‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessinsChapitre 121 sur 192 · LA VISITATION · texte numérisé non relu

LA VISITATION

Gravé par Pierre de JODE, le jeune

Pl.

domine dans les ombres, le rose tendre dans les chairs. Un effort très sensible est tenté pour plaire au spectateur en produisant sur ses sens une impression agréable et dans son âme une douce émotion. Il est évident que le caractère exceptionnel de l’exécution doit être attribué en majeure partie à l’élève qui a fait les premiers travaux. S’il fallait citer le nom de ce collaborateur, nous indiquerions celui de Van Thulden, qui avait une préférence marquée pour les scènes gracieuses et les couleurs tendres.

Quoiqu’il en soit, tout le travail préparatoire est de la main d’un disciple, retouché comme d’habitude par Rubens dans les parties principales, qui sont ici les chairs et les vêtements de Ste. Anne et de sa fille. La robe de soie de la Vierge surtout porte les traces du travail supérieur du maître ; les têtes d’Anne et de Marie sont de sa main. On distingue en outre clairement les taches de chaude lumière qu’il a jetées dans le ciel ouaté.

Il est difficile d’assigner une date à l’œuvre, tant le travail de l’élève domine. Nous croyons cependant ne pas nous tromper de beaucoup en la plaçant à la date de 1025 environ. Outre le caractère général qui rappelle cette époque, nous trouvons dans le tableau une preuve plus positive à l’appui de cette hypothèse. La jeune Marie est évidemment le portrait d’Hélène Fourment, à l’âge de io ou n ans. C’est-à-dire, que la future épouse du peintre posa pour cette figure vers 1025. Le St. Joachim est le même modèle qui servit pour le St. Joseph de la Vierge au- Perroquet, mais vieilli.

Le tableau fut peint pour l’autel de la chapelle de Ste. Anne dans l’église des Carmes déchaussés, à Anvers, où il resta jusqu’en 1794. Il fut enlevé à cette date par les commissaires de la république française et ramené en i8i5.

Gravures : V. S. (Saintes) 4, S. a Bolswert. Au premier état, la gravure n’a pas de dédicace ; au second, elle porte : Nobili Matronæ Dominæ Annæ de Millairy et Tamison, hanc imaginem gratitudinis ergo ob exstructum suo in conventu egregium divæ Annæ Eremitorium Carmelitæ discalceati Namurcenses D. D. C. Q. Martinus van den Enden ; sur le troisième état, on lit : Nobili et Generosæ Dominæ Annæ de Hellincx, Strenui ac Nobilis Dni Ludovici le Comte de d’Orville, Equitis, Toparchæ Sti Joannis, Sli Remigii, Stæ Mariægheest, Pietremal, Geneuille, etc. Conjugi lectissimæ Martin, van den Enden D. C. Q. ; 5, Anon. (Mariette exc.) ; 6, C. Waumans (sans le St. Joachim) ; 7, A. Voet (St. Joachim et l’un des anges, ainsi que les roses grimpantes manquent ; l’estampe est entourée d’un passe-partout orné d’une guirlande de fruits et de feuilles) ; 8, Dossier ; 9, Franc. Sesone ; 10, Anon. (sans le

St. Joachim et l’ange à droite); n, J. Devaux; 12, Anon. (chez N. J. B.

de Poilly), sans les deux anges, avec un autre fond ; i3, Anon. (Gasp. Huberti exc.) ; 14, Langot. Non décrits : Anonyme (C. Galle exc.) ; G. Mercier

(Gazette des Beaux-Arts, 1 juillet 1884) ; H. Delpierre (lithographie). La tête de la Vierge seule a été gravée par A. Collette (V. S. Histoires et Allégories sacrées, 82).

Voir planche 46.

i4obis. l’éducation de la vierge.

Esquisse du tableau précédent.

Panneau. H. 43, L. 32.

^Suivant Smith ( Catalogue IX, 26) le comte d’Ashburnham possédait, en 1842, une étude terminée pour le tableau précédent. L’épithète “ terminée, » donnée à cette esquisse, est de nature à faire douter de son authenticité.

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