‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessinsChapitre 164 sur 192 · LA MADONE AVEC DES SAINTS · texte numérisé non relu

LA MADONE AVEC DES SAINTS

Gravé par PAUL PONTIUS.

Pl. 70

• aj b

Le même jour, Jean Breughel écrit au Cardinal : « Enfin, il y a cinq semaines, le tableau de l 'Élément de l’air est parti avec les marchandises du sieur Annoni, et je lui ai remis en même temps un autre tableau très précieux de ma main, que j’ai volontiers destiné à Votre Illustrissime Seigneurie, parce qu’elle montre qu’elle attache quelque prix à mes petites pièces. Dans l’espoir que cette peinture lui donnera une satisfaction extraordinaire, non seulement par sa propre beauté et par le fini des animaux et des oiseaux, mais encore parce que la figurine de la Madone est faite de la main du sieur Rubens, homme de mérite et de réputation dans ce genre de travaux, je me recommande aux bonnes grâces de Votre Seigneurie. » (i).

Le il février 1622, il écrit encore au sieur Ercole Bianchi : « J’ai envoyé une guirlande de fleurs avec une Madone divinement peinte de la main de Rubens. Si elle ne vous plaît pas, je vous prie de chercher quelque monastère ou quelque prince qui la trouve à son goût, parce qu’elle me paraît uné chose précieuse » (2).

Le ir avril de la même année, Laurent Beyerlinck, écrivant au cardinal Borromée, rappelle encore l’envoi de ce même tableau (3).

Il passa, avec le reste de la collection du cardinal Frédéric Borromée, dans la bibliothèque Ambroisienne, d’où il fut enlevé par les troupes françaises,

(1) Finalmente (il quadro del ellemento del’ario) e andata chinque settemani sono colle robbe del Sig. Annoni et ancora li ho dato per compagnia un altro quadro rarissima pur de mia mano, che per esser taie ho destinato tanto pui volontieri a V. S. 111. mo quanto lei mostra di tener in qualq preggio la mie cosette. Con speranza che questa pittura debba dara a V. S. 111. m una sodisfattiona straordinaria non sola per la vagezza e politezza usata da me nella fiori, animali et uitzelli, ma ancora per esser fatta la figurina délia Madona di mano del sig. Rubens, huomo virtuosa et famoso in queste bande. Con che mi raccomando humil.te nella bona gratia di V. S. — GIOVANNI GRIVELLI : Op. cit. p. 273.

(2) Io ha mandato un quadro fatto per sua ordine, Ellement del ario : un altro mandai senso ordina, un girlande de fiori per fare piatcir : le Madonna fatto divinamento de mane de Rubbens. Si detta Madonna non e seconde il gusto du su Sig.ia 111. ma, prega di trovar comodita in quelche Monesterio, o a quelche Principo, perche me pare una cosa raro : io me fide aile solito antique amicitio d V. S. — Ibid. P. 283.

(3) Jam finiebam : et ecce intervenit dum hæc scribo, familiaris meus, etiam dominationi Tuæ, ab arte qua inter Pictores nostrates, quidni et exteros ? præcellit, non ignotus, Brueghelius. Qui exsiliens ad nomen R.mæ Tuæ Gratiæ, atque illud verecunde venerans, querebatur, quod elapso proximo Julio, eidem per mercatorem Anoni transmiserit binas tabulas affabre depictas, alteram ex voto ejusdem T. G., alteram ductam artifici penicillo nostri Rubenii, Belgici Apellis, et corollis omnigenum florum a se adornatam. — Ibid. P. 289.

à la fin du siècle dernier. Il fut placé dans le Louvre et y resta après i8i5.

C’est donc à tort que le catalogue de ce musée croit retrouver dans la présente Madone celle qui figure parmi les tableaux vendus dans la mortuaire de Rubens, sous le n° 24g.

Le guide de la bibliothèque Ambroisienne signale encore comme existant dans cette collection célèbre, une Vierge par Rubens entourée d’une guirlande de fleurs par Jean Breughel. C’est une erreur : la Vierge est de Van Baelen et fut faite en 1618 (1).

Dans le tableau de Jean Breughel de Velours qui porte au musée de Madrid le n° 1228 et qui est intitulé La Vue, diverses peintures sont reproduites et entre autres la présente Madone. Elle est de dimensions assez considérables et se trouve déposée par terre, à l’extrême droite.

Photographie : A. Braun.

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