LE PROPHÈTE ÉLIE DANS LE DÉSERT
Paris. Musée du Louvre, 426.
|e prophète, vêtu d'une draperie blanche jetée sur une peau de mouton, est représenté debout dans un paysage, la tête tournée du côté gauche vers l'ange qui lui apporte un pain et une coupe d'eau. L'ange porte une draperie jaune et au-dessus de celle-ci une draperie blanche à reflets roses. De ses deux ailes, l'une est entièrement, l'autre à moitié déployée. Le tableau représente une tapisserie suspendue entre deux colonnes torses.
Le peintre a produit une œuvre largement décorative, comme s'il eût voulu faciliter la tâche du tapissier. L'austère prophète et l'ange éclatant de lumière sont deux figures de pose également théâtrale. Une nuance de jaune doré domine. Somme toute, travail mal réussi dans sa rudesse voulue et dans sa tournure emphatique. Peinture d'élève retouchée par Rubens.
Gravures : V. S. (Ancien Testament) 65, Conr. Lauwers ; 65, Guill. Panneels. Cette dernière ne reproduit pas l'encadrement.
J. Stewart a gravé la même composition d'après un dessin où l'encadrement n'est qu'à l'état d'esquisse. Les deux personnages présentent quelques difl"érences avec ceux du tableau. Dans le haut, on voit un corbeau apportant le pain et un autre oiseau.
Tapisseries : Au couvent des Dames religieuses déchaussées royales, à Madrid et dans la collection du baron Erlanger. Cette dernière est reproduite en photographie dans le catalogue illustré de la vente de la collection du duc de Berwick et d'Albe, en 1877. Voir planche 17.
5o. LES QUATRE ÉVANGÉLISTES.
Londres. Collection du marquis de Westminster, Grosvenor House. Toile. H. 427, L. 442.
gauche de la composition, on voit St. Luc drapé de rouge et levant les yeux au ciel ; St. Marc, vêtu de jaune, est vu de dos et accompagné du lion ; St. Mathieu, portant un manteau couleur d'ardoise, tient un livre ouvert et lève les yeux vers l'ange, qui d'une main
lui montre le volume, de l'autre le ciel. St. Jean, drapé de rouge et de pourpre et tenant en main le calice avec le serpent, lève le regard vers l'aigle qui plane au-dessus de lui. Le fond est formé par un ciel gris clair.
En haut de l'encadrement sont suspendues deux guirlandes de fruits auxquelles deux anges attachent la tapisserie. Dans le soubassement, on voit une coquille entre un dauphin et une guirlande de fleurs, qui sont le travail d'un élève.
Gravures : V. S. (Nouveau Testament) 461, S. a Bolswert ; 462, Anon. (Gaspar Huberti exe.) ; 463, Conr. Lauwers.
Tapisseries : Au couvent des Dames religieuses déchaussées royales, à Madrid et dans la collection du baron Erlanger.
Il y a au musée de Madrid (n° i523) une petite copie de cette composition. Voir planche 18
SoB's. LES QUATRE ÉVANGÉLISTES.
Londres. Collection Morrison.
Esquisse. Panneau. H. 64, L. 68,6.
Sans sa description de la collection Morrison, Waagen mentionne une
esquisse de cette composition, qu'il qualifie de prestement enlevée.
Elle se trouvait naguère, dit-il, dans la collection de M. Edward Gray (i).
5i. LES PÈRES DE L'ÉGLISE ET D'AUTRES SAINTS, DÉFENSEURS DU DOGME DE L'EUCHARISTIE.
Londres. Galerie du duc de Westminster (Exposé au musée de South Kensington). Toile. H. 427, L. 442.
UATRE Pères de l'église, avec St. Thomas d'Aquin, St. Norbert et Ste. Claire, forment un cortège se dirigeant de droite à gauche. St. Ambroise, dont on ne voit que la tête coiffée de la mitre, marche le premier ; puis vient St. Augustin, vu de dos, portant une chasuble en drap d'or ; en troisième lieu. St. Grégoire, coiffé de la tiare, portant la crosse pontificale et une chasuble or et rouge. Ces trois Pères forment un premier
(1) Waagen : Treasures. IV, 109.
groupe; derrière eux, au milieu du tableau, s'avancent Ste. Claire et St. Thomas d'Aquin. La sainte, sous les traits de l'archiduchesse Isabelle-Claire-Eugénie, porte le St. Sacrement des deux mains. St. Thomas, portant son livre sous le bras droit, retourne la tête et lève la main gauche, comme s'il enseignait sa doctrine. St. Norbert, habillé de blanc, porte le St. Sacrement caché sous sa robe. St. Jérôme, tout en pourpre, le chapeau de cardinal sur la tête, est absorbé dans la lecture. Dans le haut, au milieu du tableau, plane le St. Esprit.
