LA MADONE
(L’enfant Jésus dort dans son berceau).
'enfant Jésus dort dans un petit lit qui a la forme d’un sofa. Il est tout nu, mais un gros tissu l’enveloppe jusqu’à la poitrine ; son bras est posé sur la couverture. Sa mère est assise derrière le lit,' elle lève les mains jointes et penche la tête pour contempler son bien-aimé. Les cheveux de la Vierge sont ramenés en arrière et un voile lui descend de la tète sur les épaules.
Gravure : V. S. 54, Luc Vorsterman. (Titre : Dormit in extructo etc.) Il existait dans la collection Ellinckhuyzen un dessin à la plume qui servit de
modèle à la gravure de Vorsterman et qui fut exposé à Anvers, en 1877 (1).
Dans ce dessin et dans la gravure, le peintre a fort probablement fait subir certaines modifications à sa conception première. M. Hymans regarde la gravure de Vorsterman comme la première pièce faite par cet artiste d’après un tableau de Rubens. Elle daterait donc de 1617 ou de peu de temps avant cette année (2).
On voit dans l’église St. Nicolas, à Bruxelles, un tableau à peu près
identique qui doit être une copie d’après la composition primitive de Rubens. On n’y remarque point le bois de la couchette de l’enfant et les deux mains sont cachées sous la couverture. Ce tableau est placé sur le tombeau de Pierre Henri Ausloos, vicaire de l’église, mort le ir février 1816. Il a été
gravé par P. Spruyt (V. S. 55).
Le tableau original fut vendu dans la collection du cardinal Valenti, à Amsterdam, le 18 mai 1763. Il mesurait 24 1/2 pouces de hauteur sur 19 de largeur et fut adjugé à 570 florins. La couverture du berceau, dit le catalogue, était ornée de fleurs vivantes.
Voir planche 67.
(1) L'œuvre de Rubens. Catalogue de l’exposition, 1877. Seconde e'dition, p. 186, n° 1.
(2) H. HYMANS: Op cit. p. 164.
18g. LA MADONE.
(L'Enfant agenouillé sur les genoux de sa mère).
St. Pétersbourg. Hermitage, 538.
Toile. H. 108, L. 84.
a Vierge est assise sur un banc de pierre. Au-dessus d’une robe rouge écarlate, elle porte une draperie bleue purpurine, à reflets. Un voile noir lui descend de la tête sur l’épaule droite. L’enfant Jésus porte une chemise blanche ; il s’appuie par un genou sur les genoux de sa mère, et la regarde affectueusement en lui passant les bras autour du cou. La Vierge entoure de ses mains jointes le milieu du corps de l’enfant. Le fond est d’un gris clair, à droite, et foncé, à gauche. La peinture est solide ; une lumière chaude tombe sur la figure de la Vierge et projette des tons brillants sur ses draperies. L’expression de l’enfant est fort belle. La Vierge est robuste, sans exagération. Le coloris est éclatant. C’est assurément une des plus belles Madones de Rubens.
Tableau entièrement de la main du maître et datant de i6i5 environ.
Il fut acheté dans la collection du baron de Thiers, à -35oo francs, pour l’impératrice Catherine IL
Le i3 octobre i6i5, les archiducs Albert et Isabelle firent payer à Rubens 3oo florins pour une peinture de Notre-Dame avec l’enfant Jésus (1).
Gravures : V. S. 63, S. a Bolswert (Titre : Osculetur me osculo etc.) ; 63bis Anonyme (J. B. H. Bonnart exc.); 64, Anonyme (Mariette exc.); 65, Anonyme (Gaspar Huberti exc.) ; 66, Suyderhoef.
Dans la gravure de S. a Bolswert, le fond tout uni du tableau a été remplacé par un mur contre lequel la Vierge est assise. Un pilier fait saillie sur la paroi. A gauche, une balustrade, au-dessus de laquelle on aperçoit un paysage montagneux, ayant au premier plan une pièce d’eau et des bâtiments.
Dans la gravure de Suyderhoef, on ne voit qu’une main de l’enfant ; la coiffure de la mère diffère : il y a une colonne dans le fond. Les nos 64 et 65 sont des copies de l’estampe de Bolswert ; dans le premier des deux, le
(1) A Pietro-Paulo Rubens, pintor, 3oo florines, por dos retratos que a hecho, uno de la Infante, mi Senora, y otro mio, los quales mande ynbiar a Espaiïa al marques de Siete-Yglesias. y otros 3oo florines por una pintura de Nuestra-Senora con el nino Jésus. Brusselas, a i3 de Ottobre de i6i5. — A. PlNCHART : Archives des Arts, Sciences et Lettres. II, 172.
graveur a placé la tête de l’enfant de trois quarts, tandis que dans son modèle elle est vue à peu près de profil.
P holographies : A. Braun ; Ch. Roetger.
La même Madone, ayant Ste. Anne à côté de l’enfant Jésus, a été gravée par Nie. Ryckemans (V. S. 119),
Il existe une gravure, non décrite, de J. de Meere, d’après un tableau du cabinet de M. J. van Tieghem, représentant la Vierge en buste et l’enfant appuyant la tête contre la poitrine de sa mère. Il porte la main au cou de Marie et lève les yeux vers elle.
Voir planche 68.
i8gBIS. LA MADONE.
(L’enfant agenouillé sur les genoux de sa mère.)
Paris. Galerie de M. Maurice Kann.
Panneau. H. 100, L. 76.
épétition du tableau précédent, datant de la même époque. Quoiqu’inférieur à la toile de l’Hermitage, ce panneau a un mérite réel et trahit la main de Rubens.
Il fut vendu dans la collection du Bus de Gisignies (Bruxelles, g mars 1882) et acheté par M. Sedelmeyer, au prix de i5,5oo frs., sans les frais.
M. du Bus de Gisignies l’avait acquis de M. Étienne le Roy, en 1861.
Photographie : J. Maes, dans la Galerie du Vte du Bus de Gisignies. Bruxelles. Fr. -J. Olivier, 1878.