LE COURONNEMENT DE LA VIERGE
St. PetersboLirg. Ermitage, 547.
Panneau. H. 107, L. 77.
ANS le haut du tableau, la Vierge, vêtue de blanc, est agenouillée devant le Christ qui tient une couronne au-dessus de sa tête ; elle s'élève sur un nuage porté par des angelets ; d'un geste remarquablement noble elle replie une main sur la poitrine, et pose l'autre sur le bras de son fils. Autour d'elle et du Christ, des anges plus grands jouent de différents instruments de musique. Dans le bas, devant la grotte où Marie a été ensevelie, un groupe de femmes montrent les fleurs trouvées par elles dans le linceul. A gauche, des apôtres éloignent la pierre qui fermait le sépulcre. A droite, d'autres apôtres regardent les fleurs ou expriment leur étonnement en voyant monter la Vierge au ciel.
Le tableau est de petite dimension, mais achevé avec assez de soin. Le coloris est peu harmonieux, les tons blancs éclatants tranchent crûment sur le fond sombre. La lumière n'est pas moins dure ; le ton général est d'un gris bleuâtre peu agréable. La jambe nue du Christ est singulièrement dessinée.
Toute la partie inférieure du tableau, les apôtres et les saintes femmes, est à peu près identique à la partie correspondante de VAssomption de la galerie impériale de Vienne. Les différences peu importantes qu'on observe entre les deux compositions sont cependant de telle nature que l'on ne saurait songer à une copie, mais qu'on doit admettre une répétition ou une imitation libre. Nous avons donc ici un pastiche ou une œuvre de la jeunesse de Rubens. Nous croyons devoir nous arrêter à cette dernière hypothèse, et assigner la même date à un petit nombre de tableaux, attribués à Rubens, que nous avons vus et qui se distinguent par le même ton gris bleuâtre.
Le tableau provient de la vente Dufresne (Amsterdam, 22 août 1770), où il fut adjugé à 1732 florins.
Photographies : Roettger ; A. Braun.
Il existe une gravure au trait par F. Hanfstaengl (V. S. Histoire et Allégories sacrées, 85) représentant le Christ recevant sa mère à la porte du ciel. La scène se passe dans une espèce de temple ; sur le haut d'un escalier, on voit le Sauveur recevant Marie qui est à genoux. Devant elle, à terre, deux couronnes. A gauche du Christ se trouvent des apôtres et des saints ;
à droite, des saintes femmes. Dans la première partie inférieure, à gauclie, on voit deux cavaliers, un homme portant une croix, un homme et une femme nus ; à droite, des femmes et des prêtres. La composition est attribuée à Rubans. L'auteur de la gravure que nous avons interrogé à ce sujet ne se rappelle plus dans quelle collection se trouve le tableau. D'" W. Schmidt, le conservateur du cabinet des Estampes à Munich, veut bien nous apprendre que l'exemplaire de cette collection a été donné par le prof. Robert Langer et que celui-ci pourrait avoir possédé le tableau.
Le Couronnement de la Vierge.
Un grand retable, avec deux volets, représentant le couronnement de la Vierge et plusieurs anges, fut adjugé dans la vente Jacob Cromhout et jasper Loskart (Amsterdam, 1709), à 1000 florins.
Le Couronnement de la Vierge.
Sujet d'un des plafonds de l'église des Jésuites, à Anvers (Voir n° 18).