‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessinsChapitre 119 sur 192 · FUITE EN ÉGYPTE · texte numérisé non relu

FUITE EN ÉGYPTE

i38. L’IMMACULÉE CONCEPTION.

Tableau inconnu.

|a Vierge est debout sur le globe terrestre, autour duquel est enroulé le serpent, dont le pied de Marie écrase la tête. Sur la main droite, elle tient le petit Jésus debout ; l’enfant entoure de son bras le cou de sa mère. Elle porte une couronne, autour de laquelle apparaît dans l’air un cercle de douze étoiles. Derrière son buste, des rayons jaillissent et vont se perdre dans les nuages qui bordent le tableau. Un petit ange, à droite, se cache à moitié dans le bord inférieur du manteau de Marie ; un autre, à gauche, relève un bout du même vêtement. La Vierge baisse les yeux avec recueillement. C’est une apparition aussi noble que gracieuse et une des plus belles figures de Rubens.

Le peintre a évidemment voulu représenter la femme de l’Apocalypse (XII-i): « Il parut un grand signe dans le ciel, une femme revêtue du soleil, qui

avait la lune sous les pieds et sur la tête une couronne de douze étoiles. » Seule, la lune sous ses pieds manque pour rendre complètement la figure tracée par Saint Jean.

Nous avons décrit le tableau d’après la gravure de Schelte a Bolswert, la peinture étant inconnue.

Suivant les annotations manuscrites de Mois et celles de Smeyers, conservées dans les recueils du premier, la composition gravée par Schelte a Bolswert, était placée au maître-autel de l’ancienne église du Finisterre, à Bruxelles. Au bas de la toile, on avait ajouté une gloire d’anges.

Au commencement du dix-huitième siècle, elle fut vendue au sieur Vervoort, marchand de tableaux à Bruxelles, qui la revendit à un confrère, le sieur Wachters. Celui-ci ôta la gloire d’anges que l’on voyait au-dessous du globe et fit ainsi du tableau deux morceaux séparés, qui furent vendus avant la dispersion de son cabinet, en 1762 (1).

Gravures: V. S. (Vierges) 1, S. a Bolswert; 2, N. Ryckemans ; 3, Anon. (Mart. van den Enden, exc.) ; 4, Jean Sanne ; 5, Anon. (Gaspar Huberti exc.) ; 6, Anon., plus petite (G. Huberti exc.) ; 7, Anon. (C. Galle exc.) ; 8, Anon. (P. Mariette exc.).

La gravure de Nie. Ryckemans n’est connue que par le catalogue del Marmol, n° 439 (2). Son existence prouve que le tableau date de 1620 environ.

Voir planche 45.

i3g. L’IMMACULÉE CONCEPTION.

Tableau inconnu.

a Vierge, une couronne sur la tête et un sceptre dans la droite, est debout sur le globe terrestre et écrase de son pied la tête du serpent. Sur le bras gauche, elle porte l’enfant Jésus qui, dans une main, tient le globe surmonté d’une croix et soulève l’autre, avec un geste et une expression de joie enfantine. La tête de la Vierge et celle de son enfant sont entourées de rayons. Marie est vêtue d’une tunique, sur laquelle est drapée un ample vêtement qu’elle retient de la main qui porte l’enfant.

(1) MOLS : Manuscrit cité, n° 5735, f. 461, et n° 5y33, f. 154.

(2) Catalogue de la plus précieuse collection d' Estampes de P. P. Rubens et dA. Van Dyck qui ait jamais existée. Le tout recueilli par Messire Del-Marmol. (Bruxelles) 1794.

Gravures: V. S. g, Matthias Borrekens (Dédicace: Venerandæ Admodum et Religiosæ Dominas Mariæ Parys Celeberrimi Monasterii SS. Trinitatis, Vallis Ducissæ prope Audergem Ordinis S. Dominici Priorissæ ac Dominas longe digniss. Mart. vanden Enden D. C. qui et excudit 1644) ; 10, M. Borrekens (le globe est remplacé par un piédestal).

L'Immaculée Conception.

Nous avons rapporté que, au dire de Pacheco, Rubens peignit, en 1628- 1629, une Immaculée Conception pour don Diego Megia qui lui portait beaucoup d’amitié (1). En admettant le fait comme vrai, nous ignorons ce que ce tableau est devenu.

Il se peut que ce soit le même qui fut donné à Philippe IV par le marquis de Leganès et qui, en i636, ornait l’autel de l’oratoire de Sa Majesté, à l’Alcazar de Madrid (2). L’inventaire des collections royales, rédigé en cette dernière année, attribue ce retable à Rubens et nous permet d’y reconnaître le même tableau qui s’est longtemps trouvé à l’Escurial dans l’anté-sacristie ou dans les appartements du prieur (3).

Dans la première moitié de ce siècle, il fut transféré au musée royal de Madrid. Les catalogues de cette galerie, publiés en 1843 et en i858, le citent encore comme une œuvre de Rubens, tandis que les éditions postérieures de ce livre l’attribuent à Erasme Quellin. Cruzada Villaamil, ignorant ce changement, le mentionne parmi les œuvres perdues de Rubens.

Le tableau du musée de Madrid (n° i537) est-il réellement d’Érasme Quellin ? Nous ne l’affirmerons pas ; mais il nous paraît impossible que Rubens l’ait fait de sa main en 1628-1629.

Waagen et Clement de Ris (4), qui l’ont vu, lorsqu’il se trouvait encore sous le nom de Rubens, en font un grand éloge. Le dessin a effectivement un mérite réel, mais le coloris est faible.

(1) Voir plus haut, p. 1 3 1 , et CRUZADA VILLAAMIL : Op. cit. , p. 143.

(2) Cruzada Villaamil: Ibid, p. 3o8.

(3) Fr. DE LOS SANTOS : Descripcion del real Monasterio de San Loren\o de Escorial. Madrid, 1698, f. 78. — PALAMINO VELASCO y Fr. DE LOS SANTOS : Las cividades, iglesias

y conventos en Espana. Londres, 1746.

(4) WAAGEN : Kleine Schriften, p. 265-2 66. — CLÉMENT DE Ris : Le musée royal de Madrid, p. m.

La composition se rapproche beaucoup de celle qui fut reproduite par Schelte a Bolswert ; mais elle en diffère par des détails essentiels. Ainsi, dans l’œuvre gravée, les anges et le serpent ne tiennent aucun objet ; dans le tableau du musée de Madrid, l’un des anges porte une couronne, l’autre une palme, tandis que le serpent mord dans une pomme.

Pacheco a donc commis une erreur, en affirmant que Rubens a fait une Immaculée Conception pour don Diego Megia, ou bien ce tableau s’est perdu.

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