DE COMPOSITIONS ENTIÈRES
140g. Le Triomphe de l’Eucharistie sur l’Hérésie.
Londres. British Muséum.
A la plume, lavé d’encre.
Dans un encadrement semblable à ceux des autres compositions du Triomphe et des Figures de l’Eucharistie , on voit une scène qui ne rappelle que très imparfaitement le tableau du Triomphe de l’Eucharistie sur l’Hérésie , (notre n° 44), mais qui, à n’en pas douter, représente le même sujet. A gauche, debout sur un dragon qui se tord par terre, un génie entraine par les cheveux un personnage, qui tient les mains jointes sur la poitrine. Un second personnage marche à la suite du premier. A droite, les génies de la Discorde s’enfuient ; du même côté sont étendus par terre trois hommes, dans deux desquels on reconnaît Luther et Calvin.
Le dessin est un simple croquis de petite dimension, constituant évidemment une première idée, fort imparfaite, de la composition, que le
peintre a abandonnée, en n’en conservant que le groupe des hérésiarques, à droite, et du dragon foulé aux pieds.
Photographie : Morelli.
1410. Le Christ tenant sa Croix.
Stockholm. Musée national.
A la pierre noire.
Le Christ est représenté à mi-corps, la tête penchée sur l’épaule droite, tenant le tronc de la croix entre les deux mains. La figure présente beaucoup d’analogie avec le Christ gravé par Ryckemans (notre n° 68), pour lequel il a servi d’étude; seulement les mains sont autrement posées.
Photographie : Anonyme.
1411. Le Christ sur les Nuages.
Vienne. Albertine, 3g3a.
A la craie noire. H. 28.7, L. 18.8.
Le Christ est assis sur des nuages, tenant de la main droite la croix, étendant la main gauche. Les pieds reposent sur le globe terrestre. Une draperie recouvre les jambes et est ramenée derrière le dos sur les épaules, laissant la poitrine et les bras nus.
Le dessin est une étude pour le Christ du tableau la Sainte Trinité , de la pinacothèque de Munich (notre n° 83). Il présente quelques différences avec la figure du tableau. La principale est que le pied de la croix s’écarte du Christ, tandis que, dans le tableau, il en est rapproché. La disposition de la draperie est plus accidentée dans le dessin, plus unie dans le tableau.
Photographie : A. Braun.
1412-1415. Quatre Études pour la Chute des Réprouvés.
Londres. National Gallery, 2, 3, 4, 5.
A la pierre noire et à la sanguine. H. 70.5 à 75, L. 46.5 à 48.5.
La National Gallery possède quatre études de même facture pour la Chute des Reprouvés , de la Pinacothèque de Munich (notre n° g3). La première
représente un fragment qui, dans le tableau, se trouve à droite, en haut, et comprend le groupe à partir de la femme, pendant la tête en bas et entraînée par les cheveux, jusqu’au démon qui, dans le coin, serre le poing et porte une main au front.
P h oto graphie : M o r e 1 1 i .
Voir planche 400.
La seconde représente un fragment du milieu, immédiatement au-dessous du précédent, où l’on voit une femme tombant horizontalement, entraînée par un démon qui la tire par les cheveux et retenue par un autre qui lui plante les ongles de sa griffe dans la jambe.
Photographie : Morelli.
Voir planche 401.
La troisième représente un fragment, qui, dans le tableau, se trouve à gauche, immédiatement au-dessous de St. -Michel, et où l’on voit différents hommes et femmes culbutés.
Photographie : Morelli.
Voir planche 402.
La quatrième représente deux fragments, séparés dans la composition; l’un est celui qui se trouve sous le dessin précédent, où l’on voit trois démons culbutant les damnés; l’autre comprend le grand dragon, qui tombe à droite, sous les groupes compris dans le deuxième dessin.
Photographie : Morelli.
Voir planche 403.
La facture de ces quatre dessins est assez monotone, mais ils montrent admirablement l’inépuisable fertilité du génie de Rubens, quand il s’agissait d’exprimer l’épouvantable dégringolade, l’acharnement des démons vengeurs et la détresse de leurs victimes. Il n’y a pas dans son œuvre de mouvement plus vertigineux, de drame plus effrayant que cette chute d’hommes et de démons se ruant éperdus à travers l’espace.
1416. Une Étude pour la Chute des Réprouvés.
Londres. British Muséum.
A la pierre noire, retouché à l’aquarelle. H. 71, L. 47.5.
Le British Muséum possède un cinquième dessin qui a servi d’étude pour la Chute des Reprouvés. Il représente, juxtaposés, deux groupes, qui, dans le
tableau se trouvent à quelque distance. C’est d’abord celui de la grosse femme qui, au milieu de la composition, s’étale, monstrueuse et portée par un démon, avec les deux hommes, non moins replets, à côté d’elle; c’est ensuite un groupe, qui, dans le tableau, se trouve à gauche du grand dragon, et où l’on voit deux femmes de dos, la chevelure retombant par-dessus la tête. A droite de la femme énorme, on voit un groupe de deux personnages, une femme portée par un vieillard, qui ne se rencontre pas dans le tableau.
Ce dessin est bien plus soigné que les quatre précédents, les figures ont beaucoup de relief, les expressions sont plus caractérisées.
Photographie : Praetorius.
Voir planche 404.
1417. Une Etude pour la Chute des Réprouvés.
Londres. British Muséum.
Le British Muséum possède encore sur une feuille trois griffonnages à la plume. L’un d’eux est une étude pour le fouillis des monstres que l’on voit dans le bas de la Chute des Reprouvés. Les deux autres sont des études pour la Chasse aux Lions, gravée par Soutman (notre n° ii53). Ce qu’il y a de curieux c’est que sur ces trois griffonnages se trouve le même lion qui se dresse sur les pattes de derrière et lève les pattes de devant, comme pour se jeter sur sa proie.
Dans la vente Mariette (Paris, 1775, n° gg3), un dessin de Rubens « La Chute des anges rebelles , grande et belle composition en hauteur, de 26 pouces sur 17 de largeur, et dans laquelle il entre plus de i5 figures capitales, peintes sur papier en couleurs de chair, et d’une vérité singulière, tant pour l’expression que pour le clair-obscur, « fut adjugé à 480 livres. Un dessin, probablement le même que le précédent, se trouve décrit en ces termes dans le catalogue de la vente Le Brun (Paris, I7gi, n° 266): « Une partie du Jugement dernier. Composition de plus de 22 figures, sur papier gris, lavées et coloriées. H. 27, L. 20 pouces.
Le catalogue de la vente Crozat (Paris, 1741) cite, sous le n° 82g, la Chute des Anges, gravée par Soutman. Celui de la vente Tallard (Paris, 1756, n° 314) énumère: La Chute des Anges, étude « d’un grand effet, dessinée au craïon noir, les ombres données à l’encre de Chine. - Adjugé à 85 livres.