DAVID ET ABIGAÏL
Paris. Collection de M. Secretan.
Panneau. H. 175, L. 249.
e tableau représente Abigaïl mettant un genou en terre devant David. Sa main gauche est placée sur la poitrine ; la droite est étendue vers les présents qu’elle apporte pour apaiser la colère de David contre son mari Nabal. Ses serviteurs se trouvent à gauche : ce sont deux jeunes femmes qui se tiennent debout ; puis trois hommes, dont l’un garde
l’âne d’Abigaïl ; un second apporte, sur l’épaule, un panier de pain, et le troisième dépose par terre un panier de pain, à côté de deux cabas de figues.
A droite du tableau, David s’avance amicalement vers Abigaïl et lui touche le bras pour la relever. Il est nu-tête et porte un manteau rouge, au-dessus d’une cotte de mailles ; un page, derrière lui, tient son cheval. Trois hommes de guerre à pied et deux à cheval, tous coiffés de casques, le suivent. Au-dessus d’eux, on voit s’élever sept fers de lance.
Le fond est formé, à gauche, par un groupe d’arbres touffus ; à droite, par le ciel légèrement nuageux.
La toile est faite par Rubens, en collaboration avec ses élèves. Le maître a retouché les parties principales, spécialement les personnages et le ciel à droite, qui est d’une teinte chaude. Les contours sont nets, le ton rôti. Le tableau date de l’époque de l 'Histoire de Décius, c’est-à-dire, de 1618 environ.
Il a appartenu à de Piles qui l’avait reçu du duc de Richelieu (i).
Il parut dans la vente du duc de Grammont, en 1715 ; dans celle de Jacques Meijers, Rotterdam, 9 septembre 1722 (1,400 florins), et dans celle du comte de Plettenberg et Wittem, Amsterdam, 2 avril 1738 (690 florins). De la collection de Paul Methuen, il passa dans celle du propriétaire actuel.
Gravure : V. S. 49, Adrien Lommelin. La gravure de Lommelin présente de nombreuses différences avec le tableau. Elle a, du côté d’Abigaïl, une vieille femme, et, du côté de David, un page et deux têtes de guerriers de plus. La composition est considérablement élargie dans l’œuvre du graveur. Tout cela prouve que celui-ci a travaillé d’après un autre modèle que le tableau.
Smith dit qu’un autre tableau, représentant le même sujet, fut vendu dans la collection de W. Agar Ellis en 1806.
Voir planche 34.
I2obis, DAVID ET ABIGAÏL.
Paris. Collection de M. Rodolphe Kann.
Esquisse du n° précèdent.
'esquisse du tableau précédent se trouve actuellement dans la collection de Mr Rodolphe Kann, à Paris.
Dans la vente Julienne, Paris, 3o mars 1767, se trouvait une esquisse
(1) E. BONNAFÉ : Dictionnaire des Amateurs français au XVIIe siècle. Paris, 1884. P. 255.
SUSANNE ET LES VIEILLARDS
Gravé par VORSTERMAN.
Pl. 41.
intitulée Abimelech donnant des pains de proposition à David (H. 24, L. 3o pouces. Toile contenant 20 figures) qui fut vendue 3840 livres, à Horion,
de Bruxelles. Nous croyons que le sujet n’était autre que David et AbigcCil.
La Transportation de l’Arche.
Il existe une ancienne eau-forte, signée Pet. Paul Rubens invenit, qui représente des guerriers, couronnés de lauriers, transportant sur leurs épaules l’Arche sainte et le Chandelier aux sept branches. Une mère avec son fils, un garçon avec un chien, un centurion tenant sa baguette à la main, et deux soldats portant des enseignes romaines, les accompagnent. Le cortège est sur le point de s’engager sous une porte.
Le catalogue de Voorhelm Schneevoogt donne à cette gravure le nom de la Transportation de l’Arche et du Chandelier à sept branches. Elle représente, en
réalité, une partie du cortège triomphal de Titus, après la prise de Jérusalem,
et reproduit, avec quelques modifications, l’un des bas-reliefs qui ornent l’arc de triomphe de Titus, à Rome.
En 1846, la galerie de lord Northwick renfermait « David transportant l’Arche », une esquisse brillante, composée de plusieurs figures. (1)
Waagen ne mentionne point cette pièce.