégories sacrées, 32). Aux quatre âmes du purgatoire le graveur a ajouté une foule d’autres figures
dont la tête émerge des flammes. Dans le haut, on voit le nom de Jésus, IHS, dans une gloire entourée de cinq anges. Une répétition de petit format, avec deux anges à côté du saint nom, a été publiée par C. Galle (V. S. 33). Une troisième planche, avec deux anges et sept âmes dans le purgatoire, où le saint nom a été remplacé par un triangle, a paru sans nom de graveur ni d’imprimeur (V. S. 34) ; dans une quatrième (V. S. 35), le triangle est remplacé par le nom de Jéhovah en hébreu.
Voir planche 167.