LE MARTYRE DE SAINT LAURENT
Munich. Pinacothèque, 726.
Panneau. H. 244, L. 174.
UR un gril que supportent des chenets élevés, le saint est renversé par deux bourreaux, dont l'un le pousse dans la poitrine et l'autre le tire par les épaules. Un troisième bourreau, accroupi, nourrit le feu en y versant un panier de charbons de bois. Des soldats romains ayant à leur tête un officier à cheval assistent au martyre, ainsi qu'un prêtre paien et un
(i) Catalogue du Musée de Bordeaux et Introduction. i856.
licteur. Dans le fond, une statue assise de Jupiter ; dans le haut, un ange apportant la couronne et la palme. Le saint nu a la peau lisse et blanche ; le bourreau accroupi, dont le torse et les jambes sont également nus, a la peau plus brune. L'expression du martyr indique la souffrance et la résignation. La fumée répand son obscurité sur les figures secondaires, qui sont en partie éclairées par les ardeurs des flammes.
C'est une œuvre secondaire exécutée, vers 1620, par des élèves et retouchée par le maître. La figure de St. Laurent et celle du bourreau qui nourrit le feu sont repeintes par Rubens.
Ce sujet, comme la plupart de ceux où Rubens chercha des effets de lumière artificielle, a également été traité par Adam Elsheimer. Tels sont encore : la Fuite en Egypte, la Vieille attisant le feu et Vénus dans la forge de Vulcain. Cependant la composition du Martyre de St. Laurent par le peintre allemand (Munich, iSgS ; Londres, National gallery, 1014) est toute différente de celle de Rubens.
Le tableau provient de l'église de Notre-Dame de la Chapelle, à Bruxelles, où il était placé sur l'autel, à droite du choeur en entrant. Mois, dans ses notes manuscrites, dit que Guillaume de Neubourg, Electeur palatin, avait fait de grandes, mais vaines instances auprès de Mgr. l'archevêque de Malines, Humbertus a Precipiano (1690-1711), pour qu'il permit de le vendre ; après la mort du prélat, les grands vicaires consentirent. Le tableau fut payé 4000 écus de Brabant et transporté à Dusseldorf; de là, il passa à Munich.
Jan Vos a fait une pièce de vers sur ce tableau, mais n'en a probablement vu que la gravure (1).
Dans la collection Crozat fut vendu un dessin du St. Laurent gravé par Vorsterman, avec g autres pièces, à 3i livres.
Le Musée de Gotha, n" gi (Toile. H. 5g, L. 48), possède une copie de ce tableau.
Gravures : V . S. 100, Luc Vorsterman, 1621 (Dédicace: Pietate Reverendo, Virtute spectabili, Eruditione Clarissimo, D. Laurentio Beyerlinck sacrae Theologiae Licent. Ecclesias Collegiatae Antverp. D. Mariae Virginis Canonico et Archipresbytero ob egregias ingenii eloquiique dotes cum primis sibi caro, Petrus Paulus Rubenius, cognominis divi sacram istam ustulationem, ex toto adfectu benivolenter inscribebat) ; loi, C. Galle ; 102, C. Galle ; io3. Anonyme (Chereau exe.) planche cintrée ; 104, Anonyme (Joannes Meyssens exe.) ; io5,
(i) Jan Vos: Gedichten. I, SSy.
p. J. Tassaert (peut-être le Martyre de St. Etienne) ; io6, Anonyme (J. Meyssens exe.) avec cinq personnages seulement ; 107, Jos. van, Loo.
La collection des estampes du musée d'Amsterdam possède une épreuve de la gravure de Vorsterman avant l'inscription ; celle-ci et un morceau de la chaîne pendue à la ceinture du saint sont ajoutés à l'encre. Le cabinet de Bruxelles possède de la planche de Vorsterman une copie non décrite faite par le graveur lui-même et une petite copie de la planche n" io5, publiée par J. Meyssens.
Voir planche i58.