‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessinsChapitre 148 sur 192 · LE REPOS EN ÉGYPTE · texte numérisé non relu

LE REPOS EN ÉGYPTE

En 1806, dans la vente de la collection du marquis de Lansdowne, il fut adjugé pour la somme de 840 liv. st. au marquis de Westminster, dans la famille duquel il est resté.

Nous n’avons pas rencontré le tableau dans la collection de Grosvenor House, telle qu’elle est actuellement visible.

Descamps dit en parlant de cette œuvre : « Cette composition est sçavante et pleine de finesse, la Vierge est jolie, mais je ne la crois pas très bien assise : ce tableau se gâte, ce qui le fait paraître foible de couleur. Withdouck nous en a gravé une belle estampe (1). «

Gravures: V. S. 73, H. Witdouc, i638 ; 74, Anon. (C. Galle exc.) ; 76, Anon. Reproduit dans Youngs Gallery, dans Louvain monumental et dans Y Art (1882, I, 174).

Voir planche 59.

176b L’ADORATION DES MAGES.

Londres. Galerie de Sir Richard Wallace. Esquisse du tableau précédent.

Panneau. H. 49, L. 36.

'esquisse du tableau précédent fait partie de la galerie de Sir Richard Wallace, à Londres. Elle fut vendue à la vente van Saceghem, 44 fl. i5 s. Elle avait paru dans celle de François de Bouchaut, à Gand, le 14 juin 1784. Il y a de légères différences entre le tableau et l’esquisse.

Gravure : V. S. Ô7bis et 97, P. Spruyt, tiré du cabinet de M. van Saceghem, à Gand.

1 77. L’ADORATION DES MAGES

Toile. H. 166, L. 244.

Vierge est debout et tient des deux mains l’enfant qui est assis sur un coussin posé sur la crèche. Le petit Jésus prend d’une main une pièce d’or dans la coupe que lui présente un mage agenouillé ; le second mage, debout derrière celui-ci, tient une cassette ouverte ; plus loin

(1) Descamps: Voyage, 104.

le roi nègre s’avance vers ses collègues. Un petit page tient le manteau du premier roi, un autre porte un encensoir. Au second plan, on voit quatre hommes de la suite, dont deux à casques et un à turban ; un serviteur tient un cheval ; un autre monte un chameau. Un second cheval et un second chameau se voient encore, de même que plusieurs lances.

Le fond se compose, en grande partie, de la bâtisse de l’étable ; le reste est occupé par le ciel. Du côté de la Vierge, on voit un chien, ainsi que le bœuf et l’âne mangeant à leur râtelier.

Le tableau appartint d’abord à Balthasar Moretus. Les archives de

l’architypographie anversoise ne fournissent aucun document sur son acquisition. Nous le trouvons mentionné dans l’inventaire fait par Balthasar Moretus II, le 3i décembre i658. Il y est inscrit de la manière suivante :

« Les trois rois, pièce de cheminée par Rubens, évaluée fl. 600 (1). «

Dans la première moitié du XVIIIe siècle, il fut vendu à Godefroy,

joaillier à Bruxelles, pour une somme de 1200 à 1400 florins (2). Dans la vente de ce dernier, tenue le 22 avril 1748, il ne trouva pas d’acquéreur.

Madame Godefroy le vendit plus tard au duc de Tallard, pour une somme de 8000 livres. Dans la vente de ce dernier (Paris, 22 mars 1756), il fut payé 7,5oo fr. et acheté, au dire de Mariette, pour le roi de Prusse.

Cet auteur qui a vu le tableau, dit : « On le trouve lourd de composition,

et on a esté jusques à dire qu’il n’estoit pas de Rubens. Je ne suis pas de

cet avis. Je conviens pourtant que Rubens a mieux fait et que ce morceau n’est pas de sa grande manière. Le tableau est beau, mais il n’est pas

heureux (3). «

Gravures: V. S. 78, Adrien Lommelin, i663 (Dédicace: Nobilissimo Amplissimoq. viro Domino Henrico vanden Werve Equiti aurato, Urbis Antverpiæ pluries Senatori nuper quoq. Thesaurario supremo, nunc autem Consuli Primario L. M. D. C. Q. Ægidius Hendricx Antverpianus. A° i663) ; 79, Anonyme, avec quelques légers changements.

L' Adoration des Rois.

