‹ L'œuvre de P.P. RubensChapitre 148 sur 213 · SAINT FRANÇOIS D'ASSISE PROTÉGEANT LE MONDE · texte numérisé non relu

SAINT FRANÇOIS D'ASSISE PROTÉGEANT LE MONDE

Bruxelles. Musée, 406.

Toile. H. 405, L. 275.

Te Christ apparait dans les airs, prêt à foudroyer le monde pour le punir de ses crimes. Son attitude trahit la rapidité de l'élan avec lequel il est descendu du ciel. Le bras droit est levé et va lancer la foudre, le bras gauche s'abaisse vers la terre avec le geste raide de quelqu'un qui s'arrête brusquement dans un mouvement vif. La jambe droite est levée et, de même que la draperie rouge flottant derrière le Christ, marque clairement le vol à peine arrêté. Un ange, dans le haut du tableau, et trois autres, à gauche, expriment la pitié que leur inspire le sort du monde. Marie, vêtue d'une draperie et d'une robe sombres, touche le bras de son fils. Elle a mis a nu un de ses seins et le lui montre, invoquant ainsi ses droits de mère. Son visage blême, ses cheveux dénoués, le geste brusque par lequel elle arrête le bras de son fils, expriment ses vives alarmes et sa commisération. Au bas du tableau. St. François, un genou en terre, couvre de ses mains le globe terrestre, autour duquel s'est enroulé un serpent et regarde plein d'épouvante la figure menaçante du Christ. Un arc-en-ciel traverse le haut du tableau. Sur les nuages opaques, la foudre jette des reflets ardents. Au fond, dans un paysage, on voit brûler un village et des soldats poursuivant et tuant des femmes : image des excès qui souillent la terre. '

Il y a de la naïveté à représenter ainsi le monde -dédoublé et de poser le globe terrestre allésforiaue dans le monde réel. L'action miraculeuse est clairement rendue ; le mouvement du Christ est aussi heureux que hardi ; celui de sa mère est dramatique ; l'un et l'autre cependant sont théâtrals et déclamatoires. La frayeur est peinte vivement, mais avec plus de dignité dans le geste de St. François.

Le tableau est peint par un élève et retouché largement dans les <:arnations par le maitre. Le paysage est de la main de Van Uden. La toile, primitivement arrondie parle haut, a été rendue carrée dans la suite. L'ouvrage date de i633 environ. Il fut fait pour l'église des Récollets, à Gand. Transporté- à Paris en 1794, il fit partie du premier envoi de tableaux que le musée de Bruxelles reçut du Gouvernement français, en 1802.

Gravures -. V. S. 38, Anonyme (Adriaen Possemier exe.) ; 3g, P. Spruyt ; 40, Anonyme ; 40'^'=, Anonyme. La première de ces planches est carrée ; les trois dernières sont cintrées.

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