‹ L'œuvre de P.P. Rubens (volume 2)Chapitre 45 sur 298 · Tome IV, page 7g. 842^. Une Orgie de Soldats · texte numérisé non relu

Tome IV, page 7g. 842^. Une Orgie de Soldats

Bruxelles. Collection Le'on Somzée.

Toile. H. 120, L. 177.

Le tableau original vient d'être retrouvé. M. Léon Somzée, de Bruxelles, à qui il appartient, l'a acheté à Rome. A droite, on voit un soudard tenant une grosse servante d'auberge entre les bras. Derrière ce groupe, un soldat tire à des pigeons perchés sur un arbre. Au milieu du tableau, cinq lansquenets

(i) D'' Theod. Frimmel: Kleine Galeriestudiën. I, 39.

dont l'un est assis, un verre de vin à la main, tandis qu'un autre nnenace de la hampe de sa lance deux paysans, transis de frayeur et suppliants, qui se tiennent à gauche. Une pauvre femme, un enfant sur le bras, offre une bourse à la soldatesque brutale; au premier plana gauche, une grosse fille de joie est assise par terre, regardant le lansquenet qui tient le verre en main. Dans le fond, une guinguette, des arbres, des champs. C'est un tableau étrange ; la facture est bien de la main de Rubens, mais on ne retrouve nulle part dans son œuvre les modèles qu'il a employés ici ; ni les paysans hébétés par la peur, ni les figures hautement fantaisistes des soudards ; à peine, si les deux grosses femmes rappellent certaines de ses matrones. Les costumes diffèrent tout aussi complètement de ceux qu'il reproduit dans ses autres œuvres. La lumière n'est pas moins inaccoutumée. Dans le fond, à gauche, règne une grande clarté blanche, qui s'éteint en partie à droite, mais renait avec un vif éclat sur la figure du bandit et sur la servante qu'il embrasse, et reparaît, mitigée, sur les autres personnages, pour resplendir encore sur le cou de la courtisane assise.

Le tableau vient d'Italie et la légende qui s'y rattache le fait exécuter dans ce pays. Cette tradition est inadmissible ; la facture est bien celle de la fin de la carrière du maître et nous devons assigner à cette peinture énigmatique la date de lôSg environ.

Photographie : Anonyme.

843. Un Combat de paysans. Dans une liste de tableaux appartenant, en 172 1, à Van den Berghe, de Gand, se rencontre une Rixe de paysans par Rubens et Jean Breughel de velours, évaluée à 600 florins. Le tableau fut vendu à La Haye, en 1723, au prix de 440 florins (i).

85o. Paysans allant an marché. Exposé, en iSgi, dans l'Exhibition of Old Masters, à Londres, par sir E. C. Guiness bar'.

858. Quatre Têtes de Nègres. Acquis par le musée de Bruxelles, en li au prix de 80,000 francs. Le tableau est bien de la main de Rubens. Il est fait avec une légèreté et une sûreté de main admirables, jointes à un grand amour de la Vérité, qualités qu'à cette époque ne possédait certes pas Van Dyck à qui Bode croit pouvoir attribuer l'œuvre. La lumière chaude se joue sur la peau couleur de chocolat et y fait naître des reflets gris et bleuâtres;

(1) Messager des Sciences liistoriques. Gand, 1891, pp. 476, 478.

quelques points rouges à la naissance du nez et aux oreilles caractérisent également la facture rubénienne.

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