L'encadrement est formé par deux colonnes d'ordre toscan, entre lesquelles est suspendue la tapisserie, que soutiennent deux anges ; deux guirlandes de fruits sont attachées à l'architrave ; au milieu de celle-ci, une banderole est enroulée autour de deux trompettes croisées, on y lit les mots : Hic est panis qui de cœlo descendit. Joan. 6.
Au milieu de la partie inférieure, sur le devant de l'estrade qui porte les colonnes, se trouve, en guise d'ornement, un socle sur lequel est posé un livre fermé, surmonté d'une lampe antique à double bec ; un livre ouvert est tombé par terre, de chaque côté du socle.
La composition est éclairée d'une lumière abondante et uniforme, convenant bien au caractère de décoration architecturale de la tapisserie ; les figures sont posées avec aisance et dignité.
Le tableau appartient au duc de Westminster ; mais la salle de Rubens, à Grosvenor House, ne pouvant le contenir, le propriétaire l'a donné en prêt au musée de South Kensington, où il est fort mal exposé, à une hauteur excessive et sous les rayons brûlants du soleil. Une large crevasse au milieu de la robe de St. Thomas d'Aquin prouve les dangers de l'emplacement actuel de l'œuvre.
Le panneau primitif a été agrandi des quatre côtés ; sur la partie ajoutée ont été peints une seconde colonne et des motifs d'architecture.
Gravures : V. S. (Hist. et Allég. sac.) 5, S. a Bolswert, en sens contraire du tableau ; 5, Conr. Lauwers, dans le sens du tableau ; 6 (sans les colonnes) Anon. (Gaspar Huberti exe.) ; 7 (les figures seules) Remoldus Eynhoudts ; 8, (la même composition, avec les quatre évangélistes, sur une seule planche) ; Anon. (Bonnart, exe.) ; g, (idem) Anon. (Mariette exe.) ; 10, F. Ragot.
Le musée de Dresde possède un dessin fait pour la gravure de Eynhoudts, probablement par le graveur lui-même.
Tapisseries : Le couvent des Dames religieuses déchaussées royales, à Madrid (n° g.) Le même couvent possède une seconde tapisserie (n° 12),
représentant les docteurs de l'église latine, St. Grégoire, St. Ambroise, St. Jérôme, St. Augustin, avec St. Dominique et St. François d'Assise. Tous sont agenouillés, les regards dirigés vers le ciel ; Ste. Claire et St. Thomas d'Aquin ne se trouvent point parmi eux.
Le musée de Madrid (n° i5i6) possède une petite copie de ce tableau.
Voir planche iq.
Sii^'s. LES PÈRES DE L'ÉGLISE ET Ste. CLAIRE.
NE étude pour ce tableau fut vendue à la vente de John Webb, en 1821, au prix de 100 guinées. Smith (II, 5oi) la qualifie d'admirablement peinte.
52. LE DOGME DE L'EUCHARISTIE CONFIRMÉ PAR LES PAPES. Tableau inconnu.
NE femme, vêtue d'une robe rouge et d'un manteau bleu, est assise et fait glisser entre les mains un cordon sur lequel sont attachées les médailles des papes. Au-dessus d'elle, un ange tient le symbole de l'Éternité, un serpent roulé en cercle se mordant la queue. Trois petits anges tiennent les bouts du cordon auquel sont enfilées les médailles. Encadrement formé par deux colonnes torses et par deux guirlandes de fleurs et de fruits, au milieu desquelles se trouve une tète d'ange cravatée d'ailes, s'appuyant sur deux trompettes croisées.
Tapisseries : Au couvent des Dames religieuses déchaussées royales, à Madrid, et dans la collection du baron Erlanger. Cette dernière est signée par Jean-François Van den Hecke.