‹ L'œuvre de P.P. Rubens (volume 3)Chapitre 42 sur 161 · LE TRIOMPHE DE L'EUCHARISTIE SUR L'HÉRÉSIE · texte numérisé non relu

LE TRIOMPHE DE L'EUCHARISTIE SUR L'HÉRÉSIE

(Triomphe de la Vérité).

Tableau inconnu.

|e Temps, figuré par un vieillard ailé armé d'une faux, s'élève dans les airs en portant la Vérité, représentée sous les traits d'une jeune femme, aux cheveux flottants, vêtue d'une draperie blanche, dont la tête est entourée d'une gloire, dans laquelle on lit le mot Veritas. De son doigt levé elle montre une banderole, suspendue entre des guirlandes de fruits attachées au lambris, sur laquelle on lit : Hoc est Corpus nieiim. Devant elle, à gauche, s'enfuient deux hideuses figures d'hommes, dont l'une est armée d'un poignard : elles symbolisent le Mensonge et la Rébellion, ou d'autres mauvaises passions analogues, vaincues par la Vérité. Des dragons ailés volant dans les airs, ' lancent des flammes vers le génie bienfaisant. Sous les pieds du Temps, un autre monstre se tord, couché sur le dos.

A gauche, un autel païen est renversé par un ouvrier, armé d'un marteau. A côté de lui, on voit une mère tenant un enfant sur le bras. Par terre, Luther est étendu, se lamentant, entre ses livres ; Calvin, la face livide, cherche encore à défendre sa doctrine, et un troisième hérésiarque, Tanchelin, le buste nu, serrant dans la main un ostensoir, est à moitié culbuté. A droite, un moine apostat est foulé aux pieds par un savant qui s'incline devant la Vérité, tandis qu'un second docteur, tenant un livre ouvert, lève les yeux vers elle.

Dans la partie inférieu-re, la tapisserie sur laquelle est peinte la composition

est soulevée et laisse voir un lion tenant un renard entre les pattes. Encadrement analogue à celui des pièces précédentes.

La Vérité est une figure de femme remarquablement belle, pleine d'élan. Tous les autres personnages sont animés d'un mouvement intense et dramatique.

Le sens de l'allégorie est clair : le Temps fera triompher la vérité du dogme de l'Eucharistie sur toutes les doctrines ennemies.

Gravure : V. S. 27, Adrien Lommelin. Dans le haut de l'estampe, on lit : T emplis Veritatem producens.

Tapisseries : Au couvent des Dames religieuses déchaussées royales, à Madrid, et dans la collection de M. Bracquenié, le tapissier bien connu.

Le musée de Madrid (n° 1618) possède une petite répétition de cette composition; l'église de St. Pierre, à Gand, une copie plus grande.

Au British Muséum se trouve le dessin d'un premier projet de cette composition. La Vérité s'y avance seule, sans être soutenue par le Temps ; elle entraîne par les cheveux le premier des deux docteurs qui marchent derrière elle. Les autres personnages sont assez fidèlement conservés dans la composition définitive.

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