‹ L'œuvre de P.P. Rubens (volume 3)Chapitre 148 sur 161 · LA SAINTE FAMILLE · texte numérisé non relu

LA SAINTE FAMILLE

JÉSUS, MARIE, JOSEPH, Ste. ANNE.

(L'enfant Jésus debout sur les genoux de sa mère.)

Madrid. Musée, i56o.

Toile. H. II 5, L. 90.

Fa Vierge est assise tenant, debout sur ses genoux, l'enfant Jésus qui regarde sa mère avec tendresse, lui passe une des mains autour du cou et pose l'autre sur son sein nu. Ste. Anne est derrière l'enfant et de la main lui touche le dos. St. Joseph est accoudé sur le dossier du siège de la Vierge. Le fond est formé par un ciel d'un gris obscur et par un portique de même nuance.

La vénération avec laquelle la Vierge regarde son enfant, ainsi que le contentement empreint sur la figure de Ste. Anne, sont admirablement rendus.

Marie porte une robe d'un rouge vif et au-dessus de celle-ci une draperie bleu-clair, qui, dans la partie inférieure, se colore d'un singulier reflet jaunâtre. L'enfant est entièrement nu. Les deux figures sont peintes dans une tonalité très vigoureuse, qui ne manque point cependant de douceur ; les ombres sont chaudes et transparentes. La Vierge a les chairs plus fermes et plus vivement colorées, l'enfant est de carnation plus moelleuse.

Le tableau se trouvait jadis à l'Escurial, dans les appartements du prieur. Francisco de los Santos en fait un grand éloge (i).

Gravures : V. S. i33, S. a Bolswert (Titre : Dilectus meus) ; 134, Anonyme (Geeraard Donck exe.) ; i35, Anonyme ; i36, P. Pontius ; i37, Anonyme (J. Sandrart exe.) ; i38. Anonyme ; i3g, Alex. Voet.

La gravure de Pontius rend exactement le tableau. Celle de S. a Bolswert

et les autres planches, copiées d'après cette dernière, ajoutent, du côté où se trouve l'enfant, un berceau et une échappée de vue sur le paysage. Elles montrent la Vierge jusqu'aux pieds, tandis que le tableau la représente jusqu'aux genoux. Le portique diffère également. Dans la gravure d'Alex. Voet, Ste. Anne manque.

Photographies: A. Braun ; J. Laurent.

Le musée de Turin (n° 3g3) possède une copie de cette Sainte Famille où Ste. Anne est omise. Toile. H. ici, L. 96.

(i) Francisco de los Santos : Descripcion del real Monasterio de San Loren{o de el Escorial. Madrid, 1698. P. yS.

Gravure: V. S. 121, C. Ferreri.

Smith signale un autre exemplaire d'une Sainte Famille, semblable à celle de Turin, dans la collection du comte Spencer à Althorp.

Nous en avons rencontré un troisième exemplaire chez un marchand de tableaux, à Anvers.

Dans la vente Simon-Emil-Moritz Oppenheim (Cologne, 14 octobre 1878) se trouvait une grisaille de ce tableau. Dans le catalogue de la vente, elle était reproduite par la phototypie. Elle venait de la collection Lyversberg de Cologne. Bois. H. 27, L. 20.

Voir planche 72.

JÉSUS, MARIE, St. JEAN, Ste. ELISABETH, UN AGNEAU.

(St. Jean à califourchon sur l'agneau.)

Lowther Castle. Collection du comte de Lonsdale, Toile. H. i53, L. iio.

A Vierge est assise à gauche ayant sur les genoux l'enfant Jésus. Celui-ci regarde sa mère en tenant une main devant la bouche d'un agneau couché par terre. Le petit St. Jean s'est mis à califourchon sur l'animal ; il est maintenu par Ste. Elisabeth qui regarde avec plaisir cette scène de joie enfantine. Appuyée contre l'agneau, on voit la croix avec banderole de St. Jean.

Smith ajoute ce qui suit à la description de ce tableau : " Un manuscrit conservé dans la collection Lowther nous apprend que cette peinture capitale fut exécutée à Anvers pour un sieur Goubau : un de ses descendants la vendit au capitaine Baillie, en même temps qu'un tableau de Van Dyck. Cette acquisition fut faite pour compte de Sir James Lowther, au prix de 1887 liv. st. - (i).

Selon Mois (Ms. 5734, p. i55), ce serait une des deux Saintes Familles gravées par Witdoeck qui fut vendue en même temps qu'une Charité de Van Dyck. L'acheteur aurait été le chevalier Robert Ludbroke et le tableau se serait trouvé, vers 1775, chez M. Boucher Clève, maison de Foots-Croy-place, dans le comté de Kent.

(i) Smith : Catalogue IX, 3i3.

Waagen dit que, sous bien des rapports, ce tableau compte parmi les œuvres les plus belles de Rubens. Les figures sont réalistes, mais très animées ; les couleurs très lumineuses ; l'exécution soignée et vive est admirable (i).

La galerie Pitti à Florence (n° 235) en possède une répétition. (Toile. H. i55, L. iig). C'est une œuvre de l'atelier du maître, la peinture est sans éclat, les ombres sont noires et épaisses.

Smith (II, 546) signale une autre répétition qui se serait trouvée jadis dans la galerie Houghton et devrait maintenant exister dans la galerie impériale de Russie. Cependant le musée de l'Ermitage ne la possède point.

Gravures : V. S. 96, S. a Bolswert (Titre Agnus adest) ; 97, Anonyme ; 98, Anonyme (Alex. Voet exe.) ; gg. Anonyme (Mart. Van den Enden exe.) ; 100, Le Clerc ; loi, John et André Van Rymsdyk, 102 et io3 G. Panneels.

La planche publiée par Alex. Voet (no 98) diffère de celle de Bolswert par quelques variantes dans le fond. La première a un arbre à gauche, et un rideau à droite qui ne se voient pas dans la seconde.

Dans la planche de John et André Van Rymsdyk, le St. Joseph manque. Dans celle de Panneels, un ange qui présente à la Vierge un panier de fruits est ajouté ; Ste. Elisabeth est omise, mais il s'y trouve un St. Joseph, appuyé contre un arbre.

Une autre planche, sans nom de peintre ni de graveur, offre beaucoup d'analogie avec la composition qui nous occupe. Seulement, St. Jean soulève l'agneau qui pose la tète et les pattes de devant sur le genou de la Vierge ; la position des mains de Marie et de Jésus est différente ; un rideau enroulé est attaché à la colonne du fond.

Voir planche 73.

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