Il existe une Adoration des Rois fort mal gravée par un anonyme, où l’on

(1) Dry Coninghen, schoustuck van Rubens, fl. 600.

(2) MOLS : Ms. 5735.

(3) Mariette ; Abecedario, Y. 78.

voit l’enfant Jésus assis sur un échafaudage de deux blocs ou caisses carrées. Sa mère le soutient. Un roi mage est agenouillé devant lui et a déposé sur le bord du siège de l’enfant une coupe remplie de pièces d’or. Le roi nègre étend la main ; le troisième mage porte un encensoir. Leur suite se compose de quatre hommes, dont trois sont armés de lances. Contre le cadre, on voit la tête d’un chameau et le devant du corps d’un chien ; dans le haut, deux anges.

Il est permis de douter de l’authenticité de cette pièce ; au premier état, elle ne porte aucun nom de graveur ni de peintre. C’est probablement par supercherie que en y mettant les inscriptions, on l’a attribuée à Rubens.

Gravure : V. S. 58, Anonyme (C. Galle exc.) ; j5, même planche avant la lettre.

L’ Adoration des Rois.

Sujet d’un des plafonds de l’église des Jésuites, à Anvers. (Voir n° 4.)

U Adoration des Rois.

Voorhelm Schneevoogt cite encore les estampes suivantes d’après des Adorations des Rois peintes par Rubens ou attribuées à lui :

V. S. go, Girolamo Frezza ; gi, Steph. Gantzel ; g2, Elias Kusel ; g3, Joan Cnobbaert ; gq, Anonyme (C. Danckerts exc.) ; g5, Rombout Heymhoweck ; g6, Anonyme (Frederick de Wit exc.) ; g8, G. H. Schifflin ; gg, Anonyme ; 100, Anonyme ; 101, W. Unger.

La gravure de Girolamo Frezza est faite non d’après une œuvre de Rubens, mais d’après celle d’un néerlandais antérieur à lui. Un tableau d’Abraham Blommaert que possède le musée de Grenoble (n° 82) présente une ressemblance frappante avec cette estampe. Celles de Steph. Gantzel, d’Elias Kusel et de Jean Cnobbaert ne portent aucun nom et ne présentent donc aucun caractère d’authenticité ; le n° gg reproduit un dessin attribué à Rubens et fait d’après un tableau de Paul Véronèse ; le n° 101 représente, non une Adoration des Rois, mais une Sainte Conversation où la Vierge est honorée par divers saints. Nous parlons plus loin du n° 100.

Le catalogue des tableaux qui se trouvaient dans la mortuaire de Rubens mentionne, sous le n° i65, une Adoration des Rois.

Un tableau, représentant le même sujet, se trouvait, selon Ponz (Viage de Espaha), sur le maître autel de l’église des Dominicains, à Loeches.

Marie de Wignerod de Pontcourlay, duchesse d’Aiguillon, nièce du cardinal de Richelieu (1604-1675), possédait une Adoration des Rois par Rubens (1).

Mensaert dit que, de son temps, le tableau du maître autel de l’église des Capucins à Courtrai représentait l’Epiphanie, pièce admirable et d’une composition très riche, par Rubens (2).

Descamps ne parle point de ce tableau dans sa description de la même église.

La Présentation an Temple.

Volet de la Descente de croix, à l’église de Notre-Dame, à Anvers. (Voir cette œuvre.)

Voir planche 60.

L’ Adoration de l’enfant Jésus.

Le cabinet des estampes de la bibliothèque nationale de Paris possède une gravure ancienne, portant l’inscription P. P. Rubens invenit. On y voit, dans le fond, l’étable de Bethléhem ; au milieu, l’enfant dans sa crèche ; derrière lui, la Vierge ; à gauche de celle-ci, St. Joseph, l’âne et le bœuf. Agenouillés en cercle autour du nouveau-né, six moines, frères mineurs, se trouvent en adoration. Sur le sol, des débris de colonnes ; dans le lointain, un paysage.

L’estampe ne porte pas de nom de graveur. La composition rappelle peu la manière de Rubens.

Gravure : V. S. 100. Anonyme.

(1) BONAFFÉ : Dictionnaire des amateurs français au XVIIe siècle. Paris, 1884. Article: Aiguillon.

(2) Mensaert : Op. cit. II, 70.

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