‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 3)Chapitre 248 sur 249 · SAINTE THÉRÈSE ET UN ANGE · texte numérisé non relu

SAINTE THÉRÈSE ET UN ANGE

a sainte pose la main droite sur la poitrine et de la gauche présente son cœur enflammé à un ange qui porte le calice surmonté de l’hostie. La composition n’est pas indigne du maitre et la gravure, ainsi que l’inscription P. P. Rubens inv., date certainement de son temps.

Gravure (non décrite) : Anonyme (P. P. Rubens inv. C. Galle exc. avec l’inscription : S. Mater et Virgo Teresa).

La même estampe existe avec l’inscription Ver a effigies V. M. Annæ a Jesu. Obiit Bruxellis Mart. 1641. Basan et, d’après lui, Voorhelm Schneevoogt (Portraits, 23 1) prétendent que cette dernière inscription est le titre primitif de la planche et qu’elle a été effacée pour être remplacée par les mots S. Mater et Virgo Teresa. Nous sommes d’un avis contraire et croyons que l’état de l’estampe, avec le nom de la sainte, est antérieur à l’autre.

L’Incrédulité de St. Thomas.

Panneau principal du triptyque de ce nom, au musée d’Anvers (Voir n° 3q6). 498. LE MARTYRE DE SAINT THOMAS.

Prague. Église de St. Thomas ou des Augustins.

Toile. H. 38o, L. 235.

gauche du tableau, le saint, attaqué par ses bourreaux, s’est réfugié auprès de la croix qu’il embrasse d’une main. Il est vêtu d’une robe noire et lève le bras comme pour appeler du secours. A droite, un bourreau, au torse nu, portant un caleçon jaune sur lequel sa chemise blanche est rabattue, enfonce une lance dans le côté et pose son pied sur la

jambe du saint; le second, dont le dos est également nu, porte un caleçon

rouge et s’apprête à lancer une pierre sur le martyr. Derrière lui, un troisième bourreau se précipite vers le saint, l’épée à la main ; à l’extrême gauche, un quatrième est prêt à lui enfoncer un poignard dans la gorge, un cinquième va lancer une pierre. Dans le fond, à droite, en teintes grises,

se voit un temple devant lequel s’élève, sur une colonne, une statue d’idole

indienne accroupie ; à gauche, deux palmiers. Dans le haut, cinq anges

apportent la couronne et la palme du martyre ; autour du bras du premier ange, à gauche, est enroulée une draperie rouge qui s’envole derrière lui les autres sont nus.

Les figures du premier plan sont de la main de Rubens ; le fond est fait par un élève et retouché par le maître. Le tableau est fort assombri et comme il est placé à une assez grande élévation dans un jour peu avantageux, il est difficile de s’en faire une idée exacte. Dans le fond règne une douce clarté, les personnages du premier plan sont en teintes plus sombres et plus énergiques. Comme facture, il a beaucoup d’analogie avec la Vierge entourée de saints de l’église des Augustins à Anvers. Le St. Thomas est fait d’après le même modèle que le St. Liévin du Martyre de St. Liévin (n° 469).

Le tableau fut commandé à Rubens, en 1637, par la comtesse Hélène Martinitz, née Werschovitz et payé 1000 florins, avec le St. Augustin du même autel. Il y fut placé en i63g et s’y trouve encore.

On dit, mais nous en doutons, que dans les archives des RR. PP. Augustins, à Prague, on conserve le reçu original de Rubens. Les tableaux furent payés gq5 florins. Nous empruntons à une ancienne chronique du couvent des RR. PP. Augustins de Prague le passage suivant :

« Année 1637. L’orgue fut construit et le maitre autel orné d’un tableau peint par Rubens. On lit que l’éminent Jean Baptiste Cristellius Switawsky de Bochau fit faire dans l’église de St. Thomas, outre l’orgue artistement construit, le grand autel de l’apôtre St. Thomas dont il fit peindre le retable qui s’y voit aujourd’hui par Pierre Paul Rubens, alors l’Appelles des peintres. Ce tableau fut terminé deux années après et placé en i63g. Il fut payé 945 florins, sans compter les droits d’entrée et le transport. Au sujet de ce tableau et de son paiement, je trouve, dans le livre des dépenses de l’année i63g, ce qui suit: Enfin nous avons reçu d’Anvers, par l’intervention du Révérend père bachelier, en religion frère Nicolas de St. Augustin, les tableaux du maitre autel, commandés par le révérend père, notre prédécesseur, pour lesquels j’ai payé 63o impériaux (ce qui fait, comme la colonne l’indique, 945 florins). Le transport a été effectué gratuitement par le prédit Père bachelier, prieur à Stock, auquel nous rendons ici mille grâces. J’ai encore payé 5 florins de droits d’entrée en apportant ici les tableaux (1). »

(1) Anno 1637. Organum erigitur et altare majus imagine a Rubens picta exornatur. Eximius p. m. Joannes Baptista Cristellius Switawsky de Bochau legitur curasse fieri in ecclesia Thomæa præter organum affabre elaboratum altare majus S. Thomæ apostoli, cujus

Gravure: V. S. 144 Jac. Neeffs. Non décrite: W. Unger, 1877. La gravure de Jac. Neeffs contient à gauche, c’est-à-dire à droite dans le tableau, deux personnages jetant des pierres qui ne se trouvent pas dans le tableau. Du côté opposé, le bourreau qui tient le poignard est coupé par le milieu du corps, dans le tableau, et entièrement visible, dans la gravure.

Le cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale de Paris possède une épreuve de la gravure de Neeffs retouchée par Rubens.

Voir planche 169.

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