‹ L'œuvre de P.P. RubensChapitre 106 sur 213 · LES QUATRE PÈRES DE L'ÉGLISE LATINE · texte numérisé non relu

LES QUATRE PÈRES DE L'ÉGLISE LATINE

Stockholm. Musée, SgS.

Toile. H. 219, L. 252.

|es quatre pères de l'église latine sont représentés assis et discutant, deux à deux, les articles de la foi. St. Jérôme est à gauche, la tête nue, le chapeau de cardinal suspendu sur le dos, une bible ouverte sur les genoux dans laquelle il explique un passage à St. Augustin. Celui-ci, la mitre épiscopale sur la tète, écoute attentivement et montre de son doigt le passage en discussion. Au-dessus des deux pères de l'église, deux anges tiennent l'un la crosse, l'autre le cœur enflammé, attributs de St. Augustin. Aux pieds de St. Jérôme, le lion est endormi. St. Grégoire est assis au milieu ; le Saint Esprit plane au-dessus de lui. La tiare en tête, la crosse papale en main, il écoute St. Ambroise qui, d'un air animé, lui donne des explications. Le dernier tient sur les genoux un livre fermé ; il porte une mitre et tient la crosse. A côté de lui, un ange porte la ruche, symbole de la douceur de sa parole. Tous les quatre sont vêtus de leurs riches habits sacerdotaux et forment un superbe groupe très habilement composé. Leur expression et leur attitude sont également dignes et calmes.

Le tableau est exécuté avec un grand soin et d'une même main qui n'est pas celle de Rubens, mais d'un excellent élève, Diepenbeeck peut-être, d'après un modèle du maître.

Au commencement du XVIII^ siècle, le tableau était en possession du général suédois Éric Sparre ; plus tard, il faisait partie de la collection de Gustave II L

C'est, en sens inverse, le tableau gravé par C. Galle. La seule différence entre la gravure et le tableau c'est que, dans ce dernier. St. Jérôme porte un costume de cardinal, tandis que dans l'estampe il porte uniquement un morceau d'étoffe qui ne couvre qu'une minime partie de son corps. Dans le tableau, il a suspendu son chapeau de cardinal sur le dos, dans l'estampe, cette coiffure est par terre. Les bandes ajoutées dans les états postérieurs de la gravure, à droite et à gauche, n'ont pas d'équivalent dans le tableau.

A voir cette différence entre la peinture et la gravure, on est tenté de croire que Rubens avait exécuté une esquisse qui servit de modèle à Corneille Galle et qui fut reproduite en peinture par un élève, lequel couvrit le St. Jérôme d'habits, pour satisfaire au désir d'un homme d'église qui lui fit la commande du tableau de Stockholm. A l'appui de cette thèse, on peut faire valoir le fait, signalé par le catalogue du musée de Stockholm, que la gravure est signée : P.-Paulus Rubens - inventor -^ et non " pinxit ^ (i).

Suivant Mois (Tableaux, 1048), M. Simons, à Amsterdam, possédait, vers 1775, les Quatre docteurs de l'église, gravés par Galle, tableau d'environ sept pieds de largeur.

Gravures : V. S. Histoire et allégories sacrées, 2, Corn. Galle (Dédicace : Reverendo admodum, nobili doctissimoque viro Domino D"° Guillielmo van Hamme pbro, juris utriusq. licentiato, protonotario apostolico, nec non cathedralis eccliœ B. Mariae Antverp : et collegiatœ S. Catharinœ in Hoochstraten Canonico dignissimo, pictorise artis admiratori et amatori summo D. D. C. Hermannus de Neyt Antverp.) ; 4, Anonyme (Pet. Landry exe).

La gravure publiée par Pierre Landry diffère de celle de Corneille Galle en différents points. Les figures des pères de l'église sont bien les mêmes, mais elles sont groupées d'une manière plus serrée ; la composition est en hauteur, les trois anges manquent, la ruche se trouve dans le coin inférieur, le St. Esprit plane au milieu dans les airs, et, sous lui, on lit l'inscription : " Unus atque idem spiritus. I Cor. Cap. 12. VII. ^

Photographie : Joh. jaeger.

Dans la vente Tronchien, en 1801, une esquisse de ce tableau fut adjugée à 1900 francs, elle mesurait 24 pouces en hauteur et 27 en largeur. Dans la vente Horion, une esquisse, haute de 24 pouces, large de 17, fut adjugée à 12 10 florins à De Bruyn, de Londres. Une esquisse dont la mesure n'est pas indiquée fut adjugée chez Christie, à Londres, en 1807, à ig5 livres sterling

(i) Georg GôTHE : Nationalmiisei tafvelsamling beskrifvande fôrteckning. 1887.

et, en 1808, à 255 livres sterling. En supposant que les dimensions de l'esquisse de la vente Horion ont été inexactement imprimées, on pourrait croire qu'il s'agit dans toutes ces ventes d'un même ouvrage. Voir planche 127.

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