LE COURONNEMENT DE SAINTE CATHERINE
Belvoir Castle. Galerie du duc de Rutland. Toile. H. 259, L. 214.
u milieu de la composition, la Vierge, habillée d'une robe grise et d'un manteau rouge, est assise sur un trône à dais de feuillage ; elle tient sur les genoux l'enfant Jésus tout nu qui se penche en avant pour placer une couronne sur la tête de Ste. Catherine. Celle-ci, vêtue
(i) Communique' par M. Rigaux, secre'taire de la Commission historique du Nord et extrait des archives de la dite Commission.
d'une ample robe blanche, est agenouillée devant lui sur un coussin, tenant une palme de la gauche et la droite placée sur le cœur. Derrière elle se trouve Ste. Marguerite, menant en laisse un dragon et accompagnée d'un ange portant un faisceau de flammes. De l'autre côté du tableau, on voit Ste. Apolline, tenant d'une main des tenailles, de l'autre une palme. Dans le haut voltigent trois anges dont deux à gauche qui portent une couronne de roses et une palme, un à droite qui laisse tomber des roses.
Smith en décrivant le tableau, place, derrière Ste. Catherine, Ste. Appolline qu'il appelle Ste. Agnès, et, de l'autre côté, Saintes Christine et Marguerite, tout en disant que le tableau est gravé par De Jode et Voet. Non seulement il confond ainsi les noms des saintes, mais il leur adjoint encore une compagne qui n'existe pas dans l'œuvre. Le même auteur dit que le tableau est peint d'une manière libre et habile avec les couleurs les plus brillantes.
Il fut fait, en i533, pour l'autel de Ste. Barbe dans l'église des Augustins, à Malines, et coûta 620 florins (i). La corporation des Tanneurs, qui avait son siège dans le quartier du couvent, accorda un subside de 100 fl. pour le paiement du tableau (2). Plus tard, il fut transféré à l'autel de Ste. Appolline et remplacé par une statue de St. Nicolas de Tolentin. En lyôS, les religieux le vendirent au chevalier Verhulst de Bruxelles, au prix de g5oo florins et de deux pièces de vin évaluées à 120 florins. Dans la vente de cet amateur, il fut acheté au prix de 12100 florins par Donckers, pour le duc de Rutland (3).
Un dessin d'étude pour ce tableau fut vendu dans la collection de Randon de Boisset, en 1776, pour la somme de 481 livres.
Gravures : V. S. 36, P. de Jode (Dédicace : Claro Génère Virtute Ornatissimo Reverendoque Domino D. Philippo Vaecx alias Foxio Sancti Anthonii Domus
(i) An. i633. Picta est per Rubenium tabula altan's S. Barbarœ : constitit 620 fl. Pecunias bas procuraverunt patres nostri. Opificium coriariorum ad hoc dédit 100 fl. NICOLAS DE TOMBEUR: Provincia Belgica ordinis ff. eremitarum S. P. N. Angiistini. P. 118.
(2) Extraits des comptes de la Corporation des Tanneurs de Malines, allant du mois d'août 1619 à octobre 1667.
i633. Item betaelt aen den pater prior van den Augustynen vyfFtich guldens op cortinge van hondert guldens by dambacht beloeft aen de authaer van Ste. Berbel blyckt by billet. 5o fl.
i635. Item betaelt aen den prior van den Augustynen van het genne dat hem de voorgaende deckens hadde moeten op leggen dwelck haer gegont was met allen anders bleckt by beledt. 5o fl.
(Extrait communiqué par M. le Chanoine de Coster.)
(3) MOLS : Ms. Tableaux, n° 985. — J. REYNOLDS: Œuvres. II, 256.
Preceptori Commendatorique ac ejusdem Ordinis Commissario Generali, honoris et favoris ergo offert Joannes Meyssens.) ; Z'], Anonyme (Franc. Huberti exe.) ; 38, Anonyme (Gasp. Huberti exe.) ; 3g, Anonyme (Alex. Voet exe.).
La gravure de Voet présente quelques variantes avec celle de de Jode. Dans la première, à côté de Ste. Catherine, sont posés un fragment de la roue et une épée, qui n'existent pas dans l'autre estampe et la Ste. Apolline est changée en Ste. Barbe, ayant sa tour à côté d'elle.
M. Menke, d'Anvers, possède un dessin du Couronnement de Ste. Catherine probablement fait par le graveur De Jode.
Le musée de Dresde (1049) possède une petite copie de ce tableau attribuée à Erasme Quellin. Elle a été gravée par Zucchi (V. S. 40).
Voir planche i3g.