LES QUATRE ÉVANGÉLISTES
Gravé par SCHF.LTE A BOLSWERT.
Pl. I £
groupe volent deux anges, dont l’un porte un flambeau et montre de la main la figure de l’Eucharistie.
Sur le devant du soubassement, on voit un réchaud sur lequel est posé un creuset contenant un cœur. Des deux côtés du réchaud, un monstre ailé, au buste de femme, à griffes de lion et à queue de poisson.
Les différents personnages sont heureusement disposés et remplissent bien la grande toile. Leur attitude inclinée, la belle pose de la figure principale qui étend la main en avant et retourne la tête, tandis que le vent fait flotter ses draperies, indiquent simplement, mais heureusement le mouvement du cortège. C’est un magnifique spécimen d’une marche triomphale rubénienne : le vainqueur se campe avec une aisance superbe et emphatique, les vaincus étalent l’ampleur hyperbolique de leurs muscles.
La peinture, aux couleurs sobres, à la lumière claire et unie, se détache sur un fond neutre. L’impression du travail est celle d’un superbe décor moins soigné, moins achevé que la galerie de Marie de Médicis. La composition est conçue avec aisance et exécutée avec beaucoup d’entrain. Les anges et la figure de l’Eucharistie, surtout, sont remarquables par l’élégance de leur tournure. Composition rubénienne, exécutée par un élève, et retouchée par le maître dans les parties principales.
Les reflets dans les draperies, la lumière abondante et claire et toute la facture indiquent la date de 1626 à 1628.
Gravures: V. S. 16, Nie. Lauwers ; 17, Lr. Ragot; 18, Anon. (Mariette exc.) ; ig, Anon. (H. Jans exc.). (Inconnu à V. S.) Ch. de Billy. La gravure de Nie. Lauwers porte dans le cartouche fixé à l’architrave le titre : Novœ Legis Triumphus.
Tapisseries : Des exemplaires de la tapisserie, faite d’après ce modèle, se trouvent au couvent des Dames religieuses déchaussées royales, à Madrid, dans a collection du baron Erlanger, et dans celle de M. Michel Lerrié à Marseille. Le dernier est signé par Jean-Lrançois Van den Hecke, de Bruxelles.
Le musée de Madrid (n° 1622) possède une petite copie de cette composition, photographiée par J. Laurent.
L’église de St. Pierre, à Gand, possède une ancienne copie de dimensions plus grandes, ayant appartenu à l’ancienne abbaye de St. Pierre (1).
Voir planche 14.
(1) CH. Piot : Rapport sur les tableaux enlevés à la Belgique en 1794. Bruxelles, 1 883 . Dp. 428, 430, 439.