‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 3)Chapitre 46 sur 249 · LE PORTEMENT DE LA CROIX · texte numérisé non relu

LE PORTEMENT DE LA CROIX

Gravé par Paul PONTIUS.

Pl. 97

antérieur, qu’il eut à modifier. Nous savons, en effet, que dès l’année i632 Pontius grava le Portement de la Croix qui présente des variantes considérables avec le tableau définitif.

Le 8 avril 1637, le tableau fut placé sur l’autel. Il fut payé 1600 florins. Dans cette somme n’étaient pas compris 5o florins donnés à l’ouvrier et à l’élève de Rubens qui firent le châssis et y étendirent la toile (1).

Le tableau fut transporté à Paris en 1794, ramené en i8i5 et donné, en 1816, au musée royal de Bruxelles.

Gravures: V. S. 262, Paulus Pontius, i632 ; 263, W. H. Worlington ; 264, F. Ragot; 260, Adr. Melar ; 267, Pietro Monaco; 268, Sartor ; 270, Anonyme (F. Landry exc.) ; 271, Anonyme (Gaspar Huberti exc.). Non décrit: Lithographie anonyme.

La gravure de Pontius, d’après laquelle la plupart des autres sont copiées, présente des différences notables avec le tableau. Il est clair qu’elle reproduit un premier projet de la composition.

Le cortège monte la pente raide de la colline couronnée d’arbres. Un cavalier portant un casque et tenant un drapeau marche en avant, un second cavalier sonnant du cor et un troisième coiffé d’un turban le suivent. Viennent ensuite les deux larrons conduits par quatre soldats romains. Après ceux-ci,

(1) Extraits du Monasterii SS. Pétri et Pauli Affligemiensis Chronicum. Auctore Huberto Phalesio. (Bibliothèque royale de Bruxelles. Ms. 7037-42.)

P. 294. A0 1634. Circa Remigalia inchoata est vasta structura lignea circa magnum altare a Magistro Joanne du Can, eodem illo egregio artifice qui construxit altare D. Virginis. Hoc quoque anno Petrus Paulus Rubens hic præsens cum illustr™0 Archiep0 (Jacobo Boonen) et perillustri D° Præside Supremo Rose suscepit tabulam a se meliori forma delineandam.

P. i5. Anno i63q evocato Petro Paulo Rubeno, seculi hujus pictore famosissimo, (Benedictus Haftel) jussit depingi tabulam majoris altaris Christi Domini bajulantis crucem. Ornatus vero vasti operis circum picturam factum et inventum (sic) ab eodem magistro Joan. du can cum quatuor columnis quas Salomonis nuncupant.

P. 3 14. Anno 1 636. Perfectum est majus altare quoad parerga ilia sive vastas illas ligneas structuras. Opifici qui illas fabricandas suscepit numerata sunt plus quam duo florenorum millia quibus si addideris valorem lignorum ex quibus confecta est facile ascendet summa ad tria millia. Pretium picturæ audiemus anno sequenti. Restât ligneum istud opus pictis coloribus exornetur.

P. 3 1 5 . Anno 1637. 8 aprilis, posita est in majori altari pictura exprimens Christum staurophorum cruci succumbentem. Est elaborata nobilissimo penicillo Pétri Pauli Rubenii Appellis nostri seculi. Numerati sunt ipsi mille sexcenti floreni prêter 5o florenos datos fabro et famulo dicti Rubeni qui clatem fecerant et in eodem extenderant tabulam in linteo depictam.

on voit le groupe du Christ. Le Sauveur est tombé sous le fardeau de la croix, Véronique essuie son front, la Vierge contemple cet acte de pitié et St. Jean se tient derrière elle ; de l’autre côté, deux hommes aident le Christ à soulever sa croix, tandis qu’un cavalier le pousse brutalement du bout inférieur de sa lance. Tout en bas, au premier plan, deux petits enfants suivent des yeux la scène.

Dans la planche de Monaco, il y a, sur le devant, un chien, au lieu des deux enfants de la gravure de Pontius. Il y a également des différences dans les soldats du cortège et dans le paysage. Le tableau, d’après lequel elle fut faite, était la propriété de la noble famille Manfrotti, à S. Samuele.

La lithographie que nous citons en dernier lieu est la seule reproduction exacte du tableau.

Le 8 juin 1774, on adjugea à van Merlen, au prix de 36o florins, dans la vente van Schorel, à Anvers, une grisaille peinte sur bois (H. 22 1/2 pouces, L. 17 1/4 pouces) ayant servi de modèle à Pontius pour sa gravure. C’est probablement la même pièce qui fut vendue 85 guinées, en 1817, dans la collection du duc d’Albert.

La tête du Christ avec la main de Véronique et celle du soldat qui tire le Sauveur par les cheveux a été reproduite par un graveur anonyme, probablement un élève s’exerçant à son art en copiant un fragment de la planche de Pontius.

Il existe deux esquisses du tableau. Elles présentent des variantes entre elles, avec la gravure de Pontius et avec le tableau. L’existence de ces diverses interprétations du sujet montre bien que ce ne fut qu’après des essais nombreux que Rubens parvint à arrêter sa composition définitive.

Voir planche 97.

274bis. LE PORTEMENT DE LA CROIX.

Amsterdam. Musée, 483.

Esquisse. Panneau. H. 72, L. 35.

n voit ici, à droite, deux mères avec leurs enfants ; à gauche, une mère accompagnée de trois enfants ; dans le bas, les larrons sont conduits par un seul soldat romain.

Nous rencontrons cette esquisse dans les ventes suivantes ; Jac. Meyers (Rotterdam, 1722), i55 florins; Jac. de Roore (La Haye, 1747), 200 florins;

Vl/p TU'r* ■

Thérèse Van Halen (Anvers, 1749), 114 florins ; colonel van der Marck (Leide,

1 773), 2o5 florins. Reynolds la vit, en 1781, dans le cabinet de M. van Heteren, à La Haye, d’où elle passa, en 1809, au musée d’Amsterdam.

Elle a été photographiée par A. Braun et par Fr. Hanfstaengl.

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