SAINT FRANÇOIS D'ASSISE EN ADORATION
Florence. Palais Pitti, 93.
Toile. H. 147, L. io3.
E saint est agenouillé, les bras croisés sur la poitrine, en contemplation extatique du ciel, d'où des rayons de lumière lui descendent sur la tête et sur la poitrine. Derrière lui, sur un rebord du rocher, se trouvent un crucifix, une tête de mort et une discipline. Un frère de son ordre l'observe, à demi caché par le rocher près duquel St. François est agenouillé. Le tableau est d'une tonalité sombre, les rayons célestes ne dissipent qu'à demi l'obscurité. Le visage et l'habit du saint, ainsi que les objets sur le l'ocher, sont éclairés d'une lumière gris-jaunâtre.
C'est un tableau peint pendant le séjour du maitre en Italie. Gravure: V. S. 3o, J. D. Picchianti (Franc. Petrucci del.). Non décrites: Mogalli, Délia Brune.
419. SAINT FRANÇOIS D'ASSISE REÇOIT L'ENFANT JÉSUS DES MAINS DE LA VIERGE.
Lille. Musée, 462.
Toile. H. 234, L. J84
[aint François d'Assise est agenouillé devant la Vierge ; d'une main, il soutient le bras de Marie, qui lui présente l'enfant; il écarte l'autre et se rejette légèrement en arrière, dans une pose qui marque le
profond respect et avec une expression d'immense bonheur dans les yeux.
Derrière lui, un second moine, faiblement tracé, observe l'apparition miraculeuse;
dans le fond, un arbre. La Vierge est une femme saine et robuste. Une robe
d'un rouge uni, avec des manches bleues, lui serre le corps. L'enfant tout
nu, assis sur un linge, tend les bras vers le saint. Une gloire chaude entoure la tête de Marie et la fait ressortir, vive et gracieuse. Dans le haut, voltigent trois anges. L'expression du saint est admirable ; il y a une note de naïve familiarité qui ne nuit point au sentiment profondément religieux. L'expression de la Vierge et celle du second religieux sont nulles.
C'est ua travail d'élève, largement retouché par Rubens. Toute la figure du saint, la tête de la Vierge, le corps de l'enfant sont de la main du maître. Les contours très nets, les plaques de couleur unies indiquent clairement une œuvre de la première époque, faite vers i6i5. Dans le bas se remarquent quelques crevasses et deux jointures verticales mal fermées.
Le tableau provient de l'église du couvent des Capucins, à Lille.
Gravures : V. S. 42, Michel Lasne (Dédicace : Octavio Pisani lo. Antonii filio, Julii fratri, primo Dei gratia in Belgio Autori Umbrellarum Sanctissimi Sacramenti apud segrotos incidentis : primo certarum legum conditori, quarum virtute strages, et tormenta litium, ac litigantium omnino excluduntur ac pace agitur ; hanc S. Francisci Christum excipientis e manibus matris imaginem, similitudinis, ac pietatis ergo, nempe tantas ex Dei manibus gratias accipientis. Th. Gallaeus ut virtutis amico amicus ex animo DD.) ; 48, Pet. van Lisebetten. Non décrite: M. Boetzel (dans la Gazette des Beaux-Arts).
Dans la gravure de A-Iichel Lasne, le moine qui assiste à l'apparition a été omis ; les anges sont traités plus explicitement. On voit, au-dessus de leur groupe, un écusson ra3'onnant, avec l'inscription Charitas. Cette inscription indique que le graveur, tout en reproduisant un tableau qui représente saint François d'x\ssise, a changé le saint personnage et en a fait un saint François de Paule. En effet, dans les estampes, cette inscription accompagne souvent les effigies de ce dernier saint. Le changement est d'ailleurs indiqué par l'omission des stigmates et plus explicitement par le titre de la gravure : S. Franciscus de Pajila.
Suivant Smith (Catalogue II, i2y), sir Thomas Lawrence possédait un dessin de ce tableau fait en bistre pour le graveur.
Photographies : Braun, Goupil.
Voir planche 144.
420. SAINT FRANÇOIS D'ASSISE REÇOIT L'ENFANT JÉSUS DES MAINS DE LA VIERGE.
Anvers. Église St. Antoine, jadis des Capucins. Toile. H. 23o, L. 173.
droite du tableau, Marie est descendue sur un banc de nuages qui touche presque la terre. Elle porte une robe rouge et une draperie violette à reflets rougeâtres. Elle présente à St. François l'enfant Jésus qui est couché sur un linge, la tête appuyée contre le sein de sa mère. St. François a mis un genou en terre et tend les mains pour recevoir le divin enfant. Derrière lui, un moine de son ordre contemple le miracle. Autour de la tête de la Vierge rayonne une auréole jaune clair ; cinq petits anges sont descendus du ciel pour assister au spectacle merveilleux. A gauche, le ciel est couvert de nuages sombres et opaques.
La figure de St. François est belle ; surtout la tête vigoureuse, que rend si bien la gravure de Corn. Visscher, est remarquable. Le reste, peint par un élève et retouché par le maitre, est insignifiant.
Le tableau fut enlevé par les commissaires de la République Française, en 1794, et restitué en 18 15.
Gravures: V. S. 34, C. Visscher; 35, M. Lasne ; 36, Michiel Bunel ; 37, A. Lommelin.
La gravure de C. Visscher diffère du tableau en ce que sur ce dernier le saint a le front garni de cheveux, tandis que, sur la gravure, il est dégarni. Celle de Lasne est plus longue dans le bas ; on y voit un rocher, un lézard et d'autres détails qui manquent dans le tableau. Dans ce dernier, un des seins de la Vierge est nu ; dans les différentes gravures, il est couvert.
Un dessin gravé par un anonyme reproduit le St. François de cette composition.
Voir planche 145.