‹ L'œuvre de P.P. Rubens (volume 3)Chapitre 154 sur 161 · LA SAINTE FAMILLE · texte numérisé non relu

LA SAINTE FAMILLE

JÉSUS, MARIE, JOSEPH, St. JEAN, Ste. ELISABETH.

(La Vierge au Chardonneret.)

Cologne. Musée, 5 1 . ^

Toile. H. ii8, L. 98.

|arie vêtue de vêtements bleus et rouges, qui laissent apercevoir son linge, et coiffée d'un bonnet blanc, les cheveux châtains, le visage chaudement et clairement teinté, tient son fils sur les genoux. L'enfant Jésus est tout nu, ses cheveux longs lui retombent dans le cou et sur le front. Le petit St. Jean tient le perchoir sur lequel il apprend à un chardonneret, à venir se poser. Jésus tient le fil auquel est attaché l'oiseau. A côté de St. Jean se trouve Ste. Elisabeth, souriant gracieusement au petit Jésus. Derrière elle, dans un berceau de feuillage, se tient St. Joseph, peint dans un ton brunâtre et dans la pénombre ; d'une main, il s'appuie contre le tronc d'un arbre qui se trouve à droite. L'ensemble est éclatant de lumière et de couleur. La douce figure de la Vierge, les traits moelleux de Ste. Elisabeth, forment des points lumineux ressortant bien sur les couleurs fraîches. Les figures expriment le bonheur. C'est une paisible scène de famille égayée par le jeu des enfants et par la joie que les parents éprouvent à les contempler. Le groupe est heureusement composé. Le tableau est peint avec le plus grand soin ; sur les couleurs se jouent de nombreux reflets. Le jeune Christ a les traits du fils de Rubens qui est assis sur les genoux d'Hélène F^ourment dans le tableau du Louvre (n° 460) et dans celui de Munich (n^ 797). Nous retrouvons la mère et l'enfant dans le tableau de la chapelle mortuaire de Rubens.

L'œuvre est entièrement de la main du maitre et date de i536 à i538.

Mois (M. S. 5726, f. i3) rapporte : - S. AUard qui a demeuré i5 ans à Cologne, a dit ce qui suit â l'auteur du Manuscrit : Que M. de Groot, Bourguemaitre de la ville, étoit des parents de Rubens et possédoit une Sainte Famille peinte par Rubens ; on y voyoit la Vierge, l'enfant, St. Joseph, Ste. Anne et St. Jean, y^

Le tableau appartenait jadis à l'avocat-général Sandt, puis il passe à l'architecte J. P. Meyer. Dans la vente de ce dernier (Cologne, 25 août 1862), il fut acquis par le Musée à 5ooo th. On dit qu'il provient de la collection Jabach, ce qui est bien possible.

Gravures : V. S. 140, S. a Bolswert (Titre : Deliciœ meœ esse cuni filiis hominum) ; 141, Anonyme (Gillis Hendricx exe). Non décrit : Lithographie par J. B. Hiitzer. Eau-forte par Edm. Ramus (L'Art, i883. III, 146).

La gravure de Bolswert prouve que le tableau primitif était plus haut et plus large. Dans la partie supérieure de l'estampe, on voit une voûte de verdure qui a presque entièrement disparu dans la peinture.

Photographie : F. Raps.

La collection Albertine, de Vienne, possède un dessin de ce tableau sur lequel les couleurs sont annotées. Ce dessin est erronément attribué à Rubens.

A l'exposition ouverte, en i855, dans les salons du gouvernement provincial, à Anvers, M. Servais de Clercq exposa une Sainte Famille au Chardonneret, provenant de la vente J. B. van Lancker (Catalogue de l'exposition, n° 6). Voir planche 76.

23o. LA SAINTE FAMILLE.

JÉSUS, MARIE, St. JOSEPH, St. JEAN, Ste. ELISABETH.

(St. Jean baise le pied de Jésus.)

Londres. Devonshire House. " Toile. H. 200, L. 140 (environ).

A Vierge est assise au milieu de la composition contre un mur, entre une colonne et une arcade. Elle est vêtue d'une ample robe rouge ; une draperie verte couvre ses genoux, sur lesquels l'enfant est assis. Elle découvre le sein gauche et allaite le petit Jésus qui est tout nu. Ste. Elisabeth, vêtue de couleurs sombres, regarde d'un visage souriant l'enfant Jésus, pendant qu'elle retient St. Jean. Celui-ci est accompagné d'un agneau sur la tête duquel il a posé une main, tandis que de l'autre il prend le pied de Jésus et l'approche de ses lèvres. A gauche, St. Joseph dans la pénombre, le coude appuyé sur la base d'une colonne et la tête sur la main.

Dans le fond, à travers l'arcade, on aperçoit un paysage avec arbres ; à droite, un pan de bâtiment et une draperie attachée à la colonne contre laquelle St. Joseph se tient.

C'est une pièce superbe, très soignée de facture, très harmonieuse de tons. Les carnations de la Vierge et de l'enfant sont plus claires, celles de Ste. Elisabeth et de St. Jean sont plus chaudes. L'expression de ces deux derniers

personnages est remarquable par le respect affectueux qu'on y lit. Le tableau date de i6i5 environ.

Gravures : V. S. io6, Jean Witdoeck. (Titre : Qids mihi det etc,) ; 107, Anonyme (Jaspar Isac exe.)

Dans la gravure de Witdoeck, l'arcade dans le fond manque. Voir planche 77.

23i. LA SAINTE FAMILLE.

JÉSUS, MARIE, JOSEPH, St. JEAN, Ste. ELISABETH.

(St. Jean adore Jésus.)

Cabinet de M. C. Say.

Panneau. H. 36, L. 3o.

u milieu de la composition, la Vierge est assise dans un fauteuil ; l'enfant Jésus couché sur ses genoux s'est endormi, la tête et l'une de ses mains contre le sein nu de sa mère. A côté de ce groupe, à droite, Ste. Elisabeth est debout ; elle pose le pied sur un escabeau et tient St. Jean sur les genoux. Elle lève un doigt pour recommander le silence et son fils joint les mains en signe d'adoration de son jeune compagnon. St. Joseph à gauche, accoudé sur la base d'une colonne sans fût, regarde Jésus. Dans le fond, une partie de bâtiment formant niche.

Le tableau, ou une réduction de l'œuvre primitive, fut acheté dans la vente Delessert (Paris, i5 mars 1869) par M. C. Say, au prix de 12,800 francs'; il provenait du cabinet Revil.

Gravures : V. S. ii5, J. Witdoeck, (Titre : Quondam prœgnantem etc.) ; 116, Anonyme (Gasp. Huberti exe.) ; 117, Anonyme; 118, Anonyme, planche élargie au moyen d'un paysage, du côté de St. Joseph. Voir planche 78.

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