‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessinsChapitre 82 sur 192 · LOTH QUITTE SODOME · texte numérisé non relu

LOTH QUITTE SODOME

Paris. Musée du Louvre, 425.

OTii, sa femme et ses deux filles viennent de quitter Sodome, au moment où les foudres du ciel y mettent le feu. Loth qui marche le premier, à droite, ne paraît s’avancer qu’en hésitant et les larmes aux yeux ; mais un ange, aux ailes déployées, l’entraîne. Sa femme a plus de

(1) Description des principaux ouvrages de Peinture et de Sculpture, actuellement existans dans les Eglises , Couvens et lieux publics d'Anvers. A Anvers, chez Gérard Berbie. Nombreuses éditions françaises et flamandes dans la seconde moitié du siècle dernier.

DAVID ET ABIGAIL

peine encore à partir et semble implorer le pardon de Sodome ; elle se retourne déjà à moitié pour revoir la ville en flammes et transgressera, à coup sûr, la défense de regarder derrière elle. Un second ange l’engage à avancer et la pousse presque par l’épaule. Après eux vient une des filles de Loth, conduisant par la bride un âne, chargé de coupes et de vaisselle d’argent.

C’est la femme blonde et grasse que l’on aime tant à faire passer pour

Hélène Fourment, quoique le peintre la peignît, longtemps avant qu’il ne connût sa seconde épouse. Elle porte une robe rouge, dont le bord replié montre la doublure purpurine, à reflets, et une jupe d’un vert très foncé. Vient ensuite la seconde fille du patriarche, portant un panier de fruits sur la tête.

A gauche, on voit la porte de la ville que la famille vient de quitter ;

à droite, un bout de paysage ; dans le ciel, quatre démons qui lancent les foudres sur Sodome.

La petite peinture a l’ampleur d’une grande composition; par le mouvement qui anime toute la scène, elle donne l’illusion d’un cortège. L’expression des principaux personnages est également bien réussie et fort dramatique : la douleur de Loth et de sa femme fait contraste avec l’insouciance de leurs filles, brillantes de jeunesse et exubérantes de santé.

C’est une production franchement admirable. Les lumières très blondes et les reflets abondants indiquent que le maître abandonne sa seconde manière; mais les couleurs ne sont pas encore assez rompues, les contours encore trop nets, pour permettre de songer à une époque fort avancée de la carrière de l’artiste. La date placée sous sa signature est là pour nous dire que le tableau a été fait en 1025.

Il est entièrement de la main du maître et signé :

Pe. Pa. RVBENS Fe A0 1625.

Gravures: Ferd. Leenhoff, pour la Société française de gravure; Anonyme, gravure sur bois, dans la Gazette des Beaux-Arts du 1 mars 1884 ; Ch. de Billy, dans L’Art. 1882, I, p. 22.

Photographies : A. Braun ; Phot. Gesellschaft, Berlin.